Genève
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en anglais et en français. Texte original, non traduit.
Monsieur le Président du Grand Conseil de la République et canton de Genève,
Monsieur le Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève,
Monsieur le Président de l’Union interparlementaire,
Monsieur le Secrétaire général de l’Union interparlementaire,
Monsieur le Représentant permanent de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève,
Excellences,
Monsieur le Conseiller d’Etat de la République et canton de Genève,
Madame le Sautier du Grand Conseil de la République et canton de Genève,
Monsieur le Conseiller administratif de la Ville de Genève,
Mesdames et Messieurs les délégués de l’Union interparlementaire,
Mesdames et Messieurs,
Winston Churchill once said
There are two things that are more difficult than making an after-dinner speech:
climbing a wall which is leaning toward you
and kissing a girl who is leaning away from you.
Even if you haven’t had your dinner yet, Churchill’s words are still rather fitting.
Indeed, speaking to an international assembly of parliamentarians as a minister, let alone as a minister of home affairs, is a bit of a gamble. Members of Parliament and ministers need to work together, but this does not mean their relations are always easy. Even in a country like Switzerland where ministers are elected by parliament.
On a more serious note, parliaments are fundamental: they are at the heart of democratic debate and are key to defining the rules by which we live together and interact. This may well sound commonplace, but given the times we live in, it is worth reminding ourselves of this.
We should also bear in mind that gone are the days when parliaments were assemblies of prominent figures in the service of a sovereign other than the People. Parliaments today are the embodiment of popular representation, thus honouring the origin of the term ‘parliament’, which meant ‘discussion’.
Once, during his time as Swiss President, Jean-Pascal Delamuraz praised Charlie Chaplin. He recalled how the actor was able to express clear opinions without uttering a word: “A fine example », he said, « that our parliamentarians should try to follow… ».
Humour aside, Switzerland is inherently committed to dialogue and consensus building. Consensus not in the sense of unanimous opinion, let us not be naive. But consensus in terms of a ‘win-win’ solution that reflects a degree of collective intelligence and that involves the notion of compromise.
Some people may not agree, but consensus and compromise are neither outdated nor obsolete, on the contrary: if they didn’t exist, we would have to invent them.
They allow us to find appropriate, lasting and, above all, shared solutions, which are the result of democratic debate. Consensus and compromise are key strengths in dealing with challenges, and overcoming them successfully.
La Confédération abrite le siège de l’UIP depuis 1921. Elle la reconnaît comme une organisation internationale depuis 1971, lui garantissant ainsi indépendance et liberté d’action. Par-là, la Suisse manifeste son attachement aux rencontres internationales et justement au dialogue.
Le dialogue est la seule arme de la démocratie. Le seul affrontement y est celui des arguments. De représentants de votre communauté régionale, vous devenez ici, par le biais de l’UIP, porte-parole élu de votre nation au sein de la communauté internationale.
Faire partie d’une communauté internationale implique précisément la reconnaissance de l’autre comme un partenaire de dialogue. Cela ne va pas de soi. Il s’agit d’être toujours vigilant pour veiller à ce que les conditions d’exercice de la démocratie, c’est-à-dire la liberté d’argumenter, soient respectées. Vos récentes actions démontrent ce souci.
Les échanges et les débats entre parlementaires de tous les pays sont plus nécessaires que jamais. Le monde a besoin d’une organisation mondiale de la démocratie. Et quelle institution pourrait mieux remplir cette mission que l’UIP ?
Mesdames, Messieurs,
Au nom du gouvernement suisse, je suis heureux et fier de vous accueillir à Genève. 2014 marquera non seulement le 125e anniversaire de votre organisation, mais aussi un tournant avec l’élection d’un nouveau secrétaire général.
M. Johnsson, votre notice biographique dit que vous avez consacré toute votre vie professionnelle à la coopération internationale et à la diplomatie multilatérale…
…Vous êtes donc depuis longtemps au carrefour des échanges entre les nations. Ces échanges qui font leur prospérité. On comprend souvent cette formule sur un mode marchand. Mais les échanges sont aussi les débats qui nourrissent les aspirations des sociétés. Le doux commerce favorise la paix entre les peuples. Et dans le français de Montesquieu, commerce ne signifie pas transaction marchande, mais bien relation entre les êtres humains.
Permettez-moi donc de vous souhaiter le plus agréable des commerces pour la présente session et toutes vos réunions futures. Que vos échanges se poursuivent dans les siècles à venir. Qu’ils soient fructueux et efficaces.
Un dernier mot : je mentionnais tout à l’heure le pari risqué de parler ici devant vous en tant que ministre de l’Intérieur.
Mais en Suisse, le ministère de l’Intérieur inclut la sécurité alimentaire. Vous pouvez donc savourer votre apéritif en toute sérénité.
Je vous remercie de votre attention.