San Patrignano, Italie

Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a appelé aujourd’hui à une coopération renforcée à l’échelle européenne pour lutter contre le trafic de drogue et la toxicomanie, en associant les services répressifs, la prévention précoce, le traitement et la réinsertion sociale.

S’exprimant lors de la réunion internationale de haut niveau de la Coalition européenne contre les drogues (ECAD), qui s’est tenue dans la communauté de San Patrignano, à Coriano (Italie), il a déclaré : « Les politiques en matière de drogues diffèrent, mais elles reposent toutes sur un socle commun : la santé, la sécurité et la dignité de chacun·e. »

La réunion a été ouverte par Giorgia Meloni, Présidente du Conseil des ministres de la République italienne. Outre le Secrétaire Général Berset, se sont exprimés lors de la séance d’ouverture Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté auprès du ministre français de l’Intérieur, Jennifer Murnane O’Connor, ministre d’État irlandaise auprès du ministère de la Santé, représentant la présidence du Conseil de l’Union européenne, et Magnus Brunner, Commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration.

Politique en matière de drogues et sécurité démocratique

Le Secrétaire Général Berset a déclaré que la lutte contre les drogues est aussi une affaire de sécurité. Car les trafiquants n’ont pas besoin de vaincre un État : il leur suffit de saper la confiance que les gens ont en lui, a-t-il rappelé avec insistance. « Prévenir ce phénomène fait partie intégrante de ce que le Conseil de l’Europe appelle sécurité démocratique, c’est-à-dire le point de jonction entre répression, prévention et rétablissement », a-t-il ajouté.

« Les trafiquants s’attendent à ce que nous soyons plus lents qu’eux », a fait valoir le Secrétaire Général, exhortant les gouvernements et la Coalition à renforcer leur coopération aussi vite que ces menaces l’imposent.

L’approche adoptée par le Conseil de l’Europe en matière de politiques relatives aux drogues s’appuie sur son espace juridique commun, a souligné M. Berset, notamment sur la Convention européenne des droits de l’homme, la Cour européenne des droits de l’homme ainsi que les normes et mécanismes de suivi associés. « Cette approche est claire : une répression sévère à l’encontre des trafiquants, une prévention précoce auprès des jeunes et un parcours de rétablissement qui aboutit à la réinsertion », a déclaré le Secrétaire Général.

Lutter contre le trafic de drogue et ses produits

Le Secrétaire Général a souligné l’importance de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme relative à l’arraisonnement de navires, compte tenu du rôle majeur des voies maritimes dans le trafic de drogue. Les États membres du Conseil de l’Europe s’appuient sur cette jurisprudence pour élaborer des lignes directrices à l’intention des services de police et des procureur·es. Le Secrétaire Général a également mis en avant le nouveau Protocole additionnel à la Convention de Varsovie du Conseil de l’Europe, ouvert à la signature le 14 octobre, qui renforce la capacité des États à confisquer les produits du crime et les encourage à affecter les avoirs criminels confisqués à des fins d’utilité sociale, notamment au traitement de la toxicomanie.

Mettre en place une prévention précoce

M. Berset a appelé à la mise en place de stratégies de prévention permettant d’identifier les risques à temps. Il a présenté l’action du Conseil de l’Europe visant à aider les observatoires nationaux à détecter les risques liés aux nouvelles drogues. Il a également exposé les travaux en cours afin de mettre au point des outils pratiques à destination des enseignant·es, des parents et des travailleuses et travailleurs sociaux, ainsi que des recommandations à l’intention des pouvoirs publics sur la manière de lutter contre les addictions en ligne.

Placer la personne au cœur du processus de rétablissement

« Les politiques de lutte contre la toxicomanie qui fonctionnent placent la personne au centre des préoccupations, avec réalisme, humanité et responsabilité », a-t-il souligné, en mettant l’accent sur le potentiel des individus. M. Berset a qualifié le traitement de première étape vers le rétablissement, suivi de l’accès à un logement, à l’éducation et à l’emploi. « Le rétablissement est l’œuvre de la société tout entière », a-t-il insisté, tout en rappelant que la Charte sociale européenne du Conseil de l’Europe repose sur cette idée.

La communauté de San Patrignano

À l’occasion de cet événement, le Secrétaire Général est retourné dans la communauté de San Patrignano, où il s’était rendu une première fois en mars 2026. Ce centre de réadaptation apporte un soutien et un accompagnement spécialisé aux personnes toxicomanes et marginalisées.

Le Conseil de l’Europe est membre de la Coalition européenne contre les drogues depuis son lancement, par l’Italie et par la France, lors d’un sommet de la Communauté politique européenne organisé à Copenhague en 2025.

La réunion s’est achevée par l’adoption d’une déclaration finale de la Coalition européenne contre les drogues.

© Conseil de l’Europe — Des politiques en matière de drogues centrées sur les personnes sont essentielles pour la sécurité démocratique, a déclaré Alain Berset

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