Berne
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Discours prononcé en allemand et en français. Texte original, non traduit.
Sehr geehrte Herren Nationalräte
Sehr geehrte Frau Ständerätin
Sehr geehrter Kommissionspräsident
Sehr geehrte Damen und Herren
Liebe Jugendliche
Wenn man wie ich ziemlich jung in den Bundesrat gewählt wird, hat das schon gewisse Vorteile:
Es verlängert die Jugend.
Denn wie fühlt man sich garantiert jung?
Indem man sich mit Älteren umgibt.
Diese Methode hat der Präsident der Jugendkommission, Regierungsrat Pierre Maudet, vielleicht nicht gerade erfunden – aber doch perfektioniert:
Er ist ja noch jünger als ich.
Er ist schon als 15-Jähriger in die Politik eingestiegen.
Und wird sich wohl noch sehr lange sehr jung fühlen in der Schweizer Politik.
Im Ernst:
Es ist ein schöner Zufall, dass ich – als jüngster Bundesrat – auch für Jugendthemen zuständig bin.
Die Frage ist nur:
Gibt es eigentlich Jugendthemen?
Oder zeigt sich bei den sogenannten Jugendthemen bloss einfach am deutlichsten, was für eine Gesellschaft wir sind?
Ich bin überzeugt: Die Stärke eines Landes misst sich am Wohl seiner Jugend.
Dieser Satz steht zwar nicht in der Präambel unserer Verfassung – aber er würde dort durchaus Sinn machen.
Ein Land, das seiner Jugend keine Perspektive bietet, schwächt sich selber.
Das macht die gegenwärtige Lage in Europa klar.
Eine kürzlich publizierte Studie der Bertelsmann-Stiftung malt ein düsteres Bild von Europas Jugend.
Rund 26 Millionen Kinder und Jugendliche sind in Europa von Armut betroffen.
Die Jugendarbeitslosigkeit beträgt in einzelnen Ländern bis zu 50 Prozent.
Eine „lost generation“ kann sich das alternde Europa nicht leisten – weder gesellschaftlich noch wirtschaftlich.
Vor diesem Hintergrund wird deutlich:
Die Zukunftschancen und Lebensperspektiven der Jugend sind ein entscheidender Lackmus-Test der Politik.
Wie geht es nun den Jungen in unserem Land?
Die Antwort lautet: gut.
Die Jugendarbeitslosigkeit ist zwar jüngst leicht angestiegen. Sie ist mit 3,6 Prozent jedoch weiterhin vergleichsweise tief.
Erfreulich ist auch das wichtigste Resultat der Studie „Ich und meine Schweiz“ über die Situation der 17-Jährigen in der Schweiz.
Im Gegensatz zu Jugendlichen in anderen europäischen Ländern hält die Jugend hierzulande grossmehrheitlich ihre berufliche Zukunft für viel versprechend.
Aber es gibt auch Befunde, die uns zum Nachdenken anregen müssen – und zum Handeln auffordern:
Einerseits befürworten drei Viertel der Jugendlichen eine gerechtere Rollenverteilung in Beruf und Familie, so dass junge Mütter berufstätig bleiben können.
Anderseits unterstützen die jungen Frauen deutlich stärker als die jungen Männer eine egalitäre Teilung von Arbeit in Beruf und Familien.
Diese Aussagen lassen sich fast noch schwerer vereinbaren als Beruf und Familie…
Ich hoffe nicht, dass hier eine Generation von Männern heranwächst, die dereinst sagen wird:
„Vereinbarkeit von Beruf und Familie? Dafür ist bei uns meine Frau zuständig.“
Im Ernst, meine Damen und Herren
Die Vereinbarkeit von Beruf und Familie ist – zumal unter den Bedingungen des verschärften internationalen Wettbewerbs – eine Art von Schicksalsfrage geworden für unsere Gesellschaften.
Wenn wir als Gesellschaft langfristig reüssieren wollen, brauchen wir selbstverständlich Frauen und Männer – zu Hause und an der Arbeit.
Meine Damen und Herren
Die 17-Jährigen sind eine – zumindest auf den ersten Blick – paradoxe Generation:
Sie sind vernetzt, international geprägt und informiert wie noch keine Generation vor ihr
gleichzeitig sind sie traditionellen Werten stark verbunden
und sie denken – trotz der Internationalität ihres „mindsets“ – auch stark in nationalstaatlichen Kategorien.
Und die Jungen gewichten ihr eigenes Wohl – das Privatleben wie auch die Ausbildung und den Beruf – höher als das Engagement in der Gesellschaft oder in der Politik.
Meine Damen und Herren
Hier stehen wir alle in der Pflicht: Wir müssen uns immer wieder hinterfragen, ob wir in der Politik genug tun, um den Jungen die Wichtigkeit des Politischen zu vermitteln.
Denn selbstverständlich sind die Jungen – und auch schon die Kinder – genuin politisch:
Indem sie nämlich frei von Vorurteilen über die Welt nachdenken.
Indem sie vermeintlich naive, tatsächlich aber tiefschürfende Fragen stellen.
Denn worin gründet das politische Bewusstsein?
In der Erkenntnis, dass die Dinge nicht einfach sind, wie sie sind.
Dass sie verändert werden können.
Aber politisches Bewusstsein braucht Grundlagen – Informationen, ein Sinn für Zusammenhänge.
Dass die News-Abstinenzler unter den Jungen sich stark mehren, wie eine Studie der Uni Zürich kürzlich befand, ist da keine gute Nachricht.
Dass „social media“ die traditionellen Medien bei den Informationen immer mehr verdrängen, muss keineswegs schlecht sein.
Aber wenn die überwältigende Mehrheit der geteilten Informationen aus Katzenfotos, Klatsch und Kuriositäten besteht, dann stellen sich doch demokratiepolitische Fragen.
Denn gerade die direkte Demokratie verlangt eine gewisse Ernsthaftigkeit.
Sie beruht vor allem auf Informationsarbeit und dem Wissen, dass unsere Institutionen vielleicht gerade deshalb so gut funktionieren, weil ihr Unterhaltungswert nicht überragend ist.
Ich hoffe, Sie verzeihen mir diesen kleinen Exkurs.
Um ganz frei von Kulturpessimismus zu sein, bin ich dann doch nicht jung genug…
Mesdames et Messieurs,
Depuis 40 ans, la Suisse a la chance de posséder une commission dédiée aux questions liées à l’enfance et à la jeunesse. Celle-ci observe au plus près les jeunes générations et représente leurs intérêts. Avec détermination, engagement et succès !
La Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse se consacre à une thématique précise durant deux ans en moyenne.
Avant de réaliser l’étude qui est au centre de cette conférence, la CFEJ s’est ainsi consacrée à la consommation et au risque d’endettement pour les jeunes.
Bon nombre des sujets abordés ces quarante dernières années sont des thèmes récurrents.
La participation, la formation, la santé ou la violence, étaient déjà centrales lorsque la commission a débuté ses activités. Avec l’élargissement de son mandat aux enfants, la protection des enfants et l’engagement pour leurs droits sont venus s’y ajouter.
Mais le vrai succès de la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse, ces dernières années, c’est d’avoir réussi à ancrer ses thématiques au cœur du débat politique.
Mesdames, Messieurs,
La Confédération veut favoriser le bien-être physique et intellectuel des enfants et des jeunes.
La Confédération veut promouvoir l’intégration sociale, culturelle et politique des enfants et de jeunes.
Ce soutien fédéral, souvent assorti de collaborations cantonales et communales, s’exprime de diverses manières :
Jeunesse et Sport, que tout le monde connaît, propose 63 000 cours et camps dans près de 70 sports et disciplines. Des centaines de milliers de jeunes en profitent chaque année.
En matière de santé publique, la Confédération met l’accent sur la promotion de la santé et la prévention. Dès le plus jeune âge et dans des domaines aussi variés que la santé psychique, le tabagisme, la prévention de la violence ou les mutilations génitales féminines.
Dans le champ culturel, le programme « Jeunesse et musique » a pour objectif d’amener les enfants et les jeunes à pratiquer des activités musicales.
Les échanges et la mobilité des jeunes au niveau national sont encouragés. Avec l’objectif d’améliorer les compétences linguistiques et culturelles de chacun, bien sûr, mais aussi de renforcer la cohésion nationale.
L’Office fédéral des assurances sociales fait beaucoup pour la politique de l’enfance et de la jeunesse en général, et je peux vous citer ces domaines d’action en particulier :
La mise en œuvre de la Convention des droits de l’enfant, et la préparation de mesures visant à appliquer les recommandations émises par le Comité des Nations Unies pour les droits de l’enfant en janvier 2015.
La mise en œuvre de la loi sur l’encouragement de l’enfance et de la jeunesse. Avec un soutien fort à la réalisation de projets et programmes.
Le rapport sur le renforcement de la participation politique des jeunes.
La poursuite, après la fin du programme « Jeunes et médias », de quelques réflexions spécifiques. Je pense ici, notamment, à une éventuelle législation en matière de films et de jeux vidéo.
Mesdames et Messieurs,
La Suisse fait beaucoup pour que ses enfants et ses jeunes aillent bien. Surtout, elle doit tout mettre en œuvre pour leur donner des perspectives.
Ce ne sont pas les défis qui manquent : une école primaire efficace, des entreprises formatrices engagées et autant de places de formation universitaire que de places de crèches.
Il faut que tous puissent développer leurs capacités, découvrir et déployer leurs talents ! Qu’ils aient pour ce faire le temps et l’espace nécessaires.
Car la jeunesse d’aujourd’hui doit s’affirmer sur un marché du travail « européanisé », voire globalisé, y compris en Suisse.
L’égalité des chances est essentielle. D’autant plus si l’on veut éviter une société à deux vitesses, et l’émergence d’une Suisse d’en haut et d’une Suisse d’en bas.
Nous vivons à une époque où les jeunes sont confrontés très tôt à des exigences élevées.
Il est d’autant plus important qu’ils puissent profiter de cet âge si capital pour leur développement.
Est-ce chercher la quadrature du cercle ? Peut-être, mais il ne faut pas s’inquiéter pour autant, la Suisse excelle dans cet exercice.
Pour terminer, j’aimerais vous lire ce passage d’une lettre que m’a envoyée récemment une enfant de 12 ans. Elle m’a écrit ceci :
« Je suis une enfant ! Alors laissez-moi être une enfant !
Laissez-moi faire des bêtises. Je veux faire des erreurs.
Je ne veux pas toujours faire ce qui est juste.
Comment apprendre à décider, si vous le faites tout le temps pour moi ? ! »
Avoir le droit de décider seule. De faire des erreurs. De formuler des demandes.
En tout cas, je ne me fais pas de souci pour elle.
Et lorsque je lis sa lettre, je suis convaincu que la Suisse peut avoir confiance en sa jeunesse. Et donc en son avenir.
Je vous remercie.