Genève
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Excellences,
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les délégués des Etats membres
Mesdames et Messieurs,
Bienvenue à Genève !
C’est pour moi un honneur et un plaisir de vous accueillir ici en Suisse, au siège de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
Grâce à vous, Genève sera pour quelques semaines la capitale mondiale de la météorologie, de la climatologie et de l’hydrologie.
La ville de Genève a d’ailleurs deux particularités météo : la bise et les marronniers.
La bise est un vent d’est froid et sec qui glace la ville durant l’hiver – et nourrit abondamment les conversations sur le temps qu’il fait ! Quant au marronnier, il fait office d’indicateur des variations climatiques. En effet, chaque année depuis plus de 200 ans, la Ville de Genève note méticuleusement la date d’apparition de la première feuille du marronnier. Et ce faisant, elle s’est constitué l’une des plus longues séries d’observation de plantes au monde.
Mais revenons-en à l’OMM : la Suisse et Genève sont très fières d’en héberger le siège.
Et à l’inverse, je pense que l’OMM apprécie aussi son implantation à Genève, une ville qui abrite pas moins de trente organisations internationales, dont beaucoup opèrent dans les domaines de l’environnement et de la protection contre les dangers naturels.
Mesdames et Messieurs,
Vous êtes réunis ici, à ce 17e Congrès de l’OMM, pour jeter les bases de la politique et de la stratégie de l’organisation pour ces prochaines années.
Cette réflexion, vous serez certainement de mon avis, doit s’inscrire dans le contexte des Nations Unies et des importantes avancées réalisées dans ce cadre, en particulier ces quatre dernières années, soit depuis le dernier congrès de l’OMM.
Mentionnons par exemple le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, qui a pour objectif d’augmenter la capacité des Etats à faire face aux dangers naturels.
Nous savons que 75 % des catastrophes naturelles sont liées à des facteurs climatiques. Ce qui montre bien le rôle primordial que l’OMM et les services météorologiques de ses Etats membres ont à jouer dans l’application des mesures adoptées.
La Suisse mise en première ligne sur la prévention.
L’un des principaux outils de prévention consiste à prédire précisément les catastrophes climatiques. Dans ce domaine, il est réjouissant de constater que les services météorologiques et les organisations internationales spécialisées sont déjà à la pointe du progrès.
L’OMM est également un acteur important de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Le 5e Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a permis de préciser les différents scénarios de changements climatiques auxquels il faut s’attendre.
Nous attendons maintenant avec impatience les débats de la Conférence des parties, qui se tiendra en décembre à Paris. Il s’agit d’aboutir à un nouvel accord universel qui succèdera au Protocole de Kyoto dans le cadre de la convention-cadre sur les changements climatiques.
Pour appliquer un tel accord, la communauté internationale a impérativement besoin d’informations fiables sur le climat, ses fluctuations et ses changements. Et ce sont l’OMM et ses Etats membres qui fournissent une grande partie de ces informations.
Et ce n’est pas leur seule contribution décisive puisque comme elle l’avait fait en créant le GIEC, l’OMM a déjà mis sur pied le Cadre mondial pour les services climatologiques (CMSC).
A l’heure où les exigences de la société et des décideurs politiques et économiques ne cessent de croître, ce congrès aura pour mission de décider les mesures nécessaires pour préserver, voire augmenter la force de frappe du Cadre mondial.
La Suisse soutient financièrement les efforts de l’OMM et du CMSC et je peux vous assurer qu’elle continuera de le faire.
De même, la Suisse entend renforcer son engagement au sein du GIEC, où siège le professeur Thomas Stocker comme coprésident du Groupe de travail I.
C’est ainsi que j’ai le plaisir de vous annoncer la candidature du professeur Stocker à la présidence du GIEC.
Mesdames et Messieurs,
Comme vous le savez, le président, le secrétaire général et l’ensemble du secrétariat de l’OMM ont accompli ces dernières années un travail exceptionnel.
Pour le secrétaire général, Monsieur Michel Jarraud, ce 17e Congrès de l’OMM sera le dernier.
Monsieur Jarraud, durant 12 ans, vous avez présidé aux destinées de l’OMM, ce qui n’a pas toujours été chose facile. A votre entrée en fonction surtout, l’on peut dire que vous n’avez pas toujours eu « la bise en poupe ».
Mais vous être toujours parvenu, aidé de votre équipe, à prendre la mesure des besoins de la société et, grâce aux démarches et aux projets initiés par votre organisation, à soutenir la communauté internationale dans la poursuite de ses objectifs.
Citons également, au nombre de vos réalisations, les progrès significatifs réalisés au niveau de la gouvernance de l’organisation.
En effet, aujourd’hui, pour beaucoup, l’OMM fait figure de modèle en matière de gouvernance. Et il n’est pas exagéré de dire que si l’OMM se porte comme un marronnier genevois –, vous en êtes le principal artisan.
Lors de ce 17e Congrès, vous allez donc élire un nouveau ou une nouvelle secrétaire général/e. Qui reprendra une organisation solide et bien établie. Mais où il reste encore beaucoup à faire.
Ces prochaines années, le secrétariat de l’OMM et ses membres devront impérativement rester à l’écoute des besoins de la société.
L’organisation ne saurait se contenter de prendre acte des décisions de politique environnementale. Elle doit avoir pour ambition de les appuyer et, grâce à son expertise en la matière, de les influencer.
Enfin, l’OMM doit rester capable de s’adapter aux évolutions techniques et scientifiques et de rester en tête dans ses domaines de compétences.
En prenant les bonnes décisions stratégiques, ce Congrès va créer les bases nécessaires au nouveau ou à la nouvelle secrétaire général/e pour assumer son mandat dans les meilleures conditions.
Pour cela, il est essentiel que les missions confiées au secrétariat par ce Congrès s’accompagnent d’un financement adéquat.
Certes, de nombreux Etats voient leur budget soumis à de fortes pressions, mais nous ne devons pas oublier que les subventions octroyées à l’OMM sont un investissement. Un investissement qui génère, au bout du compte, un retour sur investissement capital.
En prévision de la discussion sur le budget à l’ordre de jour, j’ai le plaisir de vous annoncer que la Suisse est prête à augmenter (modérément) sa contribution au fonctionnement de l’OMM.
Mesdames et Messieurs,
L’OMM réunit quasiment tous les Etats du monde. Elle est l’exemple même d’une collaboration internationale couronnée de succès.
J’espère que, lors de ce 17e Congrès, vous parviendrez à consolider encore cette collaboration. Puisse l’« esprit de Genève », symbole de coopération entre les nations, inspirer vos débats.
Grâce à votre engagement, vous œuvrez chaque jour au bien-être de l’environnement et de l’humanité. Soyez-en sincèrement remerciés.