Bâle
Allocution prononcée par le Conseiller fédéral Alain Berset à l’occasion de la remise du Prix Marcel Benoist – Seules les paroles prononcées font foi.
En acceptant l’héritage de Marcel Benoist en 1920, le Conseil fédéral s’est engagé à respecter la clause principale du testament : décerner un prix scientifique annuel. En tant que président de la fondation Marcel Benoist, c’est un honneur et un grand plaisir pour moi d’accomplir cette volonté et de décerner cette distinction souvent considérée comme le « Prix Nobel suisse » à Michael N. Hall, professeur ordinaire de biochimie à l’Université de Bâle. Le professeur Hall est récompensé pour ses recherches pionnières de biologie cellulaire.
En mai dernier, j’ai pu assister à l’attribution d’autres prix, ceux de la fondation « La science appelle les jeunes ». J’ai été impressionné par la qualité des travaux récompensés. Ces jeunes seront peut-être les scientifiques de demain.
Car ils possèdent une qualité essentielle pour réussir : la curiosité. A l’égard des autres et à l’égard de leur environnement.
L’art et le plaisir de poser des questions. La détermination à obtenir des réponses. Ils ont le feu sacré.
Einstein l’exprimait parfaitement : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie. C’est ce sentiment profond qui préside à la naissance de l’art et de la science véritables ».
Mais envie et talent ne suffisent pas pour explorer le côté mystérieux de la vie. Il faut aussi du solide, des compétences, un savoir-faire. En Suisse, les jeunes ont le privilège de pouvoir évoluer dans un système de formation de qualité.
Il est intéressant de se référer dans ce contexte à la part des étudiants formés dans une haute école qualifiée d’excellente. La Suisse est première de classe, car plus de la moitié des étudiants sont inscrits dans une haute école qui figure au top 200 des meilleurs établissements dans les classements internationaux. Aux Etats-Unis, cette proportion n’est que de 20 %. Et elle est bien moindre dans certains autres pays.
Da Wissenschaft im Dialog geschieht und die Vielfalt ein zentraler Aspekt bei der Erkenntnissuche ist, ist die Mobilität für die jungen Wissenschaftler zentral. Die Möglichkeit dazu besteht schon während des Studiums.
Seit 2011 beteiligt sich die Schweiz nach Jahren der stillen Partnerschaft offiziell am EU-Austauschprogramm Erasmus. Es feiert dieses Jahr seinen 25. Geburtstag.
Es ist wichtig, dass die Jungforschenden Erfahrung im Ausland sammeln. So lernen sie andere Wissenschaftssysteme kennen. Und sie eignen sich interkulturelle Kompetenzen an.
Die Hochschulen selber tragen bei der Mobilität eine grosse Verantwortung. Sie müssen die jungen Wissenschaftler unterstützen, ihre Heimuniversität zu verlassen, also Weltenbürgerin und Weltenbürger zu werden. Gleichzeitig müssen die Hochschulen so attraktiv sein, dass sie die guten Wissenschaftler wieder zurückgewinnen.
Eine Gruppe junger Forschender hat Anfang Jahr gefordert, an den Schweizer Universitäten unter anderem 1000 neue Assistenzstellen mit Option auf unbefristete Anstellung (so genannte Tenure Tracks) einzurichten.
Die Forderung zeigt, dass die jungen Forschenden mit den heutigen Karriereaussichten an den Schweizer Universitäten nicht zufrieden sind. Es gibt noch zu viele Beispiele von Forscherinnen und Forschern an Universitäten, die nach Jahren befristeter Anstellungen mit vierzig und mehr Jahren weder innerhalb noch ausserhalb des Wissenschaftsbetriebs vermittelbar sind. Und dies trotz ihrer hohen Qualifikation!
Die Verantwortung einer Hochschule liegt somit nicht nur darin, die aussichtsreichsten Talente in ihrer Wissenschaftskarriere bis zur Professur zu unterstützen. Ihre Verantwortung liegt auch darin, dem akademischen Nachwuchs frühzeitig reinen Wein einzuschenken. Echte Chancen, statt jahrelange Unsicherheit bieten.
Voilà qui me permet de faire le lien avec la carrière que nous souhaitons récompenser aujourd’hui par le prix Marcel Benoist. La carrière scientifique du professeur Michael Hall illustre parfaitement ce que je viens d’évoquer et notamment ce « feu sacré » indispensable pour commencer.
Mais aussi l’importance de la mobilité dans le monde scientifique. Si le professeur Hall a quitté l’Université de Californie en 1987 pour rejoindre le Biozentrum de Bâle, c’est bien en raison de la renommée mondiale acquise par son université « jeune » de 550 ans, et notamment par son établissement de formation en sciences de la vie. L’Université de Bâle propose aux scientifiques un cadre idéal d’enseignement et de recherche, leur offrant les infrastructures nécessaires et une excellente interdisciplinarité.
Mobilité et feu sacré, ce sont deux des ingrédients essentiels à la réussite scientifique. J’appelle les jeunes à prendre exemple sur vous, professeur Hall, pour que les futurs lauréats du Prix Marcel Benoist demeurent ces hérauts de la recherche scientifique.
J’invite maintenant le Professeur Michael N. Hall à me rejoindre pour que je puisse lui remettre, au nom du Conseil de fondation, le Prix Marcel Benoist 2012.
Le conseil de la fondation Marcel Benoist décerne son prix 2012 à Michael N. Hall, professeur ordinaire de biochimie à l’Université de Bâle, en reconnaissance de ses études pionnières et mondialement reconnues dans le domaine de la biologie cellulaire, et plus précisément de la croissance cellulaire et de la naissance des cancers.
Grâce à ses découvertes, Michael Hall a mis en évidence l’un des principaux mécanismes de régulation du développement des cellules et des tissus. Il s’agit d’une percée majeure dans la compréhension des processus cellulaires. Toutes mes félicitations !
Source : Conseil fédéral, admin.ch · Document original (PDF)