Genève
Manuscrit, non publié à l’époque. Texte établi d’après l’exemplaire de lecture. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégué(e)s,
Au nom de la Confédération suisse, je vous souhaite la bienvenue à Genève pour la 76e Assemblée mondiale de la Santé.
Cette Assemblée est exceptionnelle pour au moins deux raisons. Premièrement, l’Organisation mondiale de la santé, fondée en 1948, fête cette année son 75e anniversaire. Deuxièmement, et après plus de trois ans de pandémie, l’Organisation mondiale de la santé a pu déclarer la fin du COVID-19 en tant qu’urgence de santé publique de portée internationale.
Nous avons œuvré ensemble pour surmonter cette épreuve difficile. Et nous pouvons nous réjouir aujourd’hui des progrès accomplis. Mais nous devons rester vigilants.
Au cours des 75 dernières années, l’OMS a connu des échecs. Mais elle a aussi enregistré de grands succès.
L’histoire l’a démontré : lorsque nous avons la forte volonté commune d’avancer, nous pouvons réussir.
L’éradication de maladies mortelles comme la variole, le recul de la poliomyélite et de la rougeole ou les progrès en matière de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria en sont des preuves éclatantes.
C’est en continuant à mobiliser cette volonté commune que l’OMS progressera encore dans sa mission au service de la paix et de la sécurité mondiales.
Mesdames et Messieurs,
Depuis 75 ans, l’OMS s’engage avec ténacité et succès à promouvoir la santé pour tous. Aujourd’hui plus que jamais, cet objectif demeure notre première priorité.
La Suisse défend avec conviction l’aide aux populations les plus vulnérables confrontées à des situations d’urgence sanitaire. Elle le fait dans toutes les régions du monde frappées aussi bien par des conflits armés que par les effets du dérèglement climatique. Ces contextes, qui empêchent les populations d’accéder aux services sanitaires de base et favorisent la propagation des maladies, constituent un obstacle majeur à la santé.
Or la santé est un enjeu primordial. Elle constitue un des fondements de la sécurité et de la coexistence pacifique mondiales.
Lorsque les soins de santé sont dispensés et maintenus – avant et après un conflit – ils permettent non seulement de sauver des vies mais aussi de favoriser le retour à la paix. Et dans ce contexte, le rôle de l’OMS n’en devient que plus urgent.
Je suis d’autant plus heureux que l’Initiative Santé pour la paix, née d’une collaboration entre le Sultanat d’Oman et la Suisse, soit à nouveau à l’ordre du jour de cette Assemblée.
L’initiative vise à faire de la santé un facteur durable de promotion de la paix dans les situations de conflits émergents et lors de périodes post-conflits. La feuille de route proposée pour sa mise en œuvre vise à renforcer le rôle de l’OMS, en tant qu’agence sanitaire universelle, et le rôle du secteur de la santé, en tant que catalyseur pour la réalisation de cet objectif.
En collaboration avec le Sultanat d’Oman et en marge de l’Assemblée, la Suisse organisera un événement dédié à cette thématique le vendredi 26 mai à midi. Je vous invite d’ores et déjà à y participer afin d’approfondir ce dialogue important et nécessaire.
Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Nous le savons depuis 75 ans et la pandémie de Covid-19 nous l’a méchamment rappelé : nous devons collaborer, nous devons prendre soin de la santé, nous avons besoin d’une OMS forte.
Et si nous voulons que l’organisation se montre efficace lors de crises, nous devons – en tant qu’États membres – lui accorder les compétences nécessaires et un financement prévisible, stratégique et indépendant.
La résolution historique sur le financement de l’OMS lors de la dernière Assemblée a été un premier pas majeur. Lors de cette Assemblée, des décisions importantes pour concrétiser cette première étape doivent être prises.
La Suisse soutient pleinement la première augmentation des contributions obligatoires. Elle offrira à l’OMS une plus grande flexibilité et lui permettra de mieux remplir son mandat et de répondre à nos attentes élevées.
Mesdames, Messieurs,
La pandémie a démontré la nécessité de s’appuyer sur des instruments internationaux efficaces. C’est pourquoi la Suisse soutient le développement d’un nouvel instrument international pour la prévention et la préparation globales aux crises sanitaires. Les négociations qui se déroulent en ce moment à l’OMS nous permettent de réfléchir à ce que nous avons réussi collectivement par le passé et de nous pencher sur les lacunes qui subsistent.
La Suisse est également activement engagée dans le processus d’amendements au Règlement sanitaire international. Ce dernier représente un instrument indispensable et précieux de coopération. Il est de notre responsabilité d’œuvrer ensemble à son renforcement et à son efficacité dans l’application.
Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Il y a trois quarts de siècle, les nations ont eu une vision audacieuse en comprenant qu’un monde plus sain est un monde plus sûr. Pour promouvoir le niveau de santé le plus élevé possible pour tous, elles ont créé une nouvelle organisation, la nôtre.
« Il ne s’agit pas de prévoir l’avenir mais de le rendre possible », a dit un jour Antoine de Saint-Exupéry.
Au moment de souffler les 75 bougies de l’Organisation mondiale de la Santé, je nous souhaite, collectivement, de faire de la santé pour tous, un avenir possible.