Berne
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en allemand et en français. Texte original, non traduit.
Sehr geehrte Präsidentin der Eidgenössischen Kommission gegen Rassismus
Liebe Freunde einer bunten Schweiz
Meine Damen und Herren
Meine Damen und Herren
Heute vor einer Woche geschah in Paris Schreckliches.
Wir verspüren Entsetzen, Trauer und Wut – und zu allererst Mitgefühl mit den Opfern und ihren Angehörigen.
Vor Wochenfrist wurde unsere Freiheit angegriffen – und diese Freiheit muss verteidigt werden.
Effektiv – aber nicht effekthascherisch.
Gezielt – nicht flächendeckend.
Rational – nicht ideologisch.
Wir müssen Augenmass bewahren und dürfen Klischees und Vorurteilen nicht das Feld überlassen.
Wir dürfen Terrorismus nicht mit der Flüchtlingskrise vermischen.
Denn sonst bestrafen wir Menschen pauschal, die vor Not, Gewalt und unerträglichen Verhältnissen flüchten.
Von denen viele vor dem flüchten, was sich in Paris so verheerend und menschenverachtend gezeigt hat:
Dem religiös verbrämten, extrem gewalttätigen Irrsinn, der glaubt, alle töten zu müssen, die sich nicht ihrem Willen beugen.
Lassen Sie es mich klar sagen:
Dieser Gewaltexzess ist NICHT der Islam.
Die meisten Terror-Opfer weltweit sind selber Muslime. Und auch ihnen gehört unser Mitgefühl.
Gemeinsam müssen wir uns diesem menschenverachtenden Terror entgegensetzen und für Achtung und gegenseitigen Respekt einsetzen.
Meine Damen und Herren
Unsere Weltoffenheit darf nicht durch Misstrauen, Angst und Abschottung ersetzt werden.
Denn dadurch würden wir unsere eigene Identität schwer beschädigen.
Die Schweiz ist ein dynamisches Land – wissenschaftlich, wirtschaftlich, aber auch, was unsere Identität betrifft.
Prägend sind unsere Mehrsprachigkeit, unsere kulturelle Vielfalt und der Respekt vor den Minderheiten.
Die Geschichte der Schweiz ist die Geschichte ihrer immer wieder überwundenen Gräben, seien sie religiös, sprachlich, politisch oder sozial.
Die Schweiz ist integrationspolitisch ein sehr erfolgreiches Land.
Unser Zusammenleben gestaltet sich alles in allem erfreulich.
Es gibt keine Parallelgesellschaften, wie wir sie aus anderen europäischen Ländern kennen.
Und das, obwohl bei uns die Zahl der Menschen mit Migrationshintergrund mit rund einem Drittel wesentlich höher liegt als in diesen Staaten.
Wieso gelingt diese Integration im Alltag so gut?
Die Integration gelingt, weil viele dazu beitragen:
die Volksschule,
die Arbeitswelt,
unsere Systeme der sozialen Sicherheit,
die Vereine,
die Kirchen und Religionsgemeinschaften –
Entscheidend für den Integrationserfolg ist auch der Föderalismus : die Verhältnisse sind überschaubar, Lösungen müssen sich vor Ort bewähren, gleichsam den Alltagstest bestehen.
Die überschaubaren Verhältnisse sind einer Vertrauensbasis zwischen Einheimischen und Migranten förderlich.
Nicht zuletzt hilft natürlich auch die Tatsache, dass unsere Identität sich stärker über Institutionen und Werte definiert als über ethnischkulturelle Zuschreibungen, wie dies im europäischen Nationalstaat traditionell der Fall ist.
Sind wir also immun gegen Nationalismus, Abgrenzung und Ausgrenzung?
Nein, natürlich nicht.
Auch in unserem Land erleben wir immer wieder eine Rhetorik der Ausgrenzung, wenn es um Migrations- und Identitätsfragen geht.
Die Verunsicherung durch globale Herausforderungen wie die Flüchtlingskrise manifestiert sich leider auch in Diskriminierung und Rassismus.
Diese Verunsicherung ist verständlich, aber wir stehen als Gesellschaft in der Pflicht, verantwortungsvolle Antworten auf eine schwierige Situation zu geben.
Dieses Bewusstsein für den Wert und die Notwendigkeit von Integration ist in der Schweiz in den letzten Jahren erstarkt.
Das zeigt sich auch in den Resultaten des „Berichts über rassistische und diskriminierende Tendenzen in der Schweiz“, der im Auftrag der Fachstelle für Rassismus-Bekämpfung zwischen 2010 und 2014 erarbeitet wurde.
2010 waren 50 Prozent der Befragten mit dem Umfang der gesellschaftspolitischen Massnahmen der Gemeinden, Kantone und des Bundes gegen Rassismus und Diskriminierung zufrieden. 2014 waren es 63%.
Anders gesagt: Die Gesellschaft tut mehr gegen Diskriminierung und für Integration und findet das auch richtig.
Für die Bekämpfung des Rassismus ist auch die Rassismus-Strafnorm von grosser Bedeutung.
Gewiss: Rassistische Einstellungen in der Gesellschaft verhindert die Strafnorm nicht.
Vielmehr geht es um eine möglichst wirkungsvolle Sensibilisierungsarbeit.
Diese Strafnorm ist aber mehr als eine Strafnorm.
Sie ist ein Zeichen mit Ausstrahlungskraft.
Ein Signal, das klar macht, dass rassendiskriminierende Äusserungen in der Schweiz nicht toleriert – und ab einer gewissen Intensität auch bestraft werden.
Die Rassismus-Strafnorm ersetzt ein kraftvolles Engagement gegen ethnischkulturelle Ausgrenzung nicht – sie ist vielmehr ein wichtiger Teil dieses Engagements.
Und das muss sie auch in Zukunft bleiben.
Mesdames et Messieurs,
Au cœur de cet engagement, il y a, depuis vingt ans, la Commission fédérale contre le racisme (CFR).
C’est elle qui observe à la loupe la discrimination raciale. L’analyse sous toutes ses facettes.
C’est elle qui – malgré le bilan positif de notre pays en matière d’intégration – reste vigilante et nous appelle, nous aussi, à la vigilance.
Sans être alarmiste – mais sans enjoliver.
La CFR étudie la manière dont les stéréotypes et les clichés font leur nid, l’air de rien. L’air de rien, mais les apparences sont trompeuses.
Car ces généralisations engendrent la discrimination et dénient aux victimes le droit à l’individualité.
Et cette désindividualisation, c’est le début de la déshumanisation.
L’engagement contre le racisme, c’est l’engagement contre tous les racismes. Contre le racisme agressif et braillard, mais aussi contre le racisme subtil, rampant, celui qui s’infiltre sournoisement dans nos perceptions.
La CFR fait partie de ces institutions majeures qui, en assumant leur mandat, veillent à notre cohésion.
Sa mission est-elle terminée après deux décennies ?
Non, et elle ne le sera jamais.
C’est une tâche sans fin.
D’abord parce que l’« autre », l’« étranger », est sans cesse redéfini : l’origine de la pseudo-menace varie d’une période à l’autre.
Ensuite parce que nous ne sommes pas immunisés contre la tentation de l’exclusion. Que nous n’avons pas encore trouvé de vaccin à cette maladie à la fois chronique, contagieuse et dangereuse.
Mesdames et Messieurs,
Le combat contre l’exclusion ne s’arrêtera jamais.
De nouveaux mondes naissent, dans lesquels il faut définir les règles du vivre ensemble.
Internet et les réseaux sociaux par exemple.
Nous devons trouver les clés pour lutter contre le racisme dans le monde virtuel du web et des réseaux sociaux.
Il y a cinq mois, la CFR a lancé la campagne « Une Suisse à nos couleurs ».
Pendant cette campagne, des jeunes de toute la Suisse ont pu gérer librement une plateforme virtuelle.
La campagne avait pour but de mobiliser les jeunes,
Et de lutter contre les discours de haine sur Internet et les réseaux sociaux.
Sa portée a été impressionnante :
Plus d’un million d’internautes ont vu les contenus de la campagne sur Twitter et Facebook.
Les contributions individuelles ont insufflé chaque jour une nouvelle dynamique à la campagne en ligne.
Parfois poétiques, parfois critiques, combattives ou encore artistiques, ces contributions de la jeunesse de notre pays ont nourri la campagne.
Je vous cite deux exemples qui m’ont marqué :
1) Sur le thème du racisme anti-Noirs d’abord : « Le privilège, c’est quand on ne vous demande pas d’où vous venez dans les cinq premières minutes ».
2) Et sous le titre « Love is Love », il y avait aussi ce commentaire : « Dans « deux personnes de même sexe », il y a d’abord deux personnes. »
Mesdames et Messieurs,
La diversité et la créativité des contributions reflètent parfaitement les multiples facettes de la thématique qu’elles illustrent :
La campagne montre le pouvoir des médias sociaux.
Et rappelle une évidence : Internet ne fait pas que créer de nouveaux problèmes
Le web peut être aussi une partie de la solution.
En ce sens, la campagne de la CFR est aussi un engagement en faveur d’une pédagogie numérique.
Ou comment apprendre à faire face à des phénomènes comme
le racisme sur Internet,
l’invitation à la haine, à la violence et à la discrimination sur les réseaux sociaux.
Je n’ai pas besoin de souligner à quel point offrir une réponse posée, réfléchie et démocratique à ces phénomènes est capitale pour notre société.
Internet et le rapport des jeunes – en particulier – aux réseaux sociaux sont des thèmes essentiels :
Car nos enfants sont des enfants du numérique.
98 % des 12-19 ans ont leur propre téléphone portable.
Et ils surfent en moyenne deux heures par jour.
Rien ne sert de faire dans le pessimisme, voire dans l’alarmisme.
Vous le savez aussi bien que moi : non, « tout n’était pas forcément mieux avant » :
La présence des jeunes sur Internet favorisera peut-être le développement d’une nouvelle cohésion sociale sur le web.
En tout cas, la campagne « Une Suisse à nos couleurs » a clairement contribué à la sensibilisation.
Mesdames et Messieurs,
Un jeune qui surfe sur Internet évolue effectivement dans un monde virtuel. Mais lui, comme tous les internautes, est bien réel.
La frontière entre les deux mondes est ténue. Et qu’on le veuille ou non, la libre circulation y est de mise.
A l’ère du numérique, la CFR est donc au moins aussi utile qu’il y a vingt ans.
Je souhaite à la commission beaucoup de courage et de détermination dans la poursuite de son combat.
Beaucoup de satisfaction aussi. Car on ne se bat pas seulement contre quelque chose. On se bat aussi pour quelque chose.
La CFR ne se bat donc pas seulement contre la discrimination et l’exclusion. Elle se bat pour des valeurs comme la diversité et l’inclusion.
Des valeurs qui, ne l’oublions pas, sont des fondements de notre pays et le renforcent au quotidien.
Je vous remercie.