La Chaux-du-Milieu

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Madame l’Ambassadrice,

Messieurs les conseillers nationaux,

Mesdames et Messieurs,

Cher Bernard,

Je reviens toujours avec plaisir en terres neuchâteloises.
Surtout dans le Haut.

Pour son esprit révolutionnaire et son ouverture d’esprit.
Et désormais pour la photographie.

Du Pays d’Enhaut à la Vallée de la Brévine, le festival Alt. +1000 ne craint ni l’altitude ni les paradoxes.

En effet, exposer la fonte des glaciers et le réchauffement climatique dans une contrée qui célèbre chaque année la Fête du froid ne manque pas d’audace.

L’homme laisse des traces dans la nature.
Sur la montagne aussi – c’est indéniable.

Et les photographes sont heureusement là pour nous le rappeler de différentes manières.

Il y a les pessimistes comme le photographe autrichien Lois Hechenblaikner, qui a documenté les ravages du tourisme dans les montagnes.

Il y a les malicieux comme Martin Parr de l’agence Magnum, qui a illustré les comportements parfois bizarres des touristes à Zermatt ou à la Kleine Scheidegg.
Le Musée des Beaux-Arts du Locle expose d’ailleurs plusieurs clichés des photographes de l’agence Magnum. On y voit la fascination de l’homme pour les sommets.

Et il y a les poétiques comme Monique Jacot qui a entre autres immortalisé le Val d’Anniviers et qui montre la beauté et l’âpreté de la montagne.

Monique Jacot qui a aussi passé un hiver à la Brévine, une expérience que l’on peut découvrir dans le cadre de ce festival.

Il y a encore beaucoup d’autres photographes qui ont choisi la montagne comme thème de prédilection. Le programme proposé par les organisatrices et organisateurs du festival nous en offre un large aperçu.

J’aimerais encore souligner ici l’importance de la culture.
La culture permet aux individus de se définir,
contribue à la cohésion sociale,
est un laboratoire d’innovation et un moteur pour l’économie.

Ce n’est pas Bernard Soguel qui dira le contraire : la culture est ainsi un formidable outil de promotion économique.

Le Musée des Beaux-Arts du Locle, véritable institution locale, l’illustre bien. Grâce à la programmation exigeante, au professionnalisme et à la passion de l’équipe dirigeante, il contribue au rayonnement de la région, en Suisse et à l’étranger.

La culture de qualité a un prix. Ne l’oublions pas au moment de boucler les budgets.

De l’alpage au fromage : la transition peu avant l’heure du repas est facile.

Car la région de la Brévine est non seulement connue pour ses températures sibériennes, ses tourbières et Raymond Clottu.
Elle l’est aussi pour son Gruyère. Et croyez-moi, comme Fribourgeois, c’est difficile à avaler.

Je n’ai par contre aucun doute sur la qualité de saucisson neuchâtelois qui doit désormais être à point.

La traditionnelle torée nous attend et je vous souhaite un bon appétit.

Icônes : Icons8