Berne

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Chères concitoyennes, Chers concitoyens,

La famille est un pilier essentiel de notre société. C’est elle qui élève les enfants, qui aide ses proches et qui entretient les relations intergénérationnelles.

Le Conseil fédéral et le Parlement veulent, par le biais d’un article constitutionnel, soutenir les familles de manière ciblée.

Ces dernières décennies, les familles ont subi de profonds changements. Elles sont désormais plus petites, et les parents se répartissent plus souplement les rôles. Parallèlement, les familles monoparentales ou recomposées sont toujours plus nombreuses.

Très souvent, les deux parents exercent une activité lucrative, et rencontrent de grandes difficultés lorsqu’ils veulent concilier vie familiale et vie professionnelle.

Bon nombre de femmes se retirent alors de la vie active, totalement ou partiellement, pour s’occuper des enfants. A l’inverse, beaucoup de femmes renoncent à avoir des enfants pour se consacrer à leur vie professionnelle.

Nous voulons et pouvons éviter ces situations en permettant aux parents de mieux concilier famille et travail. Pour cela, il faut avant tout qu’il y ait suffisamment de places d’accueil pour les enfants. Mamans de jour, crèches, écoles à horaire continu, garderies et cantines : les solutions sont diverses.

Et c’est ici qu’intervient l’article constitutionnel sur la politique en faveur des familles. La Confédération et les cantons doivent promouvoir ensemble les mesures permettant la conciliation. Mais la politique familiale reste du ressort des cantons ; à eux donc de proposer les places d’accueil qui répondent aux besoins des parents.

La Confédération peut, elle aussi, s’engager. Elle peut fixer des règles, mais seulement si les efforts des cantons, des communes, des associations privées ou des acteurs économiques ne suffisent pas.

Avant que la Confédération n’intervienne, le Parlement doit élaborer une loi fédérale, qui serait sujette au référendum. En tant qu’électrices et électeurs, vous pourriez alors vous prononcer encore une fois à ce sujet.

Les conséquences financières que la Confédération et les cantons auraient à supporter dépendront des dispositions d’application du nouvel article. Nous ne pouvons donc pas encore les chiffrer.

Bon nombre de mères possèdent aujourd’hui une solide formation. Leur permettre de travailler renforcera l’économie de notre pays, qui a toujours besoin de main d’œuvre qualifiée. Par ailleurs, un taux d’activité élevé influence positivement les recettes fiscales et les cotisations versées aux assurances sociales.

Dans le même temps, il s’agit de lutter contre la pauvreté des familles en facilitant le travail des parents. A l’heure actuelle, les familles monoparentales et les familles nombreuses sont particulièrement concernées.

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

En disant « oui » à l’article constitutionnel sur la politique en faveur des familles, vous direz « oui » à des familles plus fortes. Cet article permet de renforcer l’économie, de lutter contre la pauvreté, et d’accroître la liberté de décision des familles.

Pour toutes ces raisons, le Conseil fédéral et le Parlement vous recommandent de l’accepter.

Je vous remercie.

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