Montreux
Manuscrit, non publié à l’époque. Texte établi d’après l’exemplaire de lecture. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.
Monsieur le président du Conseil des Etats,
Monsieur le conseiller national,
Madame la conseillère d’Etat,
Monsieur le président de l’Association suisse des musiques,
Mesdames, Messieurs,
Amis des hymnes et des refrains,
Nous sommes ici pour fêter la musique en Suisse.
La musique est une littérature des sens accessible à tous.
Elle est sans aucun doute la principale source de transmission d’une culture populaire.
La musique se joue aux baptêmes, aux mariages, aux enterrements. Elle est présente dans tous les moments importants ; c’est peu dire qu’elle rythme nos vies.
Pas étonnant dès lors que nous y soyons très profondément attachés.
La musique chante au plus profond de nous.
Elle transforme nos cœurs en métronome. Il ne s’agit toutefois pas là d’une fonction biologique, mais bien d’une fonction sociale.
Dans un pays comme le nôtre, doté de quatre langues nationales et d’un plus grand nombre de cultures encore, la musique ne peut être considérée autrement que comme essentielle.
Elle est en droit de prétendre au titre d’« art fédéral » par excellence, qui nous rassemble par-delà nos monts, vallées, cantons, districts, communes et quartiers.
Certes, son importance et le très grand professionnalisme de ses organisateurs font de la Fête fédérale de musique le plus grand des événements musicaux de Suisse.
Mais la Fête fédérale est également un évènement musical parmi tant d’autres organisés toute l’année dans toutes les régions du pays.
Si nous sommes si attachés à notre musique, c’est que par elle, nous sommes également attachés à notre pays.
On dit qu’à l’époque où ils guerroyaient en Europe, nos mercenaires qui auraient eu l’inconscience de jouer ou de chanter l’un de nos traditionnels « Ranz des vaches » pouvaient être punis de mort !
Imaginez… En fait, c’était là une mesure purement « prophylactique », visant à lutter contre cette maladie sournoise qu’est le Heimweh, le mal du pays.
Ces mélodies étaient en effet si belles qu’en les entendant, nos mercenaires gagnés par la mélancolie déposaient les armes et rentraient au pays. Jean-Jacques Rousseau a rapporté cette anecdote dans son Dictionnaire de la musique paru en 1767.
Mesdames, Messieurs,
De très grands personnages ont marqué l’histoire de notre musique, particulièrement au XXe siècle.
Parmi eux, bien sûr, Arthur Honegger, mort en 1955.
Et qui s’apprête à re-mourir prochainement, puisqu’il va bientôt disparaître de nos billets de 20 francs.
Pour tout amateur des arts, cette seconde disparition est de nature à alimenter des sentiments très proches du mal du pays que j’évoquais. Il restera tout de même une trace d’Arthur Honegger, puisque plusieurs rues portent encore son nom.
Autre amoureux de musique, le chef d’orchestre Ernest Ansermet. Il a donné son nom à deux quais. On peut donc se rassurer : sa renommée se mesure encore en centaines de mètres.
L’un de ces quais est à Genève : on y trouve des arbres et la Tour de la Télévision. Et l’autre est tout près d’ici, à 5 minutes à pied en longeant le lac.
Ce n’est donc probablement pas tout à fait un hasard si des milliers d’amateurs de musique, dont je suis, se retrouvent aujourd’hui à Montreux.
Meine Damen und Herren
Nein, es ist kein Zufall, dass die Musik uns hier versammelt.
Die Volksmusik, der Gesang, die Blasmusik – sie haben die Menschen in der Schweiz immer wieder zusammengeführt. Die Musik hat in der Geschichte der Schweiz viel dazu beigetragen, dass wir uns in unserer Vielfalt als Einheit fühlen.
Viele Blasmusikvereine, die in diesen Tagen in Montreux ihr Können präsentieren, wurden im 19. Jahrhundert und Anfang des 20. Jahrhunderts gegründet.
Sie haben seither nicht nur unzählige Dorffeste musikalisch umrahmt. Sie haben vor allem auch an den eidgenössischen Musikfesten Menschen aus dem ganzen Land zusammengebracht. Immer wieder an einem anderen Ort in der Schweiz.
Dieses Fest ist Ausdruck unserer Schweiz.
Die Schweiz mit ihren Regionen und ihrem Föderalismus.
Die Schweiz mit ihrer Vielfalt. Mit ihren lebendigen Traditionen.
Zusammengehörigkeit lässt sich nicht politisch verordnen. Sie braucht den Kontakt der Menschen miteinander. Immer wieder von neuem.
Die Blasmusik hat die Vielfalt des Landes immer wieder zu einem konkreten Erlebnis gemacht. Deshalb verbindet sie uns alle.
Sie gehört zu unserem musikalischen Erbe.
Sie ist ein freudiger Ausdruck unserer Identität.
Und sie schenkt Freude – uns allen, die wir zuhören, die wir den Reichtum an Melodien und Harmonien geniessen.
Die Schweiz hat den Musikvereinen nicht zuletzt auch wegen der musikalischen Bildung viel zu verdanken.
Sie haben unzähligen jungen Menschen ermöglicht, ein Instrument zu erlernen.
Die musikalische Bildung geniesst in der Schweiz grossen Rückhalt. 2012 wurde sie mit grossem Mehr in der Verfassung verankert. Alle Kinder sollen die Möglichkeit haben, in der Schule oder in der Freizeit Musik zu machen.
Das ist ein schönes Ziel.
Wenn ich das riesige Engagement für das Musikleben hier in Montreux sehe, dann weiss ich: Das ist eine Investition in die Zukunft der Schweiz.
Ich danke Ihnen herzlich für das grosse Engagement und wünsche allen viel Erfolg und ein wunderschönes Fest !
Merci.