Genève
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Madame la Présidente,
Madame la Directrice générale,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Au nom du gouvernement de la Confédération suisse ainsi que des autorités du Canton et de la Ville, je vous souhaite la bienvenue à Genève pour la 66e Assemblée mondiale de la Santé.
Cette année, nous sommes appelés à débattre de la place de la santé dans l’agenda du développement durable pour la période après 2015.
Si l’on tape le mot anglais pour « durabilité », soit « sustainability », dans un moteur de recherche, on obtient plus de 100 millions de résultats ! Un chiffre qui est à la fois réjouissant et inquiétant.
Réjouissant car cela signifie que la durabilité est un concept désormais familier et répandu à travers le monde.
Inquiétant car il peut présager que le développement durable est en passe de devenir une formule vide de sens, voire une excuse à certains comportements qui n’ont de durable que le nom.
Au moment où nous nous penchons sur ce thème, il est important de garder à l’esprit cette double signification.
En tant que ministres de la santé, ce thème nous encourage et nous oblige à porter notre regard au-delà du secteur d’activité que nous connaissons le mieux. Le développement durable, avec ses piliers économique, social et environnemental, ignore les frontières entre les différents domaines politiques.
La santé est étroitement liée au développement durable.
Elle en constitue une condition préalable et, en même temps, un indicateur et un résultat. C’est donc à juste titre que les Objectifs du Millénaire pour le développement lui accordent une grande importance.
Je suis persuadé que, dans la nouvelle génération d’objectifs de développement durable aussi, la santé doit occuper une place centrale. Un élément sur lequel nous pourrons certainement nous appuyer est la notion de couverture sanitaire universelle, à laquelle nous avons consacré notre débat général l’année dernière.
Par la sécurité et la stabilité qu’elle offre aux individus, la couverture universelle contribue largement au bien-être de la société, et constitue donc un apport important au développement durable.
Aujourd’hui pourtant, notre monde est encore loin de garantir l’accès, pour toutes et tous, aux ressources permettant d’atteindre le meilleur état de santé possible.
Entre les pays et au sein même des pays, les inégalités sont grandes, surtout dans une période de crise économique et financière comme celle que nous traversons actuellement. Mais même – voire surtout – dans un tel contexte, nous devons nous préoccuper sans cesse de l’égalité des chances.
Pour réaliser des progrès en matière de santé, la Suisse s’engage à plusieurs niveaux:
Au niveau national, le gouvernement suisse a adopté en janvier 2013 une stratégie à moyen terme touchant aux différents aspects du système de santé.
Nous l’avons appelée « Santé2020 », en écho à la stratégie du même nom dont la région européenne de l’OMS s’est dotée l’année dernière.
L’objectif est de pouvoir mieux répondre aux défis actuels, tout en assurant à long terme la viabilité financière du système.
Les axes principaux de notre stratégie nationale sont :
La promotion du bien-être et de la qualité de vie,
le renforcement de l’égalité des chances,
l’amélioration de la qualité des soins
ainsi qu’une transparence accrue.
Notre stratégie de santé accorde une large place aux questions qui sont aussi au cœur de l’engagement de l’OMS. Ainsi, nous avons notamment l’ambition de renforcer la prévention et la lutte contre les maladies non transmissibles, de former davantage de personnel de santé et d’améliorer la qualité des soins.
Nos efforts se fondent sur la conviction que le patient doit être au centre du système de santé.
Au niveau global, dans le cadre de sa coopération internationale en matière de santé, la Suisse accorde une large place au renforcement des systèmes de santé, contribuant par là à faire progresser la couverture universelle.
Notre participation à l’OMS forme la toile de fond de notre engagement en matière de santé internationale. Je me réjouis donc particulièrement de pouvoir signer aujourd’hui, avec la Directrice générale ainsi que la Directrice régionale pour l’Europe, la « stratégie de coopération » – ou, en anglais, « Country Cooperation Strategy » – entre la Suisse et l’OMS.
Dans cette stratégie, nous avons pris soin de traduire dans les faits l’approche multisectorielle dont nous parlons tant.
En effet, les objectifs stratégiques définis dans ce document concernent non seulement la santé, mais aussi les affaires étrangères et la coopération au développement.
La stratégie de coopération nous permettra de resserrer nos relations avec l’OMS et de les placer ainsi sur une base mieux définie et transparente.
Par là, nous manifestons notre attachement et notre confiance envers l’OMS, dont nous souhaitons qu’elle maintienne son rôle dans la gouvernance mondiale de la santé.
Au même titre que le développement durable nous tient à cœur, nous souhaitons une OMS stable et durable. C’est dans ce but que le processus de réforme a été lancé. La Suisse l’a toujours soutenu activement, et continuera à le faire.
La Suisse a l’honneur d’être l’hôte de l’OMS, en plus d’en être membre. Elle continuera donc à se battre pour mettre à disposition les meilleures conditions-cadre possibles pour les importants travaux à venir.
Dans l’immédiat, je forme le vœu que notre Assemblée mène des discussions fructueuses et que nous puissions faire progresser en commun la cause de la santé. Je forme le vœu que la place de la santé dans l’agenda du développement durable ne soit jamais une formule vide de sens, mais qu’elle puisse bénéficier très concrètement au plus grand nombre.
Je termine en invitant tous les délégués à la traditionnelle réception de bienvenue. Elle se tiendra ce soir au siège de l’OMS, dès la fin de nos travaux.
J’espère avoir le plaisir, en présence de Madame la Directrice générale, de vous y accueillir personnellement.
Je vous remercie de votre attention.