Loèche

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Discours prononcé en anglais, en français et en allemand. Texte original, non traduit.

Monsieur le conseiller aux Etats,

Monsieur le président de commune,

Monsieur le directeur général d’EUMETSAT,

Mesdames et Messieurs,

It is an honour for Switzerland that EUMETSAT has chosen Leuk here in the canton of Valais as the location for this new ground station.

And it is a pleasure for me to inaugurate this powerful antenna today.

I would like to thank EUMETSAT and its director general Phil Evans for his trust and the excellent collaboration with the Federal Office for Meteo-rology and Climatology – MeteoSwiss.

Mesdames et Messieurs, Les satellites et les stations de réception au sol sont indissociables.

Comme la raclette et le Fendant ; la Coupe de Suisse et le FC Sion.

Dans sept mois, la station terrestre de Loèche réceptionnera et traitera les données envoyées par les satellites de troisième génération d’EUMETSAT.

Grâce à cet échange entre le ciel et la terre, nous disposerons à l’avenir d’une connaissance encore plus précise du temps, du climat et de l’environnement.

Depuis plus de 30 ans, les satellites sont un maillon essentiel des systèmes de prévisions.

Les données qu’ils transmettent nous aident aussi à comprendre les changements climatiques en mesurant, par exemple, l’état de l’atmosphère, la structure des nuages, l’enneigement ou la hauteur du niveau de la mer.

Depuis le lancement du premier satellite météo européen en 1977, la technologie a fait d’immenses progrès.

Aujourd’hui, les météorologues fournissent des prévisions à cinq jours bien meilleures que celles à trois jours données il y a 30 ans.

Et la fiabilité de ces prévisions devrait encore s’améliorer avec le lancement, à la fin de l’année, des satellites de troisième génération.

Ceux-ci offriront une résolution plus fine et une fréquence d’images accrue.

Ils intègreront également de nouveaux instruments qui permettront, par exemple, de détecter les éclairs dans l’atmosphère et de déterminer la direction et l’activité d’un orage.

Il sera ainsi possible de saisir exactement des événements météorologiques extrêmes, de mieux les comprendre – et donc de mieux les prévoir –, afin de limiter leurs conséquences néfastes pour les populations et l’économie.

Et c’est là le principal intérêt et la finalité de cette prouesse technologique.

Car, comme l’aurait dit Albert Einstein :

« Le souci de l’homme et de son destin doit toujours constituer l’intérêt principal de tous les efforts techniques. »

Or, les événements météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles ont toujours figuré et figurent encore parmi les risques majeurs de nos sociétés.

Ces dix dernières années, les phénomènes hydro-météorologiques extraordinaires ont affecté 1,7 milliard de personnes sur la planète.

Et ils ont causé la mort de 400 000 personnes.

Rien que l’an dernier, 100 millions de personnes ont subi les conséquences de catastrophes naturelles.

Incendies de forêt, inondations, ouragans ou sécheresse: aucune région du monde n’a été épargnée.

Pour anticiper et minimiser ces risques, protéger les populations et réduire la souffrance humaine, il est capital que les décideurs politiques aient accès en temps voulu à des prévisions météorologiques et climatiques fiables.

L’observation des faits, l’analyse des données et les contributions scientifiques sont en effet essentielles pour guider les décisions politiques et économiques.

Et l’Organisation EUMETSAT et ses membres jouent un rôle déterminant dans ce processus.

Plusieurs secteurs de la société profiteront par ailleurs de l’amélioration des observations et des prévisions fournies par les satellites de troisième génération.

Je pense en particulier au transport aérien, naval et routier, qui pourront optimiser leurs capacités de transport ; le tourisme ou le secteur de l’énergie qui disposeront de prévisions précises sur d’éventuels orages, le brouillard ou des précipitations.

Meine Damen und Herren

Die nationalen Wetterdienste sorgen für zuverlässige Wetterdaten und ermöglichen es, die Bevölkerung rechtzeitig vor Extrem-Ereignissen zu warnen.

Dafür benötigen sie leistungsfähige, teure Werkzeuge.

Aber die Investitionen lohnen sich: sie helfen uns, grosse Schäden zu vermeiden.

Diese grossen Investitionen sind aber nur möglich, wenn die Länder ihre Kräfte bündeln – finanziell wie wissenschaftlich.

Die Bodenstation in Leuk und die Satelliten der dritten Generation sind ein hervorragendes Beispiel dafür, was Staaten dank Zusammenarbeit erreichen können.

Für die Schweiz – als Land im Zentrum Europas – ist die Teilnahme an EUMETSAT sehr wichtig.

Klima und Wetter kennen keine Landesgrenzen, und ihre Beobachtung stellt eine Herausforderung dar, die MeteoSchweiz allein nicht bewältigen könnte.

Die Teilnahme an EUMETSAT ermöglicht es der Schweiz, alle Daten und Dienste zu nutzen, die von den Satelliten der Organisation zur Verfügung gestellt werden.

Als Forschungs- und Industriepartnerin profitiert die Schweiz zudem von technischen und wissenschaftlichen Synergien auf internationalem Niveau.

Im Gegenzug bietet sie aber auch ihre Expertise in spezifischen Bereichen, wie zum Beispiel der Solar- und Strahlungs-klimatologie in der alpinen Umgebung und dem Einsatz künstlicher Intelligenz bei Satellitendaten, um die Vorhersage von drohenden Gewittern zu verbessern.

Cet échange régulier est un facteur très important pour les chercheurs de nos hautes écoles et la compétitivité du pôle de recherche et d’innovation helvétique, alors que notre pays est exclu du programme Horizon Europe.

Mesdames et Messieurs, « L’habituel défaut de l’homme est de ne pas prévoir l’orage par beau temps », écrivait Machiavel.

Gageons que la mise en service des satellites de troisième génération et de la station terrestre de Loèche donneront tort à l’humaniste florentin.

Icônes : Icons8