Tel que prononcé par Alain Berset, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
Mesdames et Messieurs les ministres,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes ici réunis aujourd’hui pour protéger celles et ceux qui ont fait de la protection des autres leur profession.
Ces hommes et ces femmes de loi qui prennent la parole quand tout semble déjà avoir été dit.
Qui refusent l’injustice.
Qui sont le seul, parfois le dernier espoir de leur client.
Qui tendent la main là où d’autres la retirent.
Qui voient dans le droit un outil d’émancipation et d’égalité.
Et qui savent, intimement, que défendre un seul, c’est défendre tous.
Voyez, ce sont les avocates et les avocats.
Ce sont ces hommes et ces femmes que la Convention que nous ouvrons à la signature aujourd’hui vient reconnaître, vient protéger et vient honorer.
J’aimerais saisir cette occasion, ici dans ce merveilleux musée, le Mudam à Luxembourg, pour remercier toutes celles et tous ceux qui ont travaillé à l’élaboration de la Convention du Conseil de l’Europe pour la protection de la profession d’avocat.
Ce texte est une première sur le plan international.
Et c’est une avancée significative pour la sauvegarde des droits et de la sécurité des avocates et des avocats.
C’est une Convention qui est ouverte aux États membres du Conseil de l’Europe — et bien au-delà.
Et pour celles et ceux qui vont signer cette Convention aujourd’hui, signer cette Convention c’est aussi dire « non ».
C’est dire non aux menaces physiques et aux intimidations en ligne.
C’est dire non aux pressions judiciaires abusives.
C’est dire non au harcèlement.
Comme nous le savons, il ne peut y avoir de justice sans avocat.
Là où les avocats sont réduits au silence, les libertés s’effacent, l’État de droit recule.
Car, comme le rappelait Robert Badinter, lointain prédécesseur du garde des Sceaux Darmanin qui nous accompagne aussi aujourd’hui, « il n’y a pas de démocratie contemporaine sans État de droit fondé sur les libertés ».
Or, qu’est-ce que l’État de droit sans celles et ceux qui le défendent chaque jour, dans les prétoires, parfois au péril de leur sécurité ?
Et donc en signant cette Convention, nous n’allez pas faire que protéger une profession.
Vous allez affirmer un principe : protéger les avocates et les avocats, c’est protéger la démocratie elle-même.
Encore merci à toutes celles et tous ceux qui ont œuvré pour cette Convention.
Merci au Luxembourg, au gouvernement, qui nous accueille ici dans ces lieux pour ce moment très important qu’est l’ouverture de cette nouvelle Convention à la signature.
Je vous remercie pour votre attention.