Berne
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.
Mesdames les Conseillères d’Etat,
Messieurs les Conseillers d’Etat
Mesdames les Conseillères communales,
Messieurs les Conseillers communaux,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
La Constitution fédérale et la loi sur l’égalité donnent aux femmes et aux hommes de notre pays le droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.
Mais nous savons tous que cette égalité salariale reste théorique et qu’elle est loin d’être garantie partout.
Il s’agit de justice ou – pour ceux qui trouveraient le terme trop pompeux – d’équité.
Il s’agit de faire de l’article 8, alinéa 3 de la Constitution plus qu’un vœu pieux…une réalité.
Il s’agit aussi d’exploiter au mieux le potentiel de la Suisse en matière de ressources humaines, et tout particulièrement ces femmes bien formées qui ne travaillent qu’à temps partiel, voire pas du tout.
C’est un thème d’actualité. En fait, il n’a même jamais été aussi actuel.
Mesdames et Messieurs,
Certes, les disparités salariales relèvent en partie d’un choix de vie. Qu’il convient de respecter. Je pense à celles et ceux qui choisissent de réduire leur activité professionnelle pour consacrer davantage de temps à leur famille.
Mais regardons les temps partiels contraints et forcés du fait du manque de structures d’accueil pour les enfants. Si ces structures étaient plus nombreuses, il serait plus facile de concilier vie familiale et vie professionnelle. Et donc d’avoir un travail de valeur égale rapportant un salaire égal.
Je pense aussi à l’absence d’un cadre approprié chez les employeurs. Sans oublier certains stéréotypes : « les femmes sont souvent absentes à cause de leurs enfants, on ne peut leur confier des postes à responsabilités. »
C’est pourquoi la Confédération appuie le renforcement de l’offre de places d’accueil extrafamilial pour les enfants.
En tant qu’employeur, la Confédération a déjà pris des mesures permettant à ses employés de mieux concilier travail et famille et renforçant la position des femmes.
Elle offre notamment à ses employés la possibilité de réduire leur temps de travail de 20 % lors de la naissance ou de l’adoption d’un enfant.
Elle a également augmenté le congé paternité de cinq à dix jours en réduisant le congé accordé pour un mariage de six à un jour.
Enfin, le Conseil fédéral a décidé d’introduire des quotas afin d’augmenter le nombre de femmes occupant des postes à responsabilité dans les entreprises fédérales. Il a également défini des valeurs indicatives quant à la représentation des sexes chez les cadres de l’administration fédérale :
au moins 29 % de femmes chez les cadres moyens et
au moins 16 % de femmes chez les cadres supérieurs.
C’est bien, mais ça ne suffit pas.
Pour preuve une étude menée dans le cadre du Fonds national suisse est parue récemment qui montre que dès le départ, l’écart de salaire infondé s’élève à environ 7 %, soit 280 francs par mois.
Au total, les chiffres de la discrimination salariale des femmes sont faramineux. En admettant que les femmes sont payées en moyenne 8,7 % de moins, cela représente près de 7,7 milliards de francs que l’on soustrait aux femmes qui travaillent et à leurs familles au cours d’une seule année.
Meine Damen und Herren
Lohnraster sind eine gute Massnahme zur Bekämpfung der Lohndiskriminierung. Bund, Kantone und Gemeinden nutzen dieses Instrument.
Weitere Massnahmen sind
die Revision der Stellenbeschreibungen,
die Funktionsklassifizierung sowie
ein Lohnsystem ohne geschlechterspezifische Stereotypen.
Der Kanton Jura setzt derzeit diese Massnahmen um.
Aber es ist auch eine periodische Analyse der Lohnpraxis im Hinblick auf die Gleichstellung von Frauen und Männern erforderlich.
Alle Arbeitgeber sollten regelmässig eine solche Analyse durchführen. Um zu überprüfen, dass das Recht auf Lohngleichheit eingehalten wird.
Die Einhaltung des Lohngleichheitsgebots ist für den öffentlichen Sektor bindend – also für Bund, Kantone und auch für die Gemeinden.
Die Bundesverwaltung hat die Löhne ihrer rund 36 000 Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter kontrollieren lassen. Der Lohnunterschied beträgt – laut Bundesamt für Statistik – 12,3 Prozent. Die Lohndiskriminierung beträgt – laut Berechnungen der Universität Freiburg – 3,3 Prozent.
Das ist nicht schlecht, aber noch nicht gut.
Und es zeigt klar, dass wir uns noch verbessern müssen.
Auch andere Gemeinwesen haben eine Analyse vorgenommen. Ich erwähne an dieser Stelle Stadt und Kanton Bern, die Stadt Freiburg, den Kanton Waadt oder den Kanton Appenzell Ausserhoden.
Im Idealfall werden in den nächsten Jahren zahlreiche weitere Kantone und Gemeinden solche Lohnanalysen durchführen.
Die Ausstrahlung auf die Privatwirtschaft wäre beträchtlich, beschäftigen die Kantone doch rund 177‘000 Mitarbeitende und die Gemeinden rund 88‘000. Bei diesen Zahlen handelt es sich um Vollzeitäquivalente.
Bund, Kantone und Gemeinden stehen jedoch nicht nur als Arbeitgeber in der Pflicht. Sondern auch bei der Vergabe öffentlicher Liefer- und Dienstleistungsaufträge.
Die zentrale Bundesverwaltung kauft jedes Jahr Güter und Dienstleistungen bei Tausenden von Leistungserbringern ein.
Als Teilnahmebedingung gilt auch die Einhaltung der Lohngleichheit. Die öffentlichen Behörden müssen ihre Verantwortung wahrnehmen und auch hier die Lohngleichheit kontrollieren.
Der Bund arbeitet zurzeit daran, dass die Unternehmen im Rahmen einer Selbstdeklaration auf der Basis von LOGIB über die Einhaltung der Lohngleichheit Rechenschaft ablegen.
Auch auf kantonaler und Gemeinde-Ebene wird diese Verantwortung immer stärker wahrgenommen. Erwähnt seien hier etwa Stadt und Kanton Bern oder der Kanton Genf.
Klar: Viele Gemeinwesen sind momentan mit Budget-Schwierigkeiten konfrontiert. Da erscheint es vielleicht verlockend, die Bekämpfung von Lohnungleichheit und Lohndiskriminierung nicht als Priorität zu behandeln.
Ich bin überzeugt: Das wäre ein Fehler.
Denn wir leben nicht mehr in einer Zeit, in der die Arbeit und der Lohn der Frauen als beliebig anpassbare Variable betrachtet werden können.
Vielen Dank.