Berne
Manuscrit, non publié à l’époque. Texte établi d’après l’exemplaire de lecture. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Mesdames et Messieurs,
Je vous souhaite la bienvenue à Berne. Je tiens beaucoup à cette rencontre et me réjouis de pouvoir perpétuer cette tradition.
J’aimerais aussi saluer les deux organisations qui ont rendu possible cette rencontre : la Gamaraal Foundation et l’Union suisse des comités d’entraide juive (VSJF).
La « Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste » (le 27.1.) est très importante. Aujourd’hui, peut-être plus que jamais.
A un moment où la guerre sévit à nouveau en Europe et que des milliers de personnes sont forcées de fuir.
Et à un moment où le régime russe diffuse de cyniques « fake news » sur la prétendument Ukraine nazie et sur son président qui – soit dit en passant – est juif…
De nombreux dangers menacent la mémoire politique et historique : l’oubli, la déformation, la réinterprétation ou la minimisation de l’Holocauste.
C’est pourquoi nous devons tout faire pour protéger la vérité du mensonge.
Et un des meilleurs moyens de le faire, ce sont justement ces rencontres avec des survivants de l’Holocauste.
Bien entendu, presque 80 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ces témoins sont de moins en moins nombreux.
Quelles seront les conséquences pour notre culture mémorielle ? Est-ce que l’indifférence augmentera ? Ou, au contraire, utiliserons-nous cette césure pour assumer davantage nos responsabilités et préserver la mémoire des victimes ?
Poser cette question, c’est y répondre : nous toutes et tous devons nous engager pour que cet horrible chapitre du passé ne devienne pas un chapitre oublié. Un chapitre qui semble n’avoir plus aucune pertinence et s’estompe progressivement.
Comment y parviendrons-nous ?
Comment parviendrons-nous à lutter contre le plus grand danger qui guette nos sociétés, à savoir l’indifférence ?
Tout simplement en en parlant. Et en écoutant celles et ceux qui s’y opposent et luttent contre cette indifférence.
C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui avec vous. Pour vous écouter.
Plusieurs d’entre vous ont apporté un document qui leur tient à cœur et qui montre votre lien avec la Suisse.
Je me réjouis maintenant de vous écouter.