Berne
Allocution du Conseiller fédéral Alain Berset à l’occasion des 10 ans de la loi fédérale sur l’égalité pour les personnes handicapées.
« Nous avons notre mot à dire ! »
Cette devise, ce pourrait être la devise secrète de la Suisse. Car la Suisse est LE pays où tout le monde a son mot à dire. Ou tout le monde DOIT avoir son mot à dire. Avoir son mot à dire, c’est aussi participer aux décisions.
En participant aux décisions, on garantit le bon fonctionnement de la démocratie directe. C’est un système dont nous pouvons être fiers. C’est aussi un système qui nous engage. Il faut lutter pour le préserver. Pour continuer sur la bonne voie.
Bon nombre d’avancées qui semblaient impensables ou utopiques sont devenues réalité. Regardez l’AVS, l’AI, le droit de vote des femmes, l’assurance-maternité. Autant d’avancées qu’il a fallu obtenir de haute lutte alors qu’elles relèvent de l’évidence. Mais n’a-t-on jamais vaincu sans combattre ? La participation des personnes en situation de handicap ne fait pas exception à la règle. Derrière cette devise, « Nous avons notre mot à dire », il y a de l’engagement. Il y a de la détermination.
Les exemples que j’ai cités parlent d’eux-mêmes : la participation est toujours politique. La loi sur l’égalité pour les personnes handicapées entrée en vigueur il y a dix ans poursuit deux objectifs :
- la prévention, la réduction et l’élimination des inégalités qui frappent les personnes handicapées et
- la création de conditions propres à faciliter la participation des personnes handicapées à la vie en société.
La loi prévoit principalement des mesures garantissant l’accès aux bâtiments, aux transports publics et aux prestations. Dix ans plus tard, les premiers résultats sont là. Il reste du chemin à parcourir mais nous avons réalisé des avancées majeures.
Ces mesures sont indispensables à l’égalité. Mais elles ne sont pas tout. En jetant un œil à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, que la Suisse a ratifiée cette année, on prend conscience de tout ce que peut – tout ce que doit – englober une politique visant l’égalité des personnes handicapées :
- la participation à la vie culturelle,
- la promotion de l’égalité des chances dans le domaine de la santé,
- la promotion de l’autonomie, pour ne citer que ces exemples.
Quelques thèmes – parmi tant d’autres – qui relèvent de la compétence du Département de l’intérieur. Dans ces domaines et dans bien d’autres, nous sommes appelés – à commencer par la Confédération et les cantons – à agir. Ici aussi, il faut de l’engagement, de la détermination.
La loi sur l’égalité pour les personnes handicapées déploie ses effets depuis dix ans. Mais ce n’est pas la fin d’un processus. Plutôt le début. Il est temps de voir plus loin et d’élaborer une stratégie pour les dix prochaines années. Je viens d’ailleurs de donner dans mon département le coup d’envoi pour développer cette stratégie.
Une stratégie qui doit surtout viser deux objectifs : que les différentes parties prenantes cantonales et fédérales accordent leurs violons pour axer leurs politiques sur l’égalité des personnes handicapées. Et que l’égalité devienne un thème transversal. Ce thème doit faire partie intégrante des politiques les plus diverses et non faire l’objet d’une politique spécifique « pour les handicapés ». Il nous faut une approche globale.
Et – bien entendu – une approche où les personnes en situation de handicap ont leur mot à dire ! J’ai donc le plaisir de saluer la participation à ce processus de la nouvelle organisation faîtière qui chapeaute les organisations suisses de toutes les régions linguistiques. Intégration Handicap est un partenaire solide représentant les personnes concernées.
Die Schweiz ist das Land, das Gräben überwindet. Viele der berühmtesten Brückenbauer der Welt waren Schweizer. So etwa der Erbauer der Golden Gate Bridge in San Francisco, der Schaffhauser Othmar Ammann.
Auch das politische Brückenbauen ist unsere Spezialität, weil wir immer wieder Barrieren und Hindernisse überwinden müssen. Uns trennten in unserer Geschichte religiöse, sprachliche, politische, soziale Gräben. Einige sind zugeschüttet, einige überbrückt, einige gibt es noch.
Die Schweiz hat diese Gräben überwunden. Nun muss sie auch die Barrieren überwinden, die Menschen mit Behinderungen von der Welt der Nicht-Behinderten trennt – seien es physische oder soziale Barrieren.
Wir haben gelernt, in unserer Vielfalt das Gemeinsame zu entdecken. Mehr noch: den Respekt vor den anderen und die Freude daran, dass wir nicht alle gleich sind. Denn das macht die Schweiz ja auch interessant.
Die Vielfalt unseres Landes ist seine Identität. Das ist das grosse Paradox unseres Landes. Denn unsere Identität entsteht ja genau dadurch, dass wir überwinden, was uns zu trennen scheint. Indem alle mitreden dürfen und gehört werden.
Unser Umgang mit Menschen mit Behinderungen ist also ein Lackmus-Test für eine gute und faire Gesellschaft. Und mehr noch: Es ist ein Lackmus-Test für die Schweiz.
Das Eidgenössische Departement des Innern EDI – und mit ihm das Eidgenössische Büro für die Gleichstellung von Menschen mit Behinderungen – ist das Departement der Solidarität. Wir arbeiten am Ausgleich zwischen jenen, die viel haben und jenen die wenig haben, an der Solidarität zwischen Gesunden und Kranken und am Verständnis zwischen den verschiedenen Sprachen und Kulturen.
Das EDI ist nahe am Alltag der Menschen – der Menschen mit und der Menschen ohne Behinderungen. Wir pflegen einen genauen Blick auf die Schweiz. Darauf, wie es den Menschen in unserem Land wirklich geht. Deshalb wissen wir auch: Häufig sind die vermeintlich Schwachen stärker als die scheinbar Starken.
Unsere Gesellschaft braucht die Menschen mit Behinderungen genauso, wie diese die Unterstützung der Gesellschaft brauchen. Menschen mit Behinderungen haben viel zu sagen. Denn sie sehen die Gesellschaft aus einem Blickwinkel, der anderen oft verschlossen bleibt. Sie sehen vielleicht besser als wir Menschen ohne Behinderungen, wie die Schweiz ist – und wie sie sein könnte.
Ich danke allen Anwesenden für ihr Engagement – nicht zuletzt eben auch für ihr Engagement für unsere Gesellschaft und für unser Land.
Deshalb bitte ich Sie, weiterhin – und noch stärker als bis anhin – mitzureden!
Source : Conseil fédéral, admin.ch · Document original (PDF)