Bulle

Manuscrit, non publié à l’époque. Texte établi d’après l’exemplaire de lecture. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Monsieur le Président du Conseil national,
Monsieur le Président du Conseil d’Etat fribourgeois,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires fédéraux,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’État du canton de Fribourg et du Conseil communal de Bulle,

Chers fifres, chers tambours,
Mesdames et Messieurs,

« Les Suisses se lèvent tôt, mais se réveillent tard », aurait dit un jour le conseiller fédéral Jean-Pascal Delamuraz.

Ce n’est pas le cas ici à Bulle. Tout le monde s’est levé assez tôt aujourd’hui, à quatre heures du matin !

Et tout le monde s’est aussi réveillé tôt.

Rien d’étonnant avec ce volume sonore. Rien d’étonnant avec ce rythme. Rien d’étonnant avec ces émotions !

Oui, notre musique populaire est vivante.

Et nous vivons à travers notre musique populaire.

C’est un plaisir tout particulier de pouvoir assister à cette tradition vivante à l’occasion d’une fête fédérale. Une fête exceptionnelle qui n’a lieu que tous les quatre ans – et que nous allons apprécier d’autant plus.

La Suisse n’est pas simplement la Suisse.

Elle se renouvelle constamment à travers des rencontres, comme ici à Bulle. Et peut-on imaginer une forme plus intense de rencontre que la pratique commune de la musique ?

La fête des tambours et des fifres est pourtant plus qu’une fête.

C’est un concours festif !

Cela n’a rien d’une évidence. Car en temps normal, nous faisons une distinction stricte entre fête et compétition, entre « fun » et travail. Ou, en d’autres termes : le devoir d’abord, et le plaisir ensuite. De nos jours, malheureusement, le travail est bien trop souvent synonyme de chacun pour soi, alors que le plaisir consiste à profiter tous ensemble.

Cette apparente contradiction n’est pas une fatalité – on le voit ici à Bulle.

Où les tambours et les fifres parviennent à allier perfection et exubérance, et transmettre une véritable passion.

Où l’on sait combiner amitié et compétition comme vous le faites – et créer ainsi une confiance mutuelle.

Où l’on démontre une fois de plus que ce qui nous lie est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare.

Chers amis des tambours et des fifres,

La Suisse allie aussi compétition et amitié.

Concurrence et coopération. Controverse et cohésion. Entre les cantons, entre les régions linguistiques, entre les intérêts politiques et économiques.

La démocratie directe ne vit pas que d’harmonie et de bienveillance. Elle se nourrit aussi de nos débats, de nos disputes, parfois virulentes.

Mais aussi du fait que nous trouvons toujours un terrain d’entente, que nous devons chercher des solutions où chacun trouve son compte.

Nous devenons plus forts en renforçant les autres.

Et quand nous perdons, nous nous relevons et nous continuons. C’est aussi cela, la compétition – C’est aussi cela, la démocratie.

D’ailleurs : si vous voulez savoir comment on se relève après une défaite : je suis un spécialiste de la question depuis l’automne passé.

Plus sérieusement :

Notre démocratie est forte et sûre d’elle – comme les tambours.

Et elle a besoin d’endurance et de souffle – comme les fifres.

Meine Damen und Herren

Tambouren und Pfeifer: Diese Musik hat tiefe historische Wurzeln.

Und sie erfreuen sich grosser Beliebtheit.

Sie erfreuen sich auch deshalb grosser Beliebtheit, weil sie tiefe Wurzeln haben in unserer Geschichte.

Und wegen dieser historischen Bedeutung sind sie auch interessant für experimentierfreudige Musiker aller Gattungen, die einen neugierigen Blick werfen auf unser musikalisches Erbe. Und dieses Erbe weiterentwickeln.

So bleiben Traditionen lebendig.

Denn was ist Tradition? Die Summe der Möglichkeiten dessen, was unsere Vorfahren uns hinterlassen haben.

Aber jede Zeit hat ihre eigene Form, mit diesem Erbe umzugehen. Die Begegnung von Tradition und Innovation ist dem Eidgenössischen Tambouren- und Pfeiferfest wichtig. Das neue Gefäss für freie Vorträge fördert den Austausch zwischen verschiedenen Traditionen und den freien Umgang mit populärer und militärischer Musik. Die Angleichung kultureller Ausdrucksweisen ist ein Holzweg der Globalisierung. Wenn alles um uns uniform zu werden droht, drängen lokale und regionale Eigenheiten und Traditionen wieder verstärkt in den Fokus unseres Interesses.

In der Musik lässt sich das gut beobachten: Die Volksmusik erfreut sich bei Alt und Jung wieder grosser Beliebtheit. Die Jugend nimmt hier in Bulle aktiv an den Festivitäten teil. Im letzten Jahr wurde das Tambouren- und Pfeiferfest in den Schulen integriert und Schulklassen werden gemeinsam mit den Musikern am Umzug mitmarschieren.

Wir wollen in der Schweiz das Musizieren der Kinder und Jugendlichen fördern. Das hat das Volk ganz klar zum Ausdruck gebracht, als es vor sechs Jahren den neuen Verfassungsartikel zur Stärkung der musikalischen Bildung angenommen hat. Mit dem Programm «Jugend und Musik» setzen wir diesen Auftrag um.

Möglichst breite Bevölkerungskreise sollen aktiv und passiv am Kulturleben und am kulturellen Erbe der Schweiz teilnehmen.

Denn die kulturelle Teilhabe ist eine ebenso wichtige wie kreative Antwort auf die Herausforderungen einer Gesellschaft, die kulturell diverser wird.

Meine Damen und Herren

Ich komme zum Schluss.

Und zwar schnell.

Redner am Tambouren- und Pfeiferfest leben ja nicht ungefährlich.

Denn die Gefahr, weggetrommelt und ausgepfiffen zu werden, ist natürlich jederzeit gegeben…

Ich wünsche Ihnen allen ein grossartiges Fest!

Vielen Dank.

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