Liban
Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Votre Béatitude,
Je suis honoré par votre hospitalité et votre disponibilité ainsi que de celle de vos invités.
Je l’interprète comme un signe d’amitié à l’égard de la Suisse, mais aussi comme un signe d’intérêt pour l’expérience historique de mon pays qui, à travers les siècles, a appris à vivre dans la diversité et la tolérance. Je serais heureux de poursuivre l’échange avec vous à ce sujet.
A l’heure où le Moyen-Orient est fragilisé par des rivalités que certains tentent de présenter comme religieuses, les chefs spirituels ont une responsabilité accrue pour montrer à leurs communautés respectives les voies du dialogue, de l’ouverture et de la paix. Ce sont des voies ardues.
Comme la Suisse l’a appris parfois dans la douleur, les efforts pour persévérer sur la voie du respect de l’autre ne sauraient être relâchés. Il s’agit d’une œuvre qui exige de nous une constante mobilisation. Cela est aussi vrai dans mon pays.
Comme l’a très justement écrit le célèbre écrivain franco-libanais, Amin Maalouf, les individus sont toujours riches d’identités multiples et circonstancielles.
Se souvenir de cela est le meilleur remède contre le poison des idéologies simplistes. Je me réjouis de l’occasion que vous m’offrez aujourd’hui de discuter avec vous et vos éminents invités de ces questions d’une actualité brûlante.
Avec ces mots, permettez-moi, votre Béatitude, de vous remercier encore chaleureusement de votre accueil !