Berne

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants du Patrimoine mondial de l’UNESCO,
Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants des ambassades de France, Italie, Allemagne, Autriche et Slovénie,
Mesdames et Messieurs les représentantes et représentants des autorités fédérales et cantonales,
chers amis du patrimoine,

« L’avenir est un présent que nous fait le passé », disait André Malraux. Alors qu’aujourd’hui nous commémorons les 40 ans du Patrimoine mondial de l’UNESCO, nous nous penchons sur notre passé, en tant que présent que nous faisons à l’avenir.

Nous recevons le patrimoine en héritage, en cadeau, en quelque sorte. Et nous avons pour devoir de le transmettre plus loin, de nous engager à le préserver dans le présent et pour l’avenir.

Il y a 40 ans, la Conférence de l’UNESCO se réunissait à Paris. Elle adoptait une convention pour protéger ce qui allait constituer le patrimoine de l’humanité toute entière. Je suis fier que la Suisse ait fait partie des premiers États à se lancer dans cette aventure.

Cet engagement démontre notre attachement aux traces et aux témoignages du passé.

Prenons un exemple que nous avons encore tous en mémoire : en 2009, un séisme frappait la région de L’Aquila, détruisant des quartiers vieux de huit siècles. Cette tabula rasa, qui n’a laissé qu’un champ de ruines à la place d’une ville, c’est tout d’abord un drame humain. Mais c’est aussi la destruction d’un patrimoine en tant que lien social et historique qui unissait une communauté depuis 800 ans. Car le patrimoine, ce n’est pas seulement des beaux édifices à contempler, c’est ce qui constitue notre cadre de vie au quotidien, ce qui nous lie les uns aux autres.

Quand nous regardons notre patrimoine, nous sommes stupéfaits de l’extraordinaire capacité d’anticipation qu’avaient nos ancêtres. Ceux d’entre vous qui ont déjà pris le train de Tirano à Coire comprendront ce que je veux dire.

Lorsqu’on emprunte les lignes des chemins de fer rhétiques, de l’Albula et de la Bernina, ce n’est pas seulement la beauté du paysage qui nous impressionne. C’est la détermination, le savoir-faire et l’esprit visionnaire qu’il a fallu à nos arrière-grands-parents pour ouvrir ce passage au cœur même des Alpes. Ces ouvrages d’art hors du commun confèrent aujourd’hui à ce chemin de fer sa valeur universelle exceptionnelle, reconnue par l’UNESCO.

Lorsqu’on se promène dans les rues de La Chaux-de-fonds ou du Locle, on peut admirer d’un point de vue esthétique la régularité particulière de la ville en damier. On peut s’étonner de découvrir au hasard d’une cage d’escalier des vitraux de couleur. Mais ce qui me fascine, personnellement, c’est de m’imaginer cette Suisse ouvrière et ingénieuse, nichée dans les contreforts du Jura. La physionomie urbaine, architecturale et sociale unique de ces deux villes nous rappelle ceux qui ont œuvré pour faire de la Suisse le fleuron de l’horlogerie, à la pointe de la technologie de précision.

Le patrimoine nous rappelle d’où nous venons, et surtout aussi, ce qui nous réunit. Comme le dit bien la notion de « patrimoine de l’humanité », sur laquelle repose la Convention que nous célébrons aujourd’hui, c’est le particulier qui devient universel.

Les sites des Palafittes témoignent des premières sociétés agricoles européennes. Ils nous ramènent à une forme de vie qui a été commune à tous les habitants de l’Arc alpin, bien avant l’émergence des notions de peuple et de nationalité. Ce patrimoine, nous le partageons avec vous, Mesdames, Messieurs, nous le partageons avec nos hôtes présents ce soir, venus d’Italie, de France, d’Allemagne, de Slovénie et d’Autriche.

J’ai beaucoup insisté sur le patrimoine culturel bâti, mais cela ne doit pas nous faire oublier que nous nous définissons aussi par rapport à notre environnement naturel. Et l’environnement, le paysage, la nature sont des éléments particulièrement essentiels en Suisse.

C’est toujours dans un environnement donné, avec ses caractéristiques spécifiques et en accord avec son temps, que l’homme doit agir et interagir.

Meine Damen und Herren

Der Schutz des Welterbes steht momentan wieder vor vielen Herausforderungen: Vor einigen Wochen war ich zu einem Arbeitsbesuch in New Delhi und traf dort die damalige indische Kulturministerin, Frau Kumari Selja. Sie erzählte, wie schwierig es in Indien sei, ein Gleichgewicht zwischen dem Schutz der erhaltenswerten Stätten und dem immensen demografischen Druck, zu finden. Besonders in den Städten sei dieses Problem gross.

Alle hier anwesenden Vertreter der Weltkulturstätten der UNESCO kennen solche Spannungen. Der Schutz des Welterbes muss in einem Land wie Indien mit der wirtschaftlichen Entwicklung vereinbar sei. Oder bei uns mit der Energiepolitik.

Unsere Aufgabe ist es, zukunftsgerichtet zu handeln. Und zwar mit mehr als einem Horizont von zwei, zehn oder vierzig Jahre – sondern Jahrhunderte im Voraus.

Wollen wir unser Erbe für die Zukunft erhalten – und damit unsere Bauten, Landschaften und Städte – dann müssen wir mit den gegenwärtigen Bedingungen und Herausforderungen umgehen. Ziel ist eine nachhaltige Entwicklung, die wirtschaftliche, ökologische und soziale Dimensionen berücksichtigt.

Unsere historischen Zentren haben nicht selten städtebaulichen Vorbildcharakter. Wir lassen uns heute wieder von ihnen inspirieren. Denn sie sind hervorragende Beispiele der Raumplanung: Sie verbinden verdichtetes Bauen mit grosszügiger Gestaltung des öffentlichen Raums.

Auch unsere Vorfahren selber sind Vorbilder. Sie errichteten Kathedralen ohne Armierungsbeton. Sie konstruierten die Rhätische Bahn, die heute zum Welterbe gehört. Oder sie bauten Tunnel und Brücken durch die Alpen, die noch heute wichtige Verbindungswege sind. All diese Bauwerke waren für die wirtschaftliche Entwicklung von Regionen entscheidend. Dazu kommt: Bei ihrer Bautätigkeit orientierten auch sich unsere Vorfahren an den Bedürfnisse ihrer Zeit – was sie aber nicht hinderte, Welterbe zu erschaffen.

Das Welterbe kann die Bevölkerung für den Schutz historischer Stätten sensibilisieren. Auf jede Ernennung einer Welterbestätte reagieren die Menschen in der betreffenden Region mit Begeisterung und Stolz. Das Übereinkommen zum Schutz unseres gemeinsamen Kultur- und Naturgutes der UNESCO funktioniert seit vierzig Jahren. Und zwar, weil es verbindet – nicht bloss einige Menschen oder Interessengruppen, sondern 189 Länder. All diese Länder haben den gemeinsamen Wunsch, das Gedächtnis der Welt zu erhalten und zu schützen.

Meine Damen und Herren

Die Schweiz hat seit drei Jahren Einsitz im Welterbekomitee. Unser Land hat sich zum Ziel gesetzt, das zu erhalten, was bereits besteht. Es hat deshalb beschlossen, in den nächsten Jahren keine neuen Kandidaturen einzureichen. Wir konzentrieren uns auf die Pflege und Nutzung unserer elf Welterbestätten. Sie sind ein Reichtum, den es zu erhalten gilt.

Das Welterbe der UNESCO hat grossen pädagogischen Wert. Wir verstehen dank ihm, wie wichtig der Heimatschutz ist. Auch darin sind die Welterbestätten beispielhaft. Sie zeigen, dass man viele Interessen miteinander verbinden kann, ohne die nachhaltige Entwicklung einer Gemeinschaft zu vernachlässigen.

Wir feiern heute den Geburtstag des Welterbe-Übereinkommens. Und wir erneuern damit gleichzeitig ein Versprechen, das unsere Vorgänger vor vierzig Jahren abgegeben haben. Ihr Einsatz muss uns als Antrieb für das dienen, was weiter zu tun ist.

40 Jahre – und ich weiss, wovon ich rede – das ist zu jung, um auf seine Ideale zu verzichten.

Ich danke Ihnen für Ihre Aufmerksamkeit.

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