Crans-Montana

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Monsieur le président du Conseil aux Etats,

Monsieur le Conseiller d’Etat,

Monsieur le président du Grand-Conseil,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités politiques,

Madame la présidente de l’Association suisse de la musique populaire,

Monsieur le président du comité d’organisation,

Mesdames et Messieurs,

Chers musiciennes et musiciens,

C’est un grand plaisir pour moi de me trouver ici, à Crans-Montana, en cette journée particulière.

Un grand plaisir et un petit miracle, car prononcer un discours officiel était ma seule chance de participer à cette fête de musique.

Vous avez peut-être entendu le Conseil fédéral chanter le yodel lors de sa « course d’école » en juillet dernier…
Non, ce n’est pas une « fake news », c’était juste le yodel qui sonnait faux.

Malgré tous nos efforts, notre septuor n’a pas été invité à la Fête fédérale de la musique populaire.
Nous avons pourtant fait preuve d’harmonie,
mais – il est vrai – sans réussir à parler d’une seule voix. C’est là le gros handicap du Conseil fédéral.

Nous n’avons pas non plus été invités au célèbre tournoi de golf de Crans-Montana.
Là par contre, un léger handicap aurait été approprié !

Gros handicap ou handicap léger : peu importe.
En Suisse, nous n’aimons de toute façon pas les extrêmes. Nous préférons ce qu’il y a ENTRE les deux.

C’est pourquoi nous faisons volontiers des compromis et des choses ENSEMBLE – et pas seulement l’excursion du Conseil fédéral :
nous faisons de la politique ensemble,
nous jouons de la musique ensemble,
nous chantons ensemble.

Cette capacité à faire des choses ensemble est un atout
à une époque où beaucoup de sociétés sont en proie à des divisions profondes.

Faire des choses ensemble rend même heureux puisque
dans le rapport mondial sur le bonheur de l’ONU – le « World Happiness Report » –, la Suisse apparaît depuis des années dans le peloton de tête.

Mesdames et Messieurs,

Crans-Montana, avec sa vue grandiose sur les Alpes valaisannes, offre un décor magnifique à la 13e Fête fédérale de la musique populaire.
Des musiciens venus de toute la Suisse,
mais aussi de l’étranger,
se sont succédés ici ces derniers jours.
Leurs concerts, veillées musicales et récitals improvisés dans les vignes, caves et alpages ont illustré la diversité de la musique populaire suisse.
Ces quatre derniers jours, les Suisses se sont donnés rendez-vous à Crans-Montana.
En toute convivialité. En toute simplicité.
Ici, on ressent à quel point la musique populaire est importante pour la cohésion sociale de notre pays.
La musique populaire ignore les frontières linguistiques. Elle unit car elle procure les mêmes émotions indépendamment de la langue parlée.

L’auteur et journaliste Fritz René Allemann a écrit un jour, en parlant de notre État fédéraliste et multiculturel :
« Face à l’autre, la tolérance ne suffit pas ;
il faut prendre du plaisir à le côtoyer. »
Et c’est ce qui s’est produit ces derniers jours à Crans-Montana.

Chers amis de la musique,

La Confédération encourage la relève dans le domaine musical,
y compris dans la musique populaire.
Le programme « Jeunesse et Musique » soutient, par exemple, des cours et des camps
qui permettent aux enfants et aux jeunes de découvrir la musique populaire, et le plaisir de s’y adonner ensemble.

Meine Damen und Herren

Die Volksmusik lebt dank dem Einsatz von unzähligen Personen –
seien es Laien oder Profis,
seien es Musizierende oder Musikbegeisterte.

Das grosse ehrenamtliche Engagement im Bereich der Laienkultur,
wie eben zum Beispiel im Verband der Schweizer Volksmusik,
verdient unser aller Dank!

Dieses Engagement zeigt die tiefe Verbundenheit der Bevölkerung mit dem Schweizer Brauchtum.
Und es leistet einen unverzichtbaren Beitrag,
damit es lebendig bleibt und gedeihen kann.
Es sorgt dafür, dass auch Generationen nach uns noch Freude daran haben können.
Ohne dieses unermüdliche Engagement wäre unser Volksmusik inzwischen längst im Ton-Archiv verschwunden.
All diesen Freiwilligen gilt unsere höchste Wertschätzung.

Die Bedeutung der Freiwilligenarbeit für unser Land ist auch sonst kaum zu überschätzen.
Man schätzt, dass in der Schweiz 700 Millionen Stunden pro Jahr freiwillig gearbeitet werden.

Die Freiwilligenarbeit beruht auf den wichtigsten Werten unseres Lands:
Auf der Freude, anderen helfen zu können.
Auf dem Verantwortungsgefühl für das Ganze,
für das Gemeinwohl,
für die Gesellschaft.

Die Schweiz ist überall dort, wo Menschen etwas zusammen erschaffen: In den Vereinen, in der Politik, in der Musik.

Liebe Musikerinnen und Musiker
Liebe Festbesucherinnen und Festbesucher

Die Schweiz:
Das sind die Städte UND die Landschaft.
Das ist die Agglomeration UND das sind die Alpen.
Mit Betonung auf UND.

Wir müssen auf die anderen hören – und dafür hören die anderen dann auch auf uns.
Man kann es in der Schweiz GEGENEINANDER versuchen –
aber funktionieren wird es nur MITEINANDER.

Das ist kein fauler Kompromiss: Das ist Musik!
Ich wünsche allen ein wunderschönes Fest!
Je vous souhaite une merveilleuse fête de la musique populaire.

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