Bangui

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Madame la Présidente de la Cour Constitutionnelle,
Madame la Ministre des Affaires étrangères
Madame la Présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale,
Monsieur le Maire de Bangui,
Excellence,
Chers partenaires,
Chères concitoyennes et chers concitoyens suisses,
Mesdames, Messieurs,

Soyez les bienvenus à cette soirée de rencontres et d’échanges.
J’ai souhaité commencer ma visite en République centrafricaine par ce moment de partage avec des artistes centrafricains tout à l’heure, mais aussi avec les partenaires et les amis de la Suisse, ainsi qu’avec la communauté suisse résidente en Centrafrique.

Je tenais beaucoup à partager ce moment très particulier – la première visite d’un membre du Conseil fédéral suisse en République centrafricaine – avec vous, chers amis de la Suisse.

L’année dernière, le Président Touadéra a eu la courtoisie de m’inviter à me rendre dans son pays.

Les engagements de mon année présidentielle ne m’ont malheureusement pas permis d’honorer cette invitation en 2018, mais il me tenait à cœur de faire ce voyage. Ce qui peut enfin se faire aujourd’hui.

La Centrafrique est un pays fascinant et un partenaire très intéressant pour nous. Je pense notamment à l’initiative « Appel à l’action – La couverture sanitaire universelle dans les situations d’urgence ».

Les liens que j’ai tissés avec le Ministre de la Santé et de la Population, Docteur Pierre Somse, m’ont donné l’opportunité d’approfondir ma compréhension de la réalité et des défis de la République centrafricaine.

Les objectifs de ce voyage concernent des domaines essentiels, tels que la santé, l’action humanitaire, les questions de paix ou les relations bilatérales.

Grâce à son programme de coopération internationale, la Suisse s’engage avec ses partenaires pour apporter son soutien à la RCA dans le domaine de la santé. Elle a notamment pour objectif d’assurer une couverture sanitaire aussi universelle que possible.

Sur le plan humanitaire, mon pays s’engage depuis des années en faveur des populations centrafricaines lourdement affectées par la violence et les conflits. Notre action se focalise sur la protection des civils, la santé et la nutrition ainsi que la sécurité alimentaire.

Je tiens à cette occasion à remercier tous nos partenaires et notamment les humanitaires présents ce soir.

Je vous dis merci pour votre engagement généreux et indispensable en faveur des plus démunis. D’autant que la Centrafrique détient un triste record : celui du nombre le plus élevé d’attaques et de violences à l’encontre des acteurs humanitaires et du personnel de santé.

Et c’est justement dans un contexte comme celui-ci que les effets néfastes de la violence sur l’accès aux services de base sont les plus visibles. Cette difficulté à assurer des accès a des conséquences dramatiques, notamment dans le domaine de la santé.

En RCA, tout comme en Afghanistan, en République démocratique du Congo ou en Syrie, la promotion de la couverture sanitaire universelle dans les situations d’urgence s’articule autour de quatre principaux piliers :

le renforcement du système de santé ;
la collaboration de l’aide humanitaire et de la coopération au développement ;
le renforcement des droits humains et du droit international humanitaire,
ainsi que la recherche et la collecte des données.

Le déplacement de demain à Kaga-Bandoro et les entretiens de ces deux prochains jours nous donneront l’opportunité d’évoquer plus directement l’ensemble de ces aspects.

Mesdames, Messieurs,

Je suis bien conscient que ma visite se déroule dans un moment clé pour le pays. Il y a quelques semaines seulement, le Gouvernement centrafricain et les représentants des groupes armés signaient l’Accord pour la Paix et la Réconciliation.

Des défis considérables attendent le Gouvernement et ses partenaires en vue de la mise en œuvre de l’Accord.

Afin d’éviter que ce document ne reste lettre morte, comme d’autres accords auparavant, la volonté et la détermination des acteurs nationaux, régionaux et internationaux seront primordiales.
La République centrafricaine partage avec la Suisse au moins deux caractéristiques fondamentales : une grande diversité et le fait d’être un pays enclavé.

Tout comme la Suisse, ce pays est une mosaïque d’identités linguistiques, culturelles et religieuses. Afin de reconstruire les institutions, redéployer l’État et renforcer la cohésion nationale, il est nécessaire que toutes et tous participent à cet effort commun.

En Suisse, nous avons eu besoin de plusieurs siècles pour développer une formule du « vivre ensemble » adéquate.
Et ce vivre-ensemble n’est jamais complètement acquis, il faut y être attentifs en permanence.

L’identité et la citoyenneté centrafricaines doivent être reconstruites au-delà des profonds clivages aggravés par des décennies de violence, de conflits et d’exclusion.

Les populations font preuve d’une résilience et d’un courage extraordinaires.

Différents milieux de la société civile demandent maintenant le partage des dividendes de la paix en termes d’accès à la santé, à l’éducation et à la justice ainsi qu’une répartition équitable des riches ressources nationales.

La mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation implique également d’écouter et d’inclure cette société civile.

Quant à la seconde caractéristique commune à nos deux pays, permettez-moi de partager avec vous l’expérience suisse : l’établissement de bonnes relations avec ses voisins est essentiel.

D’autant plus, lorsque ces derniers sont, dans votre cas comme le nôtre, des voisins de poids. Il s’agit probablement de la meilleure manière de promouvoir vos valeurs et intérêts dans la région. L’exercice n’est pas facile, ni en Europe ni en Afrique, mais il en vaut largement la peine.

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement fier de constater que l’engagement de la Suisse en Centrafrique est apprécié par les autorités nationales, la société civile ainsi que par la communauté internationale.

La mise en place d’instruments humanitaires, de sécurité humaine et de développement en Centrafrique répond, d’une part, aux besoins objectifs des populations centrafricaines et, d’autre part, aux sollicitations des acteurs centrafricains et de nos partenaires.

La neutralité, la crédibilité et l’expertise de la Suisse sont des atouts pour contribuer à la paix et à la prospérité des Centrafricaines et des Centrafricains.

Merci pour votre accueil à Bangui.
Je me réjouis vraiment d’être ici.

Icônes : Icons8