Beyrouth

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Monsieur le Président
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi d’abord de vous remercier, Monsieur le Président, pour l’accueil chaleureux qui m’a été réservé ici à Beyrouth.

Déjà hier soir avec ma délégation, j’ai eu le privilège de goûter aux délices de la cuisine libanaise, une des plus fameuses au monde. Elle témoigne non seulement de la joie de vivre de votre peuple mais également de son sens de l’hospitalité.

Monsieur le Président,
J’ai pour votre pays, que j’ai déjà visité dans le passé, une affection particulière. Sans doute que sa réputation de « Suisse de l’Orient » y est pour quelque chose.

Il ne s’agit pas là d’une formule rhétorique mais bien d’une référence à ce que nos deux nations ont en commun.

Nos deux pays sont pauvres en ressources et entourés de voisins souvent plus importants. Ils ont vu, au fil du temps, une partie de leur population émigrer vers des cieux plus propices et ont dû s’ouvrir au commerce international.

Stratégiquement situés sur des axes marchands importants, nos pays ont su développer un savoir-faire unique en matière commerciale et financière. Mais ils se sont également établis comme des lieux d’échanges dans les domaines religieux, artistiques et intellectuels.

Ces échanges ont constitué des facteurs d’enrichissement et de prospérité pour nos deux nations.

Nous savons également à quel point le respect de la diversité, la tolérance et l’ouverture à l’autre sont des biens précieux.

Nous devons défendre ces valeurs que nous partageons et qui se traduisent aussi dans les particularités de nos systèmes politiques respectifs

Vivre ensemble dans le respect de l’autre. Pour la Suisse, la recette a entre autres consisté à mettre en place un système fédéral respectueux des minorités et à se tenir à distance des rivalités qui n’étaient pas les siennes.

Un autre pilier sur lequel mon pays s’appuie pour préserver ses intérêts, tout en contribuant au bien commun, est le droit international et le multilatéralisme.

Sans eux, c’est le plus fort qui s’impose, du moins à court terme. Avec le risque de voir grandir le ressentiment contre l’injustice et le désir de revanche.

A l’heure où le droit international et le multilatéralisme sont remis en question, il importe que des voix s’élèvent pour nous rappeler les leçons du passé et offrir aux générations futures un monde plus sûr et plus juste.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de conclure en vous remerciant à nouveau, non seulement pour votre hospitalité, mais également pour nos échanges de ce jour, qui témoignent de la confiance mutuelle entre nos deux pays et de la volonté partagée de développer nos relations.

C’est à elles que je lève à présent mon verre, Monsieur le Président, ainsi qu’à votre santé personnelle.

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