Berne
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en allemand et en français. Texte original, non traduit.
Sehr geehrte Damen und Herren Regierungsräte
Sehr geehrte Damen und Herren Stadträte und Gemeinderäte
Sehr geehrte Vertreterinnen und Vertreter von Verbänden und Organisationen
Meine Damen und Herren
Die Schweiz ist ein erfolgreiches Land.
Die Wirtschaft ist stark, die Arbeitslosigkeit tief.
Unser Bildungssystem ist gut und steht allen offen.
Unser Gesundheitssystem auch.
Und viele Menschen engagieren sich für das Gemeinwohl.
Wir haben eine gute Balance gefunden zwischen wirtschaftlichen und gesellschaftlichen Bedürfnissen.
Und trotzdem gibt es noch viel zu tun in unserem Land. Die Geschichte der Armut zeigt dies deutlich.
Wir sind sozialpolitisch einen langen Weg gegangen.
Armut galt bei uns lange als Privatsache und selbstverschuldet. Die Armenpflege blieb der Kirche, der Familie oder den privaten Hilfswerken überlassen.
Erst gegen Ende des 19. Jahrhunderts entwickelte sich in den meisten Kantonen eine Armenpflege durch den Staat.
Zu einem Umdenken kam es erst durch ersten Weltkrieg. Weite Teile der Bevölkerung verarmten – wegen der Kriegsinflation und weil das soziale Netz fehlte.
1918 war ein Sechstel der Bevölkerung auf
Notstandsunterstützung angewiesen.
In den 30er Jahren und dann wieder in den 70er Jahren führten
Wirtschaftskrisen zu sozialen Notlagen, erhöhter Arbeitslosigkeit und Armut.
Diese Krisen machten deutlich, dass Armut strukturelle Gründe hat. Und es deshalb strukturelle Lösungen braucht.
Es wurde klar: Armut kann jeden und jede treffen.
Das heutige System der Sozialversicherungen ist das Ergebnis dieser Krisen – entstanden in intensiven Auseinandersetzungen. Es bildet heute das Fundament unseres Netzes der sozialen Sicherheit.
Ohne Sozialleistungen wären in der Schweiz heute vier bis fünfmal mehr Menschen von Armut betroffen.
Ohne unsere Sozialwerke wären 30 Prozent der Menschen in der Schweiz von der Armut betroffen und nicht 7 bis 8 Prozent.
Deshalb ist es zentral für unsere Gesellschaft,
dass wir unsere Sozialwerke zukunftsfähig halten.
dass wir sie regelmässig an die Bedürfnisse der Gesellschaft und die neuen Arbeitsverhältnisse anpassen.
Dass wir das Niveau halten und die Finanzierung sichern.
Unsere Sozialversicherungen gehören zu den grössten Errungenschaften der modernen Schweiz.
Meine Damen und Herren
7 Prozent Armutsbetroffene sind viel – viel zu viel – wenn wir bedenken, dass die Schweiz eines der reichsten Länder der Welt ist.
7 Prozent: Das sind über 600 000 Menschen, davon über
100 000 Kinder.
Wir sind uns einig: Das ist nicht akzeptabel.
Wir müssen mehr tun gegen die Armut.
Der soziale Fortschritt, das Engagement für eine faire Gesellschaft ist nie zu Ende. Darf nie zu Ende sein.
Unsere Verfassung sagt: «Die Schweizerische Eidgenossenschaft sorgt für eine möglichst grosse Chancengleichheit unter den Bürgerinnen und Bürgern.» (BV, Art. 2)
Unsere Verfassung sagt auch: «Wer in Not gerät und nicht in der Lage ist, für sich zu sorgen, hat Anspruch auf Hilfe und Betreuung und auf die Mittel, die für ein menschenwürdiges Dasein unerlässlich sind.» (BV Art. 12)
In den Sozialzielen steht zudem: «Bund und Kantone setzen sich (…) dafür ein, dass jede Person an der sozialen Sicherheit teil hat.» (BV, Art 41)
Was bedeutet das für uns?
Es bedeutet: Wir müssen genau hinschauen.
Wir müssen uns dafür einsetzen, dass Menschen, die von Armut betroffen sind
eine angemessene Unterstützung erhalten,
sozial und beruflich integriert werden,
und dass Kinder aus armutsbetroffenen Familien die gleichen Chancen haben wie ihre Altersgenossen.
Jedes Kind muss die Chance erhalten, seine Talente zu entdecken und auszuschöpfen.
Deshalb haben wir zusammen vor fünf Jahren das Nationale Programm gegen Armut gestartet.
Weil wir die bereits bestehenden Massnahmen der Armutsbekämpfung und die Massnahmen der Armutsprävention verstärken wollen
Weil wir die Zusammenarbeit verstärken wollen
Weil wir den Kampf gegen die Armut hartnäckig weiterführen müssen.
Denn die Armut ist noch nicht besiegt.
Deshalb sind wir heute hier.
Ich danke Ihnen herzlich, dass sie gekommen sind und zum guten Gelingen zu dieser Abschlusskonferenz beitragen.
Insbesondere danke ich den Menschen, die von Armut betroffen sind und die heute hier anwesend sind.
Die wie mein Vorredner Christian Vukasovic heute aktiv an der Konferenz mitwirken und einen direkten Dialog ermöglichen.
Mesdames et Messieurs
Le Programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté qui s’achève après cinq ans nous a rassemblés autour d’un même but.
Confédération, cantons, communes, organisations de la société civile :
nous avons créé des réseaux et renforcé notre collaboration,
nous avons lancé des études et échangé des informations actuelles sur la pauvreté,
nous avons identifié les bonnes pratiques et mené des activités communes,
Les objectifs que nous nous étions fixés ont ainsi été réalisés dans une large mesure.
Quant aux thèmes retenus dans les champs d’action, ils se sont avérés pertinents, même s’il a fallu laisser de côté des aspects également importants, comme la santé, la migration ou les personnes âgées.
La force du Programme a été de placer les nombreuses offres de prestations qui existent, par exemple dans les domaines de la transition vers la vie professionnelle, la qualification des adultes ou encore l’aide au logement, dans la perspective de la prévention de la pauvreté.
Ces offres sont-elles accessibles pour les personnes concernées ?
Sont-elles adaptées aux conditions de vie et aux besoins des plus démunis ?
Des questions centrales abordées par le Programme.
Intégrer les préoccupations des personnes concernées dans la mise en place des offres de prestations et de services est essentiel. Sinon ces offres restent des mirages inaccessibles.
J’aimerais prendre ici comme exemple les chances de formation.
Le Programme a clairement mis en évidence l’importance d’assurer la continuité des offres de soutien tout au long du parcours éducatif, de la petite enfance à l’âge adulte.
Pour le groupe des jeunes et des jeunes adultes en difficulté :
ni l’aide sociale, ni un emploi précaire ne sont des options.
La priorité est à la formation.
Les jeunes en difficulté doivent obtenir le soutien nécessaire pour avoir une chance de trouver la voie professionnelle qui corresponde le mieux à leur potentiel.
Ce postulat n’est toutefois réaliste que si les moyens d’existence sont assurés. Le principe « des bourses d’études plutôt que de l’aide sociale », mis en œuvre avec succès dans le canton de Vaud, montre la voie à suivre. Le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard y reviendra sans doute tout à l’heure.
Le Programme a donc été utile. L’évaluation externe auprès des partenaires du Programme et des milieux intéressés a d’ailleurs relevé une satisfaction globale.
Mais il faut aussi l’admettre : tout n’a pas été réalisé comme initialement prévu. Des attentes ont pu être déçues.
En particulier :
la plateforme d’information en ligne pour les personnes concernées par la pauvreté n’a finalement pas vu le jour,
il n’y aura pas de monitoring tel que prévu,
et les personnes concernées, bien qu’associées, l’ont été insuffisamment jusqu’ici. Nous tenterons d’y remédier dans la poursuite de notre engagement contre la pauvreté.
Mesdames et Messieurs,
Ce bilan globalement positif ne doit pourtant pas occulter les défis futurs.
La mutation structurelle de l’économie en est un.
Les avancées technologiques transforment profondément nos méthodes de travail et nos modes de vie.
Si de nouvelles opportunités apparaissent avec l’économie numérique, celle-ci comporte aussi des risques.
Après la disparition d’emplois à bas salaires dans l’industrie, on voit désormais du personnel qualifié, des employés de banque par exemple, être touchés par la suppression de leur poste et la précarisation des conditions de travail.
Flexibilisation extrême du travail ou nouveaux emplois atypiques :
la numérisation ne fait pas que des gagnants. Il est dès lors impératif de maintenir un filet social solide et de s’interroger sur les répercussions de cette numérisation sur toutes les politiques publiques, notamment sur la formation et sur les assurances sociales.
A l’ère du tout numérique, ce sont les mêmes questions sociales qu’au 19e siècle qui nous préoccupent.
Comment garantir des salaires équitables ?
Comment protéger chacun contre la maladie, le chômage ou l’accident ?
Comment lutter contre la pauvreté ?
Aujourd’hui, la Suisse se porte bien. Jusqu’à maintenant elle a su maintenir un équilibre entre besoins économiques et sociaux.
C’est notre recette du succès.
Mais des inégalités subsistent et nous devons nous engager pour qu’elles ne se creusent pas. Il en va de la justice et de la cohésion sociales.
L’évolution démographique est un autre défi que nous devons relever.
La société devient plus âgée en moyenne et, si l’on y superpose les changements des modes de vie –
caractérisés par davantage de mobilité, de petits ménages, de familles monoparentales ou recomposées -,
on imagine aisément que les besoins vont encore se diversifier.
Le système social actuel est solide mais il sera encore davantage sollicité.
Face aux nouveaux défis, des réformes sont nécessaires pour garantir le niveau et le financement des prestations. Je pense en particulier à la prévoyance vieillesse et aux prestations complémentaires.
Meine Damen und Herren
Das Nationale Programm gegen Armut hat uns einen Schritt weitergebracht.
Wir sind aber nicht am Ziel. Mit dem Abschluss ist jedoch erst eine Zwischenetappe erreicht.
Wir müssen das Engagement verstärken, um Armut wirkungsvoll zu reduzieren.
Nun liegt die Hauptarbeit bei den Kantonen, Städten und Gemeinden. Sie haben zum Erfolg des Programms beigetragen und sind jetzt gefordert, die Arbeitsinstrumente und Empfehlungen des Programms zu prüfen und in ihren eigenen Strukturen umzusetzen.
Der Bund wird sie bei diesen Arbeiten in den nächsten fünf Jahren unterstützen und setzt dazu die etablierte und bewährte Zusammenarbeit fort.
Er stellt auch weiterhin die Plattformen für den Wissensaustausch und die Vernetzung bereit.
Und bearbeitet dringende Themen – gemeinsam mit Kantonen, Städten, Gemeinden, Akteuren der Zivilgesellschaft sowie unter Einbezug von armutsbetroffenen Menschen, etwa
die Förderung der sozialen und beruflichen Integration von Jugendlichen und Erwachsenen,
oder die Bekämpfung von Familienarmut.
Das gemeinsame Engagement ist entscheidend.
Um dies zu betonen unterzeichnen wir im Anschluss eine gemeinsame Erklärung.
In der Erklärung verpflichten wir uns, das gemeinsame Engagement energisch fortzusetzen.
Und wir sagen darin nochmals deutlich:
«Armut ist ein gravierendes gesellschaftliches Problem.
Armut gefährdet die Zukunft der Betroffenen und den gesellschaftlichen Zusammenhalt.»
Denn der Erfolg der Schweiz, meine Damen und Herren, ist der Erfolg aller Menschen in diesem Land.