Locarno
Seul le texte prononcé fait foi.
Chers amis du cinéma,
Nous pourrions nous prélasser sur notre canapé en profitant tranquillement d’une séance de streaming.
Illimitée et sans publicité – partout et tout le temps.
Pour un forfait mensuel avantageux.
Un service clair, NET et FIXE.
Mais nous sommes ici ! À Locarno.
Pourquoi ?
Parce que nous ne savons pas exactement ce qui nous attend.
Le Festival du film de Locarno, c’est :
aller à la rencontre de l’inattendu.
Le contraire, donc, de l’algorithme
qui sait toujours, avant nous, comment nous voyons le monde.
Oui, nous nous embarquons ici dans une aventure.
Comme l’avait déclaré l’auteur Guglielmo Volonterio à l’occasion du 40e anniversaire du festival :
« À Locarno, la relation entre le film et les spectateurs est très directe,
sans malentendus
et sans ambiguïtés. »
À l’époque déjà, il exprimait cependant aussi des craintes qui rappellent celles d’aujourd’hui, de façon presque prophétique. Je cite :
« L’image grand format de l’écran de cinéma semble aller vers le spectateur,
tandis que le petit écran de télévision exige qu’il se rapproche de lui,
comme si le spectateur voulait se fondre dans l’écran. »
Voilà ! Depuis, nous sommes tous complètement intégrés dans l’écran,
je veux dire :
dans le TOUT PETIT ÉCRAN…
et nous nous retrouvons encore à Locarno devant ce grand écran, malgré tout. Ou plutôt en raison de tout cela.
Locarno est le rendez-vous de toute la Suisse.
Mais aussi de l’Europe
et du monde.
Le cinéma suisse est désormais devenu presque aussi international que Locarno.
La Suisse étant un petit pays composé de différentes régions linguistiques et culturelles, l’industrie du cinéma est tributaire de la coopération internationale.
C’est pour cette raison que la politique d’encouragement du cinéma de l’Office fédéral de la culture fait la part belle aux coproductions.
Chers amis du cinéma,
Malgré ma remarque sur Netflix au début, je ne suis pas du tout opposé au progrès technologique.
Au contraire. Il facilite grandement le travail du gouvernement.
J’ai par exemple une application qui m’indique quand reprennent les négociations avec Bruxelles –
bon, il ne se passe pas grand-chose sur cette appli depuis quelque temps.
J’ai donc le temps de participer à des apéritifs. Et de faire des discours.
Mon appli me dit justement qu’après cette introduction, il faudrait songer à entrer dans le vif du sujet…
Non, fake news !
Ne vous inquiétez pas.
J’ai terminé.
Une dernière chose :
Vous ne trouvez pas que ce « fake news » faisait très naturel dans ma bouche ?
Parfait, n’est-ce pas ?
Nous autres conseillers fédéraux, nous parlons parfaitement anglais…
Lorsque nous restons brefs – très brefs…
That’s it.
Thank you !