New York
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Excellences, chers collègues,
L’égalité entre hommes et femmes doit se traduire dans toutes les politiques publiques, cela vaut également pour notre système de protection sociale.
Cette égalité passe notamment par la reconnaissance et la valorisation des soins et des travaux domestiques non rémunérés.
Le régime de pensions de base suisse a renforcé cette reconnaissance dans les années nonante. En se basant sur quatre principes forts, notre assurance-vieillesse, par exemple, a permis d’équilibrer les pensions au sein des couples mariés.
Ces quatre principes sont les suivants :
L’universalité
La pension minimum
Les bonifications
Le principe du splitting
L’aspect universel de l’assurance-vieillesse garantit une pension à une personne indépendamment du fait que celle-ci ait exercé une activité lucrative. Ainsi, en Suisse, il n’est pas exclu qu’une femme reçoive son premier revenu en arrivant à la retraite.
Deuxièmement, notre assurance-vieillesse prévoit une pension minimale. Cette pension est favorable aux personnes qui ont peu ou pas du tout cotisé elles-mêmes, ce qui est encore souvent le cas des femmes.
Troisièmement, pour les personnes qui élèvent des enfants ou qui prennent soin d’un parent dépendant, la Suisse a développé un système de bonifications. Ces bonifications permettent de bénéficier d’une pension plus élevée. Ce système est un exemple concret de la reconnaissance du travail domestique non-rémunéré par la Suisse.
Finalement, la législation suisse connaît un principe de splitting. Ainsi, le revenu total des couples mariés est divisé à parts égales entre les conjoints pour calculer le montant de la pension. Ce mécanisme équilibre la situation entre les époux.
Grâce à ces divers éléments, il n’y a pratiquement pas d’écart de pension entre hommes et femmes (gender pension gap) dans notre régime de base.
Cet exemple de réussite ne doit cependant pas masquer d’autres défis auxquels la Suisse fait face. Ainsi, notre régime professionnel de retraite ne comprend pas de mécanismes similaires.
De même, le parlement suisse débat actuellement de la possible introduction d’un congé paternité en Suisse. Proposition politique qui a été déposée par voie d’initiative populaire – soit grâce à la récolte de plus de 100’000 signatures de citoyennes et citoyens suisses.