Zurich
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en allemand et en français. Texte original, non traduit.
Liebe Freundinnen und Freunde des Schweizer Films
Lieber Alexander Seiler
Es ist immer schön, aus dem Bundeshaus herauszukommen.
Deshalb freue ich mich ganz besonders, den Abend mit Ihnen hier im Schiffbau zu verbringen.
Aber keine Angst: ich mache jetzt kein „Selfie“ zur Erinnerung…
Interessanter als der leicht verzitterte Blick auf sich selbst scheint mir der präzise Blick auf die Gesellschaft.
Sei es im Dokumentarfilm, für den die Schweiz zu Recht berühmt ist.
Oder sei es im Spielfilm, wie in „Der Goalie bin ig“. Dieser zeigt auf berührende Weise: Niemand beobachtet die Gesellschaft genauer als die Aussenseiter. Denn diese sind den gesellschaftlichen Gesetzen ausgeliefert, ohne sie selber mitbestimmen zu können. Das schärft die Wahrnehmung.
Der genaue Blick auf die Realitäten ist auch das Leitmotiv des „cinema direct“ von Alexander Seiler.
Sein Blick kontrastiert immer wieder das Ideal-Bild der Schweiz mit dem Alltag derjenigen, die in diesem Land leben. Gerade auch der Eingewanderten.
Mesdames et Messieurs,
Dans ce contexte, l’œuvre la plus marquante d’Alexander
Seiler est certainement « Siamo Italiani ». Sorti en 1964, ce film a marqué l’histoire du documentaire suisse.
Mais plus encore : il a donné la parole aux travailleurs étrangers italiens, dans le prolongement de la célèbre citation de Max Frisch : « Nous avions demandé des bras, et ce sont des hommes qui sont venus ».
La signature de Seiler, cette perception si juste des choses, on la retrouve 38 ans plus tard dans « Il vento di settembre », la suite, si l’on peut dire, de « Siamo Italiani ».
Un film qui évoque ce grand écart entre ici et là-bas. Quand ici, ce n’est pas encore chez moi et que là-bas…ce n’est déjà plus chez moi.
La perception des choses et des réalités est toujours politique.
En tant que citoyens, nous le savons parfaitement.
Derrière les chiffres, il y a toujours des hommes et des femmes, des parcours, des vies.
Nous savons aussi que la Suisse a toujours pu compter sur une précieuse ressource naturelle : son optimisme. Son optimisme et son espoir dans le progrès, y compris le progrès social. Cet espoir a dû parfois se nourrir de bien peu ces dernières décennies. Il aurait alors été facile de se résigner.
En pensant à tous ceux qui, justement, ne se sont pas résignés, on pense à Alexander Seiler.
Car l’engagement et la combattivité qui marquent ses films prennent précisément racine dans la foi dans le progrès qui a marqué le XIXe siècle, y compris en Suisse.
Né en 1928, Alexander Seiler a grandi dans cette culture citoyenne synonyme d’hospitalité, d’ouverture au monde, d’érudition. De musique et de littérature aussi. La naissance d’un style et d’une esthétique uniques.
Lieber Alexander Seiler
Ihre Filme sind präsent – nicht als Erinnerungsdenkmäler, sondern in ihrer historischen Aktualität.
Ich weiss, dass Sie diesbezüglich gewisse Zweifel haben. Sie haben sich einmal selber als „Relikt“ bezeichnet.
Ich erlaube mir, Ihnen zu widersprechen – was man ja eigentlich nicht tun sollte bei einer Ehrung… Sie sind das Gegenteil eines Relikts – Ihr Werk ist vielmehr Teil der DNA der Kultur unseres Landes.
Was der Schweizer Dokumentarfilm heute ist, das ist er nicht zuletzt dank Ihnen.
Sie waren immer kämpferisch in Ihrer Toleranz. Und misstrauisch gegen die falschen Idyllen, in denen man sich selber fremd wird.
Ihre Streitbarkeit war nie polemischer Selbstzweck. Sondern verriet immer eine klare Haltung.
Eine Haltung, die unerschütterlich an die Verbesserbarkeit der gesellschaftlichen Verhältnisse glaubt.
Ihr genauer Blick hat auch den unseren geschult.
Ich gratuliere Ihnen zum Ehrenpreis.