Berne

Allocution prononcée par le Conseiller fédéral Alain Berset à l’occasion de la journée de l’industrie Swissmem – Seules les paroles prononcées font foi.

Discours prononcé en allemand. Texte original, non traduit.

Der holländische Kulturforscher Geert Hofstede hat die typische Schweizer Unternehmenskultur einst als „gut geölte Maschine“ beschrieben.

Das Bild der „gut geölten Maschine“ lässt einen natürlich sofort an die Maschinen-, Elektro- und Metallindustrie denken…

Es ist wohl mehr als ein Zufall, dass die in Swissmem zusammengeschlossenen Branchen führend waren bei der Sozialpartnerschaft. Allen Beteiligten war klar: Eine Maschine kann nur funktionieren, wenn sämtliche Einzelteile zuverlässig ihre Funktion erfüllen. Und dass man diese Einzelteile deshalb sorgfältig pflegen muss.

Oder, auf die Logik der Sozialpartnerschaft angewandt: Dass die grösste Stärke der Schweiz motivierte und zuverlässige Arbeitnehmende sind, die ihr Bestes geben. Und zwar auf jeder hierarchischen Stufe.

Vor kurzem haben sich die Sozialpartner der Maschinen-, Elektro- und Metall-Industrie auf einen neuen Gesamtarbeitsvertrag verständigt. Zum ersten Mal mit Mindestlohn. Zu diesem Ergebnis möchte ich Ihnen, den Arbeitgebervertretungen, wie auch den beteiligten Arbeitnehmervertretungen, gratulieren.

Dieser Abschluss freut mich umso mehr, als er in einem Umfeld zustande gekommen ist, das von Unsicherheit geprägt ist und gleichzeitig den gesellschaftlichen Veränderungen Rechnung trägt.

Die wirtschaftliche Entwicklung weltweit und in Europa stagniert, viele Länder stecken in einer Rezession oder in einer tiefgehenden wirtschaftlichen Krise.

Dies bedeutet nicht einfach, dass Einkommen etwas weniger steigen. Vielmehr geht es um gesellschaftlich dramatische Entwicklungen. In Europa gibt es wieder grössere Bevölkerungsgruppen, welchen es am Notwendigsten fehlt.

Ebenso bedenklich ist, dass viele Schulabgängerinnen und Schulabgänger arbeitslos sind – in gewissen Ländern mehr als die Hälfte. Und diese haben auch längerfristig keine Aussichten auf eine Arbeitsstelle. Das Schreckbild einer „verlorenen Generation“ droht traurige Wirklichkeit zu werden.

In der Schweiz sind die Auswirkungen der stagnierenden wirtschaftlichen Entwicklung in Europa und weltweit zwar auch unmittelbar spürbar. Gerade exportorientierte Branchen wie die Ihre registrieren den Gegenwind deutlich.

Trotzdem stehen wir im internationalen Vergleich immer noch gut da: Wir haben nach wie vor Wirtschaftswachstum, eine tiefe Arbeitslosigkeit – insbesondere auch bei der Jugend. Wir haben einen hohen Wohlstand, eine der höchsten Lebenserwartungen und sozialen Frieden.

Dass sich die von Swissmem vertretenen Branchen derart gut in dieser schwierigen Situation behaupten, spricht Bände über die Stärke der Schweizer Wirtschaft insgesamt.

Was die Maschinen-, Elektro- und Metallindustrie – und mit ihr unser Land – so stark macht, ist die breite Basis ihrer Innovationskraft. Die Träger der Innovation sind nicht nur die Grossunternehmen; sondern ebenso die unzähligen KMU.

Diese gehören in ihren Geschäftsbereichen oft zur absoluten Weltspitze. Sie sind zwar Nischenplayer, aber im globalen Massstab wird die Nische dann doch zum weiten Feld.

Bei den KMU treffen Innovationen sehr direkt auf die Bedürfnisse der Kunden – Tag für Tag. KMU sind Sortier-Maschinen, die in Echtzeit gute von gut gemeinten Projekten trennen. Wer blufft, fliegt auf – und zwar eher früher als später.

Wir stehen bei der Innovation an der Weltspitze und sind Weltklasse in der Wettbewerbsfähigkeit. Unsere Zukunftsperspektiven als Land sind grundsätzlich vielversprechend.

Aber trotzdem wächst in der Bevölkerung das Unbehagen gegenüber einer Wirtschaft, die als von den Menschen abgekoppelt wahrgenommen wird.

Karl Polanyi, der grosse österreichische Wirtschaftshistoriker, hat nach den traumatischen wirtschaftlichen Verwerfungen der dreissiger Jahre davor gewarnt: Die Wirtschaft darf die Gesellschaft nicht lediglich als Anhängsel betrachten.

Globalisierung und Europäisierung verunsichern viele Menschen, auch in der erfolgreichen Schweiz. Das ist die Realität, ob wir sie mögen oder nicht. Und das macht Reformen noch schwieriger, als sie es sowieso immer schon sind.

In dieser Situation ist das Zusammengehen der Sozialpartner – wie er in ihrem Gesamtarbeitsvertrag zum Ausdruck kommt – ein wichtiges Zeichen.

Was die Schweiz stark macht, war und ist die Bereitschaft, die Herausforderungen miteinander und nicht gegeneinander anzugehen.

Der Gesamtarbeitsvertrag trägt damit dazu bei, Sicherheit und Vertrauen zu vermitteln, was die künftige Entwicklung angeht. Wirtschaftliche Krisen konnten und können dank des Arbeitsfriedens besser bewältigt werden. Häufig fast reibungslos, eben im Stile der „gut geölten Maschine“.

Mit der zunehmenden wirtschaftlichen Verflechtung sehe ich allerdings auch eine Gefahr für die Gesamtarbeitsverträge: Werden multinationale Konzerne weiterhin ein Interesse an diesem Instrument haben?

Wir müssen uns gemeinsam dafür einsetzen, dass die soziale Nachhaltigkeit nicht als Hindernis eines attraktiven „return on investment“ wahrgenommen wird – sondern als dessen wichtigste Voraussetzung.

Wir müssen die Schweiz besser erklären – nicht nur im Ausland, sondern auch im Inland!

Dans les périodes où règne une certaine incertitude, les conventions collectives de travail sont gage de confiance et de sécurité.

Il en va de même pour les assurances sociales. Les mesures de politique sociale contribuent à renforcer la confiance de la population et à préserver la paix sociale. Dans ce contexte, le Conseil fédéral a défini en novembre dernier les orientations d’une prévoyance vieillesse porteuse d’avenir. Il a posé les jalons de la réforme globale « Prévoyance vieillesse 2020 » qui seront concrétisés prochainement.

En regard des nombreux paramètres en jeu, le Conseil fédéral vise à équilibrer les intérêts. Les assurés sont bien sûr au cœur de la réforme. Ils doivent pouvoir compter sur le maintien du niveau des rentes et sur une prévoyance vieillesse dont le financement, compte tenu de l’évolution démographique et de la situation économique, est assuré.

Pour atteindre ces objectifs, la prévoyance vieillesse doit relever trois défis majeurs :

  • Allongement de la période de versement des rentes. Au vu de l’élévation de l’espérance de vie, les rentes AVS et de prévoyance professionnelle doivent être versées plus longtemps.
  • Modification du ratio entre les personnes actives et celles qui sont à la retraite. L’évolution démographique engendre des changements structurels qui ont un impact important sur la prévoyance vieillesse.
  • Financement à assurer. Avec l’instabilité liée aux placements de fortune ainsi que la faiblesse des taux d’intérêt, les rentes de la prévoyance professionnelle obligatoire pourraient connaître des problèmes de financement.

Il importe donc plus que jamais que les objectifs de cette réforme soient crédibles et réalistes.

Si nous n’agissons pas, nous courons le risque de voir dans l’AVS et dans la prévoyance professionnelle des lacunes de financement que nous ne pourrons plus combler. Et cela affecterait tout particulièrement les groupes de population qui ont le plus besoin de soutien.

Nous devons aussi tenir compte des réalités sociales. Aujourd’hui déjà, une partie de la population ne peut pas travailler jusqu’à 65 ans. Environ 40 % de la population quitte le monde du travail avant cet âge. Mais il faut également contraster ce propos en mentionnant qu’aujourd’hui, une personne sur trois travaille au-delà de l’âge de la retraite. Autrement dit, nous avons besoin d’une flexibilisation de l’âge de la retraite, vers le haut comme vers le bas. Mais l’âge de référence pour les femmes et pour les hommes doit rester à 65 ans.

Cela étant, nous devons malheureusement aussi constater qu’il y a un nombre non négligeable de travailleurs d’un certain âge qui perdent leur emploi et se retrouvent au chômage. Ces personnes n’ont plus guère de chance de retrouver du travail à partir de 50 ou de 55 ans et se retrouvent souvent dans une situation précaire.

C’est pourquoi les entreprises sont invitées à aménager les conditions de travail de manière à ce que tous ceux qui le désirent ou le doivent puissent travailler jusqu’à l’âge de référence de 65 ans.

En résumé, pour avoir une chance d’aboutir, les réformes doivent être réalistes, équitables et minutieuses.

  • Elles doivent donc correspondre au « génie helvétique », autrement dit à l’adaptation permanente, pragmatique aux réalités modifiées.
  • Elles doivent avant tout renforcer la confiance et la sécurité.

Une économie compétitive est inimaginable sans paix sociale. Ce n’est pas pour rien que partout dans le monde, l’évolution économique va de pair avec l’élévation du niveau de la sécurité sociale et inversement. Sans Etat social, il n’y a pas de développement économique durable.

Le marché ne peut pas vivre des valeurs qu’il produit lui-même – cela fait longtemps que depuis Max Weber, bon nombre d’économistes et sociologues ont signalé ce paradoxe apparent.

Dans une économie de marché, il faut plutôt que le comportement découle d’autres valeurs – comme l’équité, la confiance, la sécurité. Car lorsque celles-ci s’usent, c’est l’instabilité qui s’installe.

Il convient donc de réfléchir à ce qui a fait la force de la Suisse : cet équilibre entre compétitivité, force d’innovation et sécurité sociale.

La sécurité sociale n’est pas un obstacle aux innovations, si vitales pour la survie des branches de Swissmem. Bien au contraire : la sécurité sociale est partie intégrante d’une économie de marché moderne. Car le marché ne peut pas à lui seul satisfaire tous les besoins de sécurité des gens.

Un travailleur désécurisé ne peut pas avoir d’idée de génie. Et quiconque a peur pour son existence ne peut pas créer de start up. Les grands esprits novateurs étaient téméraires, et non pas timorés.

Un bon équilibre entre dynamisme et sécurité est une condition indispensable pour une plus grande propension au risque et par conséquent pour une capacité accrue d’innovation.

Si nous réussissons à préserver cet équilibre dans les conditions plus dures auxquelles nous sommes confrontés en ce début de 21e siècle, cette « machine bien huilée » qu’est la Suisse n’aura pas grand-chose à redouter.

Source : Conseil fédéral, admin.ch · Document original (PDF)

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