Tokyo

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales,
Monsieur l’Ambassadeur,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Merci pour l’accueil chaleureux et pour ce dîner magnifique, qui me fera découvrir la richesse de la cuisine de votre beau pays. C’est mon premier séjour au Japon, mais j’espère que ce ne sera pas le dernier.

Un grand dépaysement mais aussi une certaine familiarité : voilà mes premières impressions du Japon. Si les dimensions et la situation de votre pays sont sans commune mesure avec celles de la Suisse, le pragmatisme et le sens de l’ordre des Japonais sont des qualités partagées par les Suisses.

Nos entretiens de cet après-midi l’ont aussi montré : nos deux pays partagent bien des caractéristiques et des valeurs.

Nos relations diplomatiques et commerciales durent depuis 154 ans. Et, à l’heure où nos partenaires attendent l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre le Japon et l’Union européenne, ainsi que le Partenariat transpacifique (CPTPP), il est bon de rappeler que l’accord de libre-échange entre nos deux pays a été conclu il y a neuf ans déjà.

On cite souvent les points communs qui unissent nos deux peuples : l’amour et le respect du travail bien fait, l’assiduité, la discipline, la modestie et la ponctualité. Tout cela est vrai, mais d’autres choses nous lient encore.

L’innovation et la technologie de pointe sont ainsi les moteurs du développement de nos deux pays, dont les économies sont largement complémentaires.

La Suisse, championne des rankings internationaux en matière d’innovation et de compétitivité, est le 6e investisseur au Japon. Bien que n’étant pas membre du G20, elle est régulièrement invitée aux réunions financières de celui-ci. La semaine dernière, mon collègue le conseiller fédéral Ueli Maurer a d’ailleurs évoqué avec le ministre des finances, Monsieur Taro Aso, la présidence japonaise du G20 qui aura lieu en 2019.

Nos sociétés font par ailleurs face à de nombreux défis communs : le vieillissement de la population, la révolution numérique, la pollution, les catastrophes naturelles.

Dans ces domaines, le Japon est un pionnier et une source d’inspiration pour nous.

Dans le monde actuel, nous devons travailler sans relâche pour préserver la paix et les valeurs qui nous unissent. Des actions unilatérales jettent le doute sur les règles communes qui sous-tendent l’ordre international et qui forment la base de notre sécurité et de notre bien-être. Elles ne peuvent être la réponse à des phénomènes globaux.

Ensemble, nous devons défendre notre mode de vie et ce qui le rend possible : la primauté du droit, la liberté et le multilatéralisme. Les défis auxquels font face nos sociétés ne peuvent pas être relevés par un seul pays, fût-il une hyperpuissance. Pour les surmonter, il faut s’entendre sur des règles communes et pratiquer une concertation constante : bref, une approche multilatéraliste, telle que nous l’avons pratiquée avec succès jusqu’ici.

Je suis convaincu, Monsieur le Premier ministre, chers convives, qu’ensemble et avec ceux qui partagent nos convictions, nous pourrons maintenir et renforcer l’ordre multilatéral.

La Suisse et le Japon, deux pays démocratiques, prospères, bien intégrés dans l’économie mondiale, jouissent de nombreux avantages, lesquels engagent aussi leur responsabilité.

Je me réjouis des prochains jours, qui me permettront de découvrir votre patrimoine culturel, historique et contemporain.

Samedi, je prendrai part au sommet ministériel mondial sur la sécurité des patients. Je remercie le Japon d’avoir organisé cette importante rencontre.

Quant à vous, Monsieur le Premier ministre, je vous remercie chaleureusement de votre invitation et de l’atmosphère amicale qui a marqué nos entretiens.

Je lève mon verre à notre future collaboration et à l’avenir prometteur de nos deux pays et de la communauté internationale tout entière.

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