Bruxelles

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Mondialisation, inégalités, guerres, mouvements migratoires, crises sanitaires, changement climatique : à l’heure actuelle, aucun pays n’est en mesure de répondre seul aux défis qui se présentent.

Alors que ces défis se multiplient et s’internationalisent, le multilatéralisme est mis sous pression et nous assistons à une érosion du système international fondé sur le droit.

C’est là le grand paradoxe de notre temps.

La mondialisation a certes contribué à la réduction de la pauvreté. Mais dans certains pays, elle a contribué à accroître les inégalités, qui s’aggravent parfois sous l’effet d’une gouvernance déficiente.

Un phénomène qui favorise également la montée des populismes ou des nationalismes.

La Suisse ressent elle aussi les effets de ces évolutions. Mais elle reste fermement convaincue que la coopération internationale profite à tous et s’engage pour un multilatéralisme fort, concret et efficace.

L’ASEM est l’un des cadres dans lesquels ce multilatéralisme peut et doit être promu. La Suisse apprécie le caractère informel de l’ASEM, qui favorise les échanges entre les pays européens et asiatiques. Ces échanges jouent un rôle important pour débattre la mise en œuvre des règles existantes.

Plateforme politique favorisant le dialogue entre les deux continents, l’ASEM n’est pas seulement un lieu où l’on parle de l’avenir, mais où on le construit également : au travers de projets concrets qui établissent des ponts entre l’Europe et l’Asie.

Je pense par exemple à la Fondation Asie-Europe, que la Suisse co-finance et qui mène des projets d’échange socioculturel, tels que le « séminaire informel de l’ASEM sur les droits de l’homme » ou la formation conjointe en diplomatie publique.

Nos continents ont un poids considérable à l’échelle globale, qu’ils peuvent encore renforcer en coopérant plus étroitement. Tous les Etats sont gagnants lorsque les autres sont perçus comme des partenaires potentiels et non comme des concurrents.

Dans ce contexte, l’ASEM est une réponse à un paradoxe de notre temps.

Je vous remercie de votre attention.

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