Genève

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Madame la Directrice,

Madame la Secrétaire générale,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Au nom de la Suisse, je vous souhaite la bienvenue à Genève,
pour la 18e session de la Conférence des Parties
à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Je tiens tout d’abord à exprimer ma vive et profonde reconnaissance au gouvernement du Sri Lanka pour les énormes efforts consentis – financiers et humains – en vue de la tenue de cette 18e session.

Celle-ci aurait dû se dérouler à Colombo. Mais suite aux terribles attentats qui ont frappé ce printemps plusieurs villes du pays, les organes directeurs de la CITES ont décidé de la reporter et de la déplacer à Genève.

En mon nom personnel et au nom du Conseil fédéral, j’aimerais une fois encore exprimer mes sincères condoléances aux victimes de ces attentats.

Je remercie également le Secrétariat CITES, ainsi que les Parties à la Convention, pour leur réaction rapide qui a permis l’organisation dans les délais de cette 18e session.

La Suisse est étroitement liée à la CITES. Dépositaire de la Convention, pays hôte du Secrétariat et partie contractante, elle s’est fortement engagée pour sa défense.

La CITES est une convention indispensable dont l’objectif est au cœur des débats actuels liés à la durabilité.

Dans le domaine de la faune et de la flore sauvages, le risque d’extinction de nombreuses espèces appelle des réponses fermes et urgentes qui vont en effet au-delà du cadre de la CITES.

Les changements climatiques, et plus particulièrement la hausse des températures, entraînent de graves conséquences environnementales, qui mettent en danger la diversité des espèces.

Incendies de forêt, inondations, ouragans ou sécheresse : en 2018, aucune région du monde n’a été épargnée.

Des mesures de protection de l’environnement et du climat sont urgentes et nécessaires. Et tous les pays sont appelés à faire des efforts et à réduire leurs émissions de CO2.

C’est l’avenir de la biodiversité qui est en jeu.

Grâce à la CITES, divers processus visant à assurer une gestion durable des plantes et des animaux menacés ont été mis en place.

La Convention peut ainsi se targuer de nombreuses réussites. Je citerai en particulier à la protection de l’alligator américain, de la vigogne et du Palo Santo ou bois de vie.

Grâce aux règles développées par la CITES – ainsi qu’aux mesures prises dans les pays d’origine – les effectifs de ces espèces ont pu être sauvegardés voire augmentés.

Mais les réussites obtenues ne doivent pas masquer les défis actuels auxquels les Parties à la Convention CITES sont confrontées.

Je pense, par exemple, au nombre croissant d’animaux et de plantes inscrits dans les annexes CITES.

Cette augmentation implique en effet pour les autorités des investissements importants, afin de garantir l’application de la Convention et la mise en œuvre efficace des résolutions prises.

Lors de cette session, plusieurs propositions seront d’ailleurs discutées pour améliorer la mise en œuvre de la convention et uniformiser son application.

Une de ces mesures concerne la numérisation des permis et des processus CITES, qui permettra d’améliorer la traçabilité des flux commerciaux.

Ces documents numérisés seront utiles dans la lutte contre le commerce illégal et la corruption.
Ils permettront aussi de faciliter et de renforcer la confiance dans les échanges commerciaux.

L’intensification du braconnage et du commerce illégal d’espèces inscrites aux annexes de la Convention est un autre défi que nous devons relever.

Il appelle une réponse globale et une intensification de la coopération nationale et internationale.

C’est à l’échelon mondial que nous devons lutter contre le braconnage et le trafic d’espèces protégées, notamment en donnant aux populations locales d’autres moyens d’assurer durablement leur subsistance.

Une gestion durable des espèces menacées implique en effet de prendre en compte les intérêts et les besoins des pays où résident ces espèces.

Dans le domaine du commerce illégal, nous devons établir un cadre juridique fort, mais aussi le mettre en œuvre de manière décisive.
Et cela implique davantage de coopération.
Entre les autorités chargées de l’application de la CITES et celles chargées de l’exécution des peines.
Entre le secteur public et le secteur privé.

La Genève internationale est à ce titre un endroit idéal pour développer et mettre en œuvre de nouvelles approches et de nouvelles initiatives collaboratives.

Elle offre en effet un cadre privilégié pour des échanges entre
la communauté scientifique, les agences onusiennes,
les organisations internationales, les ONGs,
le secteur privé et les 179 Etats représentés à Genève.

Il est d’ailleurs encourageant de constater, qu’au cours des dernières années, de grands progrès ont été réalisés dans le domaine de la collaboration et du renforcement du cadre juridique.

Pour prendre un exemple très récent :
Il y a trois jours, le gouvernement suisse a ainsi proposé de durcir les sanctions pénales en cas de commerce illégal d’animaux et de plantes protégés.
A l’avenir, les cas graves devraient être considérés comme des crimes.

Mesdames et Messieurs,

En poursuivant la mise en œuvre de la CITES, nous apportons une contribution importante à la réalisation des objectifs du développement durable et de l’Agenda 2030.

Nous devons prendre d’urgence des mesures énergiques pour
réduire la dégradation du milieu naturel,
mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité et
protéger les espèces menacées d’extinction.

Un commerce durable et réglementé constitue souvent une protection plus efficace qu’une interdiction pure et simple du commerce.

Je suis convaincu que vous trouverez des réponses innovantes et consensuelles aux questions qui se posent – et cela dans un esprit de collaboration et d’inclusion fidèle à l’esprit de la Genève internationale.

La Suisse continuera à s’engager en faveur de la CITES et d’un multilatéralisme fort.
Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons relever les défis concernant le commerce international des espèces menacées d’extinction.
Je vous souhaite de fructueux échanges.

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