Beyrouth
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Je suis ravi d’être au Liban aujourd’hui et je vous remercie, Monsieur le Président, de votre accueil chaleureux. Je suis très heureux de visiter votre pays pour la deuxième fois, après ma venue en 2009 comme Président du Conseil des Etats.
Le Liban et la Suisse sont des amis traditionnels, qui ont en commun d’être des sociétés riches de leur diversité.
Les relations entre nos deux pays reposent sur des bases anciennes, relations qui se sont encore intensifiées au cours des dernières années :
Dialogue politique régulier engagé en 2016
Dialogue sur les questions de migration depuis le printemps 2018
Aujourd’hui, des représentants de nos pays ont signé un accord sur la supression réciproque de l’obligation du visa pour les titulaires d’un passeport diplomatique. Et je me réjouis que la Suisse soit parmi les premiers pays européens à conclure un tel accord avec le Liban.
Nos discussions ont porté sur les relations politiques et économiques, mais aussi sur la crise syrienne et les mouvements migratoires.
La Suisse est consciente des défis considérables auxquels le Liban est confronté en raison du conflit en Syrie. Mon pays salue la solidarité et la générosité dont la population et les autorités libanaises font preuve dans l’accueil et la protection des réfugiés syriens.
L’une des raisons qui m’a amené à effectuer une visite au Liban est d’exprimer le soutien de la Suisse dans la phase difficile que connaît votre pays.
La Suisse a été parmi les premiers pays qui ont pris en compte non seulement les réfugiés mais également les communautés hôtes. Nous continuerons à aider le Liban, en soutenant la population locale ainsi que les réfugiés, jusqu’à ce que les conditions d’un retour volontaire dans la sécurité et la dignité soient réunies.
Par ailleurs, la recherche d’une solution politique sous l’égide des Nations Unies est primordiale pour parvenir à une paix durable en Syrie. A cet égard, la Suisse soutient les efforts de l’Envoyé spécial des Nations Unies, Staffan de Mistura, notamment sa proposition de convocation d’un comité constitutionnel.
Les relations économiques entre nos deux pays recèlent un potentiel certain. Je viens d’ailleurs de m’entretenir avec le Président des moyens de renforcer nos liens dans ce domaine.
Je suis conscient que l’instabilité et la situation politique régionales ont des implications sur l’économie libanaise. Une politique économique stable et claire, ainsi que la mise en œuvre de réformes économiques, enverraient des signaux positifs pour de potentiels nouveaux investisseurs.
Une protection adéquate de la propriété intellectuelle est une composante essentielle d’un climat des affaires attrayant et une condition nécessaire pour que les relations commerciales entre la Suisse et le Liban puissent se développer.
Je souligne que la Suisse salue les progrès récents du Liban en matière de droits de l’homme (le projet de loi pour une Commission nationale concernant les personnes disparues pendant la guerre civile ; la nomination des membres pour l’Institut national des droits de l’homme.)
Au Liban comme dans tous les pays, il existe des défis pour lesquels des solutions restent à trouver.
J’ai ainsi fait part de la disponibilité de la Suisse à faciliter des discussions et à transmettre son expérience dans le domaine de la décentralisation et de la neutralité, comme elle l’a déjà fait par le passé.
Nos deux pays ont aujourd’hui renouvelé leur détermination à approfondir l’amitié qui les lie de longue date et à saisir les opportunités qui se présentent : sur les plans politique, économique et culturel.
Hier soir, j’ai eu le plaisir de m’immerger dans la formidable richesse culturelle de votre pays en compagnie d’artistes libanais extraordinaires. Le Liban reste un modèle – unique – dans cette partie du monde.
Je vous adresse, Monsieur le Président, mes remerciements et me félicite de la poursuite de nos échanges.