Venise

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en allemand, en français et en italien. Texte original, non traduit.

Die diesjährige Biennale steht unter dem Motto: «May You Live in Interesting Times».

Als Bundesrat ist das für mich eine Provokation.
Die Schweizer Politik arbeitet ja eher an der Langeweile –
wir nennen das dann Stabilität…

«Interessant» ist ein ziemlich listiges Wort.

In England zum Beispiel heisst «interesting» das exakte Gegenteil.
«Oh, what an interesting idea!» ist kein Lob.
Man sagt damit vielmehr: diese Idee ist komplett schwachsinnig.

Im deutschen Sprachgebrauch sind wir da etwas netter.
Wenn eine Idee «interessant» ist,
meinen wir das zwar wirklich ernst,
aber wir sagen damit zugleich:
Diese Idee hat nicht die geringste Chance, verwirklicht zu werden.
Zumindest nicht in den nächsten 50 Jahren…

Im Wort «interessant» steckt viel, auch sein Gegenteil.
Das macht es interessant nicht nur für die Politik. Sondern auch für die Kunst.
Das Motto der Biennale ist deshalb auch ein Versprechen.
Es verspricht Vielfalt. Kurator Ralph Rugoff soll über 2000 Künstlerateliers besucht haben.
Es verspricht einen differenzierten Blick auf die Gegenwart.
Und es verspricht jene Fragen zu vertiefen, die uns beschäftigen.
Jene Fragen, die eben nicht so einfach zu beantworten sind. Die «interessanten» Situationen der Gegenwart:
Die Ungleichheit in den westlichen Gesellschaften nimmt zu – aber global gesehen nimmt sie ab.

Die geopolitische Lage ist zwar instabiler geworden – aber die Zahl der Kriegstoten ist historisch eher tief.

Das Internet offenbart erschreckende Abgründe – aber es steht auch für eine Demokratisierung der Debatten.

Die digitale Revolution bedroht viele Arbeitsplätze – aber sie befreit uns auch von repetitiven Tätigkeiten und eröffnet neue Möglichkeiten.

Mesdames et Messieurs,

La devise de la Biennale témoigne d’un sens certain de l’à-propos.

Car à une époque marquée par les « fake news », les clivages sociaux et les durcissements politiques, il est important
de ne pas craindre la complexité.

À une époque marquée par l’incertitude, il est important
de connaître notre marge de manœuvre.

C’est précisément ce que propose le Pavillon suisse.

Dans l’installation de Pauline Boudry et Renate Lorenz, la frontière entre acteurs et spectateurs est floue.
Comme dans une boîte de nuit.
Ou comme en politique !
Une manière de brouiller les cartes, de créer la confusion.
Cette confusion qui a aussi un côté libérateur.

Dans « Moving Backwards », les artistes explorent
le mouvement physique du recul,
en écho à la tendance actuelle de repli et de fermeture,
et cherchent à en faire émerger de nouvelles formes d’action.

« Moving backwards », cela peut aussi vouloir dire :
Reculer pour mieux sauter.

Et reculer pour mieux sauter, c’est admettre que
les évolutions ne suivent pas un tracé linéaire,
mais que leur parcours est plutôt dialectique ou « intéressant » justement.

À une époque « intéressante », beaucoup cherchent refuge dans ce qui leur est familier.
Les stéréotypes se renforcent.
Mais à une époque « intéressante », il est aussi plus facile de remettre en question ces stéréotypes.
Et de goûter ainsi à une nouvelle liberté.

À une époque « intéressante », la création expérimentale et critique des artistes est plus indispensable que jamais. Elle propose :
des espaces de liberté d’action et de pensée,
des incitations à agir, à réagir, à interagir.

La politique culturelle de la Confédération se situe elle aussi entre ces deux pôles :
le côté familier, qui s’appuie sur des bases éprouvées et nous sert en quelque sorte de refuge ;
et le côté expérimental et critique, qui nous aide à sortir de notre zone de confort.

Le Conseil fédéral examinera le Message culture 2021-2024 d’ici à l’été. Celui-ci conservera ses trois axes principaux :
« participation culturelle », « cohésion sociale » et « création et innovation ».
Ce message s’inscrira donc dans la continuité.

Mais il s’orientera également davantage sur d’autres thèmes, comme la numérisation, qui s’est aussi imposée ces dernières années dans le domaine culturel.

Gentili Signore e Signori,

desidero ringraziare tutte le persone che hanno collaborato all’allestimento del padiglione svizzero.

Auguro a tutti una – vogliamo proprio dirlo? Ma sì, diciamolo! – interessante visita!

Icônes : Icons8