Bienne

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Mesdames et Messieurs,

Il y a trois choses qui concernent tous les êtres humains de cette planète, qu’ils soient pâtissiers, cosmonautes ou conseillers fédéraux : naître, vivre et mourir.

Concernant la première, les informations ne manquent pas : les futurs parents peuvent se rendre à des cours de préparation et à des soirées d’information. On trouve toutes sortes d’offres et d’organisations en fonction de ses besoins et de ses convictions.

La deuxième, c’est simplement l’exploitation des champs du possible.

Il en va autrement de la fin de vie. Point de cours pour se préparer à la mort, peu de livres, de guides et autres brochures. L’on accueille encore le plus souvent la mort sans s’y être préparé.

C’est sûrement l’une des raisons qui nous font craindre la mort, d’ailleurs. Pourtant, mourir est tout aussi naturel que naître. Il est donc temps d’accorder (à nouveau) plus d’attention à la fin de vie, à la fois dans la société et au niveau du système de santé.

Comme pour une naissance, il devrait être possible de prendre en compte les besoins de chacun. Il faut faire davantage de place à la mort.

En tant que ministre de la santé, la fin de la vie revêt pour moi une grande importance. Les Suisses vivent plus longtemps, c’est une bonne nouvelle, mais ils souffrent aussi davantage des maux chroniques de la vieillesse, parfois même de plusieurs de ces maux en même temps. L’accompagnement et le soutien des personnes en fin de vie n’en deviennent que plus complexes.

Le nombre de décès annuels a augmenté d‘un tiers au cours des vingt dernières années, passant de 60 000 à 80 000. Or la majorité de ces personnes ne sont pas mortes soudainement, alors qu’elles étaient en bonne santé. La plupart d’entre elles sont décédées des suites d’une plus ou moins longue maladie.

S’agissant des soins, cette évolution représente un défi majeur, auquel les politiques se doivent d’apporter une réponse.

Les personnes incurables ou mourantes se posent bien d’autres questions, et j’en suis conscient. Il s’agit de questions difficiles, de questions existentielles.

Meine Damen und Herren

Im Mittelpunkt der gesundheitspolitischen Überlegungen sollte deshalb immer der Mensch mit seinen persönlichen Bedürfnissen stehen.

Was heisst das? Wenn die Heilung einer Krankheit als nicht mehr im Vordergrund steht, verschieben sich die Prioritäten.

Der Schwerpunkt der Behandlung und Betreuung liegt vielmehr darin, die Lebensqualität der betroffenen Person und ihrer Angehörigen zu erhalten.

Dabei ist klar: Lebensqualität ist etwas umfassendes. Wenn wir die Lebensqualität von schwerkranken und sterbenden Menschen erhalten oder verbessern wollen, braucht es deshalb einen ganzheitlichen Ansatz. Palliative Care ist ein solcher Ansatz.

In der Palliative Care arbeiten unterschiedliche Berufsgruppen zusammen. Ein solches interprofessionelles, stabiles Betreuungsnetz ist umso wichtiger, wenn eine schwerkranke oder sterbende Person zu Hause gepflegt und begleitet wird. Dies entspricht dem Wunsch vieler Menschen.

Dazu sind aber gewisse Voraussetzungen notwendig: Der Entscheid muss gut vorbesprochen und geplant sein. Und körperliche Symptome, Ängste und anderen Leiden müssen auch zu Hause gut behandelt und gelindert werden können.

Damit ein unheilbar kranker Mensch zuhause betreut werden kann, braucht es eine gute Zusammenarbeit aller – der Fachpersonen, der Freiwilligen und den Angehörigen.

Meine Damen und Herren

Ich möchte Ihnen aufzeigen, wie sich auch Bund und Kantone dafür einsetzen, die Situation für Betroffene und ihre Angehörigen bei der Betreuung zuhause zu verbessern. Dafür muss ich nochmals auf die abstrakte Ebene der Gesundheitspolitik zurückkehren.

Bund und Kantone streben gemeinsam eine Stärkung der ambulanten Versorgung an. Dies umfasst zum Beispiel eine bessere Versorgungsqualität von chronisch und mehrfach kranken Menschen. Oder dass die ambulante Versorgung regional ausgewogen verteilt ist. Dazu gehört auch, langfristig sicherzustellen, dass die notwendigen Gesundheitsfachpersonen ausgebildet und rekrutiert werden.

Die Lösungen gibt es erst ansatzweise. Wir arbeiten daran. Und ich bin überzeugt, dass Palliative Care dabei als Vorbild dienen kann: Palliative Care ist an den Bedürfnissen des kranken Menschen ausgerichtet, teamorientiert und interprofessionell, vorausschauend und integriert – dies sollten nicht nur die Merkmale der palliativen Versorgung sein.

Nach diesem Ansatz muss das ganze Gesundheitssystem ausgerichtet sein.

Mesdames et Messieurs,

L’accompagnement et le soutien des personnes en fin de vie est un thème qui nous concerne toutes et tous, que nous soyons directement touchés en tant que proches, ou indirectement en tant que politiques ou citoyens.

Les revendications liées aux soins palliatifs ne constituent pas qu’une simple « nécessité de politique de la santé ». Elles se justifient car tout un chacun a le droit de bénéficier de soins de qualité du début à la fin de sa vie, et ce même si la guérison n’entre plus en ligne de compte.

Comme vous pourrez le constater lors des exposés suivants, nous avons déjà de nombreux succès à notre actif grâce à la Stratégie nationale en matière de soins palliatifs 2010–2012. Mais il reste beaucoup à faire.

C’est pourquoi je suis heureux que le prolongement pour trois ans de la Stratégie ait été décidé dans le cadre du Dialogue de la politique nationale de la santé, le 25 octobre dernier.

C’est dans ce cadre que Confédération et cantons œuvrent ensemble pour inscrire durablement les soins palliatifs dans la tradition de notre pays. C’est notre travail d’améliorer les structures et le cadre nécessaire au niveau national afin que la qualité des soins palliatifs en Suisse soit assurée.

Je suis bien conscient d’une chose : sans vous, professionnels et bénévoles, rien ne serait possible. Vous vous engagez jour après jour pour améliorer la qualité de vie des personnes gravement malades et en fin de vie. Vous êtes au cœur de notre stratégie et j’aimerais vous adresser tous mes remerciements pour votre précieux engagement.

Je vous souhaite deux jours passionnants, qui vous donnent de nouvelles impulsions et vous permettent d’échanger vos expériences et de renforcer votre réseau !

Je vous remercie de votre attention.

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