Fribourg

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Madame la conseillère d’Etat,

Messieurs les anciens conseillers d’Etat,

Mesdames et Messieurs les représentants des autorités politiques,

Mesdames et Messieurs,

Mesdames et Messieurs,

« Nous voilà beaux, nous voilà jolis. Ankylosés, soumis, sous les kilos de calories.
On est foutu, on mange trop. »

Ce n’est pas moi qui le dis, mais un autre Alain qui le chante.

Souchon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, aurait aussi pu dire
« On est foutu, on mange mal. »

La situation n’est certes pas aussi dramatique.

Il n’empêche que MenuCH, la première enquête nationale
sur l’alimentation, a montré en 2017 que les Suisses mangent plus de viande que recommandé et consomment trop peu de produits laitiers.
Sans compter que nous mangeons souvent trop salé, trop gras et trop sucré.

Conséquence : de plus en plus de personnes sont en surpoids et souffrent de maladies non transmissibles, comme le diabète, le cancer ou les maladies cardiovasculaires.
En Suisse, 41% des adultes et 19% des enfants sont en surpoids et environ 2,2 millions de personnes souffrent de maladies non transmissibles.

Ces maladies font grimper les coûts de la santé – ce qui bien sûr ne me réjouit pas en tant que ministre de la Santé – mais aussi les primes d’assurance maladie qui pèsent lourdement sur le budget des ménages.

Une alimentation équilibrée et variée ainsi que la prévention des maladies non transmissibles constituent une priorité du Conseil fédéral.

Dans sa Stratégie de nutrition 2017–2024, il poursuit trois objectifs :
renforcer les compétences nutritionnelles de la population grâce à des informations accessibles, compréhensibles et faciles à suivre au quotidien.
améliorer les conditions-cadres pour faciliter le choix d’aliments sains et disposer d’une offre de produits appropriée.
impliquer la filière alimentaire pour qu’elle contribue volontairement à une alimentation saine.

C’est la raison pour laquelle nous avons lancé, en 2015, la Déclaration de Milan, avec des fabricants et détaillants agroalimentaires suisses.

En signant cette déclaration, ces entreprises se sont engagées volontairement à réexaminer les recettes de leurs produits et réduire la teneur en sucres de leurs yogourts et de leurs céréales pour le petit-déjeuner.

Fin août, ces 14 entreprises ont décidé de prolonger la Déclaration de Milan jusqu’en 2024, et de réduire une nouvelle fois ces teneurs en sucres.
C’est une bonne nouvelle.
Les entreprises se sont en outre engagées à réduire les sucres dans d’autres produits encore à définir, et à réduire aussi le sel dans certains produits comme le pain.

La restauration collective est également un point fort de la mise en œuvre de la stratégie suisse de nutrition. C’est la raison pour laquelle l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a développé les standards de qualité suisse promouvant la santé, en collaboration avec différents partenaires dont la Fédération Fourchette verte.

En Suisse, près d’un million de personnes – dont de nombreux enfants et adolescents – mangent chaque jour dans un établissement de restauration collective, que ce soit une crèche, une garderie ou un restaurant d’entreprise.
C’est dire l’influence de ce type de restauration sur la nutrition.
Les fondatrices et fondateurs de la Fédération Fourchette verte l’avaient bien compris. Et ce depuis longtemps puisque cela fait maintenant 25 ans que vous vous engagez pour une alimentation de qualité dans les restaurants et cantines.

Plus de 1600 établissements sont désormais titulaires du label Fourchette verte dont plus des deux tiers s’adressent à des jeunes de moins de 16 ans.

La Fédération n’est d’ailleurs pas la seule à s’engager pour promouvoir une alimentation saine et des repas de qualité.
D’autres acteurs comme Promotion Santé Suisse, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et les cantons sont également actifs dans ce domaine.

Fourchette verte a été voulue par les pouvoirs publics et 25 ans après le lancement du label, c’est toujours une conseillère ou un conseiller d’Etat en charge de la santé qui la préside.

La collaboration entre les différents acteurs fonctionne bien – et je m’en réjouis. Elle est essentielle pour atteindre, de manière volontaire et non contraignante, les buts fixés.

Meine Damen und Herren

Hunger verursacht nach wie vor viel Leid auf der Welt.
In der Schweiz ist Hunger zum Glück kein Thema mehr.

Unser Ziel muss deshalb sein, dass wir unsere Nahrungsmittel umweltfreundlich und nachhaltig produzieren.
Dies ist im Übrigen eines der 17 Ziele für nachhaltige Entwicklung der UNO im Rahmen der Agenda 2030.

Auch die Restaurationsbetriebe tragen eine Verantwortung für die nachhaltige Entwicklung.

Betroffen ist die gesamte Lebensmittelkette
von der Produktion
über den Transport,
die Lagerung
und die Zubereitung
bis hin zur Entsorgung.

Auch hier hat Fourchette verte gezeigt wie es geht. Das Programm Ama terra liefert den Restaurants Impulse, wie die Grundsätze der nachhaltigen Entwicklung eingehalten werden können.

Die Ökologie wird berücksichtigt, aber auch die sozialen Bedingungen der Arbeiterinnen und Arbeiter in der gesamten Produktionskette sowie das Tierwohl in der Tierhaltung.
Schliesslich geht es auch darum food waste zu vermeiden.
Etwa ein Drittel der Nahrungsmittel in der Schweiz geht verloren oder wird weggeworfen. Das sind zwei Millionen Tonnen Nahrungsmittel pro Jahr.
Die Hälfte der Abfälle fällt in den Restaurants und in den privaten Haushalten an.

Mesdames et Messieurs,

Manger est un acte social qui va au-delà de la prise de nourriture. Pris dans une ambiance détendue et conviviale, un repas est à la fois source de détente, de bien-être et d’énergie.

Les traditions culinaires, les rituels et les règles à respecter à table favorisent les liens sociaux et renforcent la cohésion sociale.

Il est important que tout le monde en Suisse puisse choisir librement une alimentation équilibrée et variée, indépendamment de son âge, de son origine ou de son statut socio-économique.

Et il n’est pas interdit de manger des frites, des gâteaux du Vully ou des fondues moitié-moitié. C’est parfois souhaitable.

Car manger doit rester un plaisir et nous faire du bien.

Félicitations à Fourchette verte pour ses 25 ans d’engagement !

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