Ligornetto
Seul le texte prononcé fait foi.
Gentile signora Consigliera nazionale e gentile signor Consigliere nazionale,
Gentile signor Consigliere di Stato,
Gentili signore e signori,
Cari amici del Museo Vincenzo Vela,
Sono molto onorato di trovarmi qui con voi, oggi, per la riapertura del Museo Vincenzo Vela. Gli interventi tecnici degli ultimi mesi completano la ristrutturazione integrale della villa, conclusasi nel duemila uno. L’opera di restauro firmata da Mario Botta permise all’epoca di trasformare la casa ottocentesca di Vincenzo Vela in un moderno museo. Un museo che ospita non solo una prestigiosa collezione permanente delle opere dell’artista, ma anche esposizioni temporanee con prestiti di musei da tutto il mondo. I recenti lavori infrastrutturali hanno permesso di dotare il museo della tecnica più moderna in fatto di sicurezza e conservazione delle preziose collezioni.
Negli ultimi vent’anni, e ci tengo a sottolinearlo, la Confederazione ha finanziato una campagna molto onerosa di restauro di oltre cinque mila opere d’arte. Tra queste figura anche una delle più antiche e rare collezioni fotografiche di sua proprietà.
Nous nous trouvons dans l’une des maisons d’artiste du XIXe siècle les plus remarquables d’Europe. Elle abrite une collection unique d’originaux en plâtre. Le plâtre qui, on l’ignore parfois, est considéré comme une matière noble par les sculpteurs, et ceci pas uniquement lorsqu’ils les essuient.
Ces originaux sont d’une valeur inestimable et permettent au public de découvrir tout un pan des arts plastiques du XIXe, mais aussi les techniques d’un sculpteur de cette époque.
Vincenzo Vela n’a pas fait que donner son nom à l’un des tout premiers musées de Suisse. Il a surtout passé sa vie à défendre les valeurs du jeune Etat fédéral de 1848. Homme d’échanges et d’ouverture il n’a cessé de traverser les frontières, jetant des ponts entre le Tessin et l’Italie. Un frontalier donc, mais un frontalier des idées, de la culture, un admirable façonneur de ces matériaux intangibles que sont la dignité humaine, la démocratie et la justice sociale.
Comme frontalier – mais vous en savez quelque chose – il n’avait d’ailleurs pas que des amis, surtout au Tessin. Il est essentiel de pouvoir rendre hommage à de tels personnages, surtout en ce moment où va s’ouvrir l’exposition universelle de Milan, que certains ici jugent si proche et d’autres si loin.
En avance sur son temps, Vincenzo Vela a trop longtemps été incompris. On lui reprochait son progressisme et une certaine intransigeance intellectuelle. Quoi qu’il en soit, ce beau musée redessiné par Botta a su abriter et entretenir son esprit, que l’on retrouve ici même aujourd’hui, intact et préservé. C’est même un savoureux retour des choses que de penser que des générations de conservateurs ont veillé sur ses œuvres progressistes.
Républicain et démocrate convaincu, Vincenzo Vela a participé aux soulèvements du Risorgimento contre l’Empire d’Autriche. Dans les rangs des combattants, mais aussi et surtout en tant qu’artiste et professeur à l’académie des Beaux-Arts de Turin, où il a encouragé ses étudiants à chercher la liberté pour s’approcher de la vérité artistique. Il a particulièrement sublimé les valeurs du patriotisme: « (…) notre patrie », disait-il, « est toute dans ses institutions et rien dans ses frontières (…) ».
Fidèle à cet esprit, le musée rouvre avec une exposition sur une artiste partie de Fribourg pour aller se confronter aux plus artistes de son époque, à Rome ou Paris. Adèle d’Affry, duchesse de Castiglione Colonna, dite « Marcello », c’est d’elle dont il s’agit, fut une camarade de route de Gustave Courbet, Prosper Mérimée et tant d’autres. Elle a, tout comme son amie Berthe Morisot, autant fait avancer la cause des arts que celle des femmes. Elle est ainsi l’un des rares sculpteurs qui soit devenue un modèle, un modèle du féminisme.
Une autre femme dont il y a lieu de saluer les mérites, c’est la directrice de ce musée. Mme Gianna Mina s’engage pour un accès à la culture d’un large public, dans toute sa diversité sociale et culturelle, proposant entre autres des visites adaptées aux handicapés. Voilà qui va dans le droit sens de la participation culturelle qu’encourage le Conseil fédéral et qui constitue l’un des grands axes du nouveau message Culture: la garantie de l’accès à la culture pour le plus grand nombre. Des concerts, des spectacles de danse, des après-midis culturels, des débats et autres cours de théâtre dans le parc, permettent la création d’un lien entre l’établissement fédéral et son environnement cantonal.
Son rayonnement, le musée Vela le doit aussi à ses expositions temporaires, fruit d’une collaboration avec différents musées, qu’ils soient suisses ou étrangers comme, excusez du peu, le Louvre, le Musée d’Orsay ou la prestigieuse Tate Gallery, via la Tate Britain.
Ministre de la Culture, je suis fier que la Confédération possède à ses frontières un tel musée, susceptible de constituer aussi une passerelle culturelle entre la Suisse et l’Italie où Vincenzo Vela jouit d’une notoriété plus importante encore, comme quoi nul n’est prophète en son pays. Pour que cet adage puisse également être employé pour le musée et son magnifique parc, il ne nous reste plus qu’à les faire connaître à un public plus large encore au nord du Gothard et à l’ouest de la Sarine.
Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une excellente visite.