Lausanne
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.
Mesdames les Conseillères d’Etat,
Monsieur le Conseiller d’Etat,
Mesdames, Messieurs,
La médecine n’est pas une science exacte. La médecine est bien sûr une discipline scientifique. Mais ne serait-ce que par l’exercice du diagnostic, elle est également un art appliqué à la singularité des corps.
L’acteur comique américain Walter Matthau le disait à sa manière : Mon médecin m’avait donné six mois à vivre, mais comme je ne pouvais pas payer la facture, il m’en a donné six de plus.
C’est un grand plaisir de me retrouver parmi vous.
La promotion de la santé et la prévention sont en effet des enjeux sociaux importants qui engagent une multitude d’acteurs que Promotion Santé Suisse réussit à fédérer. Cette mise en réseau est primordiale. L’approche participative que vous pratiquez est également au coeur de « Santé 2020 », la stratégie adoptée il y a un an par le Conseil fédéral.
Cette stratégie met en œuvre des mesures ciblées et coordonnées.
Elle vise à renforcer les compétences et les dépistages précoces parmi d’autres actions de prévention des maladies chroniques. Elle souhaite également plus de transparence financière, et plus de clarté règlementaire dans le pilotage du système de santé.
La santé publique, c’est la santé de tout le monde.
La maladie affaiblit la vie, elle entrave l’action. La prévention se situe entre la responsabilité de l’individu et la mission publique de l’Etat de protéger la santé de la population.
Les informations nécessaires permettant aux citoyennes et citoyens de protéger leur santé doivent pouvoir circuler, et il faut en parallèle un environnement favorable à de saines habitudes.
La décision appartient finalement à chaque individu : c’est une question de responsabilité individuelle. La prévention donne aux individus les moyens d’exercer leur autonomie.
Je crois qu’on peut le dire clairement : notre système de santé est bon. Il est même très bon. C’est réjouissant. Il s’agit de toujours veiller à la qualité de notre système de santé en mettant l’accent sur la dimension humaine. Le patient ne doit pas être celui qui subit, mais il doit être l’acteur de sa propre santé.
Dans le domaine de la santé, l’autonomie ne s’oppose pas à l’action collective, associative ou institutionnelle. Un ministre de la santé n’est pas responsable de la santé des individus pris isolément, mais de la santé publique, autrement dit de l’organisation collective des acteurs publics et privés. L’autonomie individuelle et la sphère publique ne constituent pas deux pôles opposés, mais tissent entre eux des interactions. Au système suisse de les valoriser au mieux.
Je suis attaché à un consensus dynamique entre autonomie et action publique. Nous vivons dans un pays dont la démocratie directe fait la force. La santé est un enjeu primordial, un lieu de débat où chaque citoyen peut exprimer son opinion et faire valoir sa volonté d’autonomie.
De 2012 à la fin de cette année, soit en l’espace de trois ans, le peuple suisse aura eu l’occasion de se prononcer six fois sur des objets de politique de santé. Et cela rien qu’au niveau fédéral. C’est déjà beaucoup. A commencer cette année par l’initiative sur le financement de l’interruption volontaire de grossesse. Et cela va se poursuivre avec le contre-projet à l’initiative populaire pour la médecine de famille, en juin.
La prise en charge financière de l’avortement représente 0, 03 pour cent des dépenses de la LAMal. Mais au-delà des coûts, c’est l’aspect qualitatif humain qui importe. Le système actuel fonctionne bien et il permet l’accès universel à des soins de qualité. L’initiative est trompeuse, car elle place le débat sur le terrain financier alors que l’économie visée serait minime.
Mesdames, Messieurs,
La médecine privilégie une approche qualitative de la personne.
La sagesse populaire ne cesse de le répéter : nous ne sommes pas égaux devant la maladie.
Il ne faut pas oublier que l’état de santé de la population suisse dépend à 60% de facteurs externes à la politique de la santé, comme l’éducation, la situation professionnelle et le revenu, voire la situation en matière de transports et de logement. Ces divers facteurs nous font comprendre l’importance d’une politique de la santé qui vise à l’égalité des chances.
En effet, les conditions sociales et économiques influent pour une part importante sur le niveau de santé individuel. L’accès au système de santé est garanti par l’assurance obligatoire des soins. Nous savons toutefois que les groupes les plus vulnérables ne font pas recours à certaines prestations dont ils auraient pourtant besoin. La solidarité, sur laquelle est basée l’assurance-maladie, doit pour cela être renforcée.
La solidarité doit jouer non seulement entre les personnes en bonne santé et les personnes malades, mais aussi entre les personnes aisées et les personnes plus pauvres. C’est un des buts visés par la révision de la LAMal actuellement aux mains du Parlement. Afin de limiter la sélection des risques par les assureurs, le projet vise notamment à améliorer la compensation des risques.
Autre champ d’action indispensable : l’égalité des chances face à la santé. La prévention et la promotion de la santé doivent la renforcer.
Et pas seulement par les campagnes d’information, axées sur le comportement des individus.
Il convient aussi d’y englober des mesures qui influencent l’environnement, comme l’aménagement de zones de détente et de sport à proximité des zones d’habitation, des incitations financières, voire des mesures législatives telles que la limitation de la vente de l’alcool aux mineurs.
Meine Damen und Herren
Präventionsmassnahmen wollen meist zu einer Änderung des Verhaltens anregen. Doch ein positiver Effekt wird erst später spürbar. Auch lässt sich dieser naturgemäss nie mit hundertprozentiger Sicherheit auf ein gewisses Verhalten zurückführen.
Und trotzdem ist Prävention unverzichtbar. Dabei sollten wir an den französischen Chirurgen René Leriche denken, der die Gesundheit als Leben in der Stille der Organe definiert hat: Wir meinen, wir seien gesund, weil unser Körper keine Alarmsignale aussendet. Dabei steckt unser Verhalten voller Risiken.
Ein einzelner Raucher beispielsweise kann durchaus ohne gesundheitliche Probleme sehr alt werden. Statistisch gesehen jedoch ist das Risiko erheblich: Raucher leiden im Durchschnitt häufiger an schweren Krankheiten als Nichtraucher. Doch mit Statistiken motiviert man Menschen nicht zu Verhaltensänderungen, sondern nur mit der Stärkung ihrer Autonomie. Das ist die Schwierigkeit jeder rationalen Präventionspolitik.
Wirksame Präventionsprogramme und Präventionskampagnen sind sich dieser Schwierigkeit bewusst. Deshalb bestehen sie immer aus einem Bündel an Massnahmen, die einander ergänzen. Sie informieren und appellieren an die Verantwortung, ohne die individuelle Freiheit einzuschränken. In diesem Sinn bilden sie eine ideale Ergänzung zur Gesetzgebung, die a priori verpflichtend ist.
Prävention ist für alle gut – denn Gesundheit bedeutet aktiv sein, das Leben gestalten können. Davon profitieren alle: die Gesellschaft, die Familie, die Wirtschaft und der Staat. Eine höhere Lebensqualität nützt allen.
Mehr noch: In ihr manifestiert sich echter gesellschaftlicher Fortschritt. Und mit der Prävention vor chronischen Krankheiten und mit modernen Pflegeangeboten vor Ort lässt sich auch das Leben mit einer Krankheit gut gestalten.
Nichtübertragbare Krankheiten wie Herz-Kreislauf-Erkrankungen, Diabetes oder Krebs sind heute Gegenstand wichtiger Präventionskampagnen. Diese Krankheiten führen zu vorzeitigem Tod, chronischen Schmerzen und zu – hohen Gesundheitskosten sowie weiteren wirtschaftlichen Verlusten. Aber vor allem führen sie zu einer verminderten Lebensqualität.
Nichtübertragbare Krankheiten nehmen bekanntlich nicht nur wegen eines ungesunden Lebensstils zu. Sondern auch, weil die Menschen immer älter werden.
Deshalb sind wir daran, eine Politik zu gestalten, die Anreize für eine gesünderen Lebensstil schafft. Die Solidarität zwischen den Generationen fördert und die Chancengleichheit begünstigt.
So wurden seit 2008 in der Schweiz die Nationalen Präventionsprogramme Tabak, Alkohol sowie Ernährung und Bewegung lanciert. Der Bundesrat hat diese Programme bis 2016 verlängert.
Sie sind aufeinander abgestimmt und werden ergänzt durch das „Nationale Programm Migration und Gesundheit“. Und das „Netzwerk Psychische Gesundheit“ für besonders verletzliche Bevölkerungsgruppen.
Meine Damen und Herren
„An apple a day keeps the doctor away… as long as you aim well. »
„Ein Apfel am Tag hält den Doktor fern… Vorausgesetzt Sie zielen genau…“, pflegte Winston Churchill zu sagen.
Im Ernst: Mit Gesundheitsförderung – etwa mittels gezielter Präventionsmassnahmen und -kampagnen – sowie Früh-Erkennung erreichen wir eine bessere Lebensqualität für alle. Und wir tragen zu einer Dämpfung der Gesundheitskosten bei, was ja – Stichwort Prämien – auch gut ist gegen hohen Blutdruck…
Die gelungene Prävention von nichtübertragbaren Krankheiten ist denn auch wesentlich für eine gute Gesundheitspolitik, wie sie der Bundesrat mit der Strategie „Gesundheit 2020“ anstrebt.
Die „Gesundheitsförderung Schweiz“ ist und bleibt dabei einer unserer wichtigsten Partner.
Meine Damen und Herren
Ihre Expertise und ihr Engagement sind unverzichtbar, wenn es uns gelingen soll, die Schweizer Bevölkerung gesünder zu machen. Und damit eine der grössten Herausforderungen dieses Jahrhunderts zu bewältigen: den demographischen Wandel.
In diesem Sinne gratuliere ich Ihnen herzlich zum 25-jährigen Geburtstag! Wenn alle 25-Jährigen sich der Bedeutung eines gesunden Lebensstils so bewusst wären wie Sie, dann könnten wir sämtliche Präventionskampagnen sofort einstellen…
Merci pour votre attention.