Genève
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en français, avec des passages en italien et en allemand. Texte original, non traduit.
Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Directeur de la SSR,
Chers professionnels du cinéma,
Mesdames et Messieurs, Chers amis du cinéma,
Benvenuti alla cerimonia di consegna del Premio del cinema svizzero.
Questa sera saranno premiate con un Quartz le migliori opere prodotte lo scorso anno da cineasti svizzeri.
Ich begrüsse Sie herzlich zur Schweizer Filmpreisverleihung.
Ich danke all jenen, die sich für den heutigen Abend engagiert haben. Speziell dem Kanton und der Stadt Genf für das heutige Gastrecht und der SRG SSR für die Medienpartnerschaft.
Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue à la remise du Prix du cinéma suisse 2013.
Ce soir, le meilleur du cinéma suisse de l’année écoulée sera récompensé par un Quartz. Un trophée qui, au-delà de la reconnaissance publique dont il témoigne, pèse un certain poids, parait-il.
C’est parce que je suis aussi ministre de la santé que je m’inquiète de la bonne forme des acteurs culturels. D’ailleurs, si pendant la soirée vous croisez un lauréat croulant sous le poids de son succès, j’en appelle à votre solidarité pour lui venir en aide et lui porter son Quartz. Parce que le succès se partage, c’est ainsi qu’il prend tout son sens et c’est ce que nous sommes venus faire ici ce soir.
Pour en revenir à la culture, je constate avec plaisir que les films sortis l’année dernière sont au moins autant passionnants que la politique du cinéma…
Après trois semaines de session parlementaire, où je me suis parfois senti dans le « falschen Film » comme disent les alémaniques, je suis heureux de partager ce moment de vrai cinéma avec vous.
Parce qu’une chose est sûre: nous sommes là ce soir parce qu’il y a un grand cinéma suisse, soutenu largement et entre autres par la Confédération ; parce qu’il y a un public, parfois plus ou moins nombreux, parfois plus ou moins curieux, mais sans lequel le cinéma perdrait sa raison d’être.
Cela étant, le Prix du cinéma suisse est là pour rappeler aux réalisateurs les trois commandements du cinéaste, selon Billy Wilder :
« Tu n’ennuieras point,
Tu n’ennuieras point,
Tu n’ennuieras point ! »
C’est une règle, pleine de bon sens, qui devrait aussi servir en politique.
J’étais avec vous à Soleure, il y a deux mois, pour la soirée des nominations. Je peux dire que tous les films nominés – et pas seulement ceux qui vont remporter un Quartz ce soir – ont appliqué ce conseil avisé !
Loin de l’ennui, ces productions reflètent aussi la grande diversité du cinéma suisse.
En ma qualité de ministre de la culture, je tiens tout particulièrement à ce que l’on prenne soin de cette précieuse diversité, et qu’elle puisse s’épanouir.
Et je sais que ce soir, je ne serai pas déçu.
Dans la vie, la plus grande chance, c’est d’avoir un peu de chance.
Certains parmi vous auront de la chance et gagneront un Quartz, d’autres, par contre, seront peut-être déçus de ne pas avoir gagné. Pourtant subir un revers est très souvent le premier pas vers le succès. Cette soirée devrait donc être stimulante pour l’ensemble de la création cinématographique.
Respectant moi aussi les trois commandements de Billy Wilder de n’ennuyer personne, j’arrête là et nous souhaite à tous une soirée mémorable !