Saint-Gall
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.
Madame la Conseillère d’Etat
Madame la Présidente
Mesdames et Messieurs les délégué(e)s à la culture des cantons et des villes
Sehr geehrte Damen und Herren,
Es freut mich sehr, heute Abend hier in Sankt Gallen unter Ihnen zu sein. Die letzten Monate waren für mich eine lange Folge von Premieren, und insofern ist auch der heutige Abend keine Ausnahme, habe ich doch zum ersten Mal die Gelegenheit, das Wort an Sie als öffentliche und private Partner der Kulturförderung zu richten. Und man kann nicht genug betonen, wie stark verankert und von wie wesentlicher Bedeutung diese Partnerschaft in der Schweiz ist. In diesem Sinne danke ich Ihnen für Ihr grosses Engagement im Interesse der Kultur unseres Landes.
Nous sommes réunis ici, acteurs publics et privés du soutien à la culture en Suisse, avec souvent des points de vue et des buts différents. L’engagement de l’économie et le mécénat, est essentiel en Suisse et il a d’ailleurs valeur d’exemple pour de nombreux pays voisins. Le financement privé ne doit cependant pas nous faire oublier que ce qui doit rester au cœur de notre action est le maintien de la liberté de l’art. Une liberté de l’art et de l’artiste qui n’est pas le droit de tout dire, qui n’est pas l’impunité dans le monde artistique, mais qui permet de créer sans limites inutiles.
Permettez-moi de faire un emprunt au monde de la science qui connaît la distinction entre recherche fondamentale et recherche appliquée. La culture fondamentale serait à ce titre un terrain d’expérimentation.
En complément, la culture appliquée serait à comprendre dans une logique plus directement en lien avec le grand public, plus encline à plaire et à interpeller.
La Confédération doit garantir ce terreau d’expérimentation et d’expression. Ce terrain doit pouvoir être la rampe de lancement de ballons d’essais et de propos innovateurs. D’autre part, elle doit pouvoir accompagner de manière adéquate et ponctuelle ce qui est déjà lancé.
Mesdames, Messieurs,
La fonction de Chef du Département fédéral de l’intérieur amène son lot de dossiers très divers et, à première vue, sans vrai dénominateur commun. Ainsi, Météo Suisse et l’Office fédéral des Assurances sociales semblent n’avoir aucun point commun. Ou plutôt si, il y en a un : ils touchent de près à la vie de tous les jours. La culture, dont s’occupe également le DFI, ne fait pas exception : elle est présente au quotidien et dans nos vies.
Un proverbe africain dit très justement qu’ « un homme sans culture ressemble à un zèbre sans rayures ». Ces rayures symbolisent ce qui est à fleur de peau et qui constitue une identité. En somme, ces rayures sont essentielles. Sans elles, nous sommes nus. Il n’en va pas différemment avec notre culture.
La nouvelle loi sur l’encouragement de la culture et le message culture prennent en compte ce caractère vivant et essentiel de la culture. La clarification des rôles entre l’Office fédéral de la Culture et Pro Helvetia offre une base à la politique fédérale tandis que le message culture permet une intervention ponctuelle dans un milieu culturel en constante évolution.
Un rôle essentiel en effet que joue la Confédération est d’aider les créateurs à se faire connaître, à être visibles dans une offre culturelle quasi illimitée. L’existence et la création de prix fédéraux et distinctions au niveau national est d’ores et déjà une marque forte dans un paysage culturel international tout comme une présence accrue d’acteurs culturels suisses à l’étranger.
Ce positionnement des acteurs culturels suisses est l’un des points forts de l’engagement de la Confédération.
Die Schweiz ist eine heterogene kulturelle Landschaft. Als Land mit mehreren Sprachen bildet sie ein Labor der Globalisierung und zeichnet sich doch auch aus durch eine starke Verankerung in den Regionen. Diese Identität sollte uns bewusst machen, dass Kultur nicht gleichbedeutend ist mit Rückzug, sondern dass sie uns die Chance eines lebendigen Austauschs gibt.
Dass der Bund der kulturellen Vielfalt hohe Priorität einräumt, widerspiegelt sich unter anderem in der Umsetzung der UNESCO-Konventionen über die kulturelle Vielfalt und das immaterielle Kulturerbe. Diese beiden Übereinkommen wurden auf internationaler Ebene unterzeichnet und sollen sicherstellen, dass jeder in seiner Kultur, seiner Sprache und seiner Herkunft anerkannt wird.
In der Schweiz setzen wir sie um, indem die Kantone und der Bund ein Inventar der lebendigen Traditionen erstellen, wobei 170 repräsentative Traditionen in das Inventar aufgenommen werden. Die Kulturförderungsinstitutionen des Bundes haben mit der Kulturbotschaft entschieden, eine öffentliche Sensibilisierungskampagne zu führen und in den nächsten vier Jahren Massnahmen zur Unterstützung und Förderung der schweizerischen Traditionen vorzuschlagen.
Sehr geehrte Damen und Herren
Das Thema dieses Forums führt uns auch zur Frage, welche Rolle den neuen Medien zukommt. Tatsächlich muss Globalisierung fast im gleichen Atemzug genannt werden wie neue Medien, neue Kommunikationsformen, neue Formen des Informations- und Kulturkonsums.
Eine neue Art der Kulturproduktion, der Kulturverbreitung und des Kulturkonsums ist entstanden, und dies unter anderem mit der Folge eines erleichterten Zugangs und einer intensiveren Interaktivität. So kommt ein neuer Dialog zwischen den Kulturschaffenden und dem Publikum zustande.
Ich bin überzeugt, dass die neuen Medien im Wesentlichen eine enorme Chance darstellen, ein Potenzial, das es laufend zu entwickeln gilt. Sie demokratisieren einerseits ganz wesentlich den Zugang zu Informationen und kulturellen Erzeugnissen. Andererseits ermöglichen sie einen Einbezug des Publikums das ihre Informationen aktiv suchen, und aktiv an kulturellen Ausdrucksformen teilhaben.
Der öffentlichen Hand kommt in diesem Kontext eine wichtige Rolle zu: Die neuen Medien, diese neue Welt der Produktion, der Verbreitung und des Konsums von Informationen müssen nicht nur den «Konsumenten» zugutekommen, sondern auch den kulturellen Akteuren. Angesichts der dauernden und rasanten Entwicklung dieses Bereichs gibt es zwar eine intensive Auseinandersetzung, doch diese steckt erst in ihren Anfängen.
Neben den rechtlichen Fragen, die es zu klären gilt, muss auch darauf geachtet werden, dass die neuen Medien ein Gebiet der Kreativität bleiben und nicht zu einem Synonym für Vereinheitlichung werden. Sie sollen zu einem besseren und leichteren Kulturzugang führen und die elitäre Kluft hinter sich lassen, die mit vielen Facetten der kulturellen Ausdrucksformen in Verbindung gebracht wird. In diesem Sinn will der Bund aktiv sein.
Mesdames, Messieurs,
Le positionnement de la culture a certes un prix. A ce propos, le slogan « La culture coûte trop » est souvent ressassé. Toute personne qui doit justifier dans l’exercice de sa fonction des budgets accordés à la culture sait ce dont je parle.
Mais la culture est en effet aussi synonyme d’innovation, elle est très souvent rentable et elle constitue un secteur de l’économie des pays industrialisés.
En Suisse, pays de services par excellence, le secteur de l’économie créative au sens large du terme est en progression constante. La culture est un facteur important de développement pour les régions, et des études démontrent comment le Festival de Jazz de Montreux ou le Musée Ballenberg font bénéficier toute l’infrastructure régionale de leur apport. N’oublions pas non plus ce qu’apporte la culture à la Suisse en termes d’image : Christoph Marthaler, les frères Freitag, Roman Signer, Herzog et De Meuron, Pipilotti Rist ou encore la fameuse police Helvetica que l’on retrouve dans le monde entier, sont des cartes de visite de choix pour notre pays. Tous ces noms offrent une swissness hors des sentiers battus et habituels.
Ces talents ont pu éclore en Suisse avant d’être portés sur la scène internationale. Ils ont pu faire leurs premières armes sur un terrain qui est garanti par les Villes, les Cantons et la Confédération et je suis convaincu que cette spécificité helvétique est promise à un bel avenir.
Je vous remercie de votre attention !