Mexico

Manuscrit, non publié à l’époque. Seul le prononcé fait foi. Les notes de travail ont été retirées.

Excellences, Mesdames et Messieurs, En 1982, la première édition de Mondiacult nous a offert une définition moderne de la culture.

La Déclaration de Mexico a aussi posé des jalons importants pour promouvoir la diversité culturelle et la culture pour le développement devant la globalisation.

Depuis lors, de profondes évolutions technologiques, sociétales et géopolitiques ont mis nos intentions au défi.

Il est temps de nous pencher à nouveau, et à l’échelle globale, sur les grandes priorités politiques pour la culture, comme secteur de développement et fondement de société, comme porteuse de droits et vecteur de coopération.

Cette nouvelle édition de Mondiacult sous l’égide de l’UNESCO arrive donc à point nommé, et je remercie ici le gouvernement du Mexique d’avoir renouvelé son accueil 40 ans plus tard.

Excellences, Mesdames, Messieurs, La création culturelle et la préservation des patrimoines sont des enjeux de société.

Nous devons y veiller, alors que la numérisation, les radicalismes, le changement climatique et les crises nous mettent au défi.

Nos institutions communes, en particulier l’UNESCO, jouent un rôle essentiel à cet égard, comme force de proposition et agent du changement.

Cet effort multilatéral doit être soutenu.

Pour la Suisse, la poursuite d’une application universelle et effective des conventions culturelles, garantes de protection et fondatrices de résilience pour la culture, est en effet une priorité.

Le monde actuel est soumis à de nombreuses tensions.

Il est empreint d’incertitudes et marqué par des conflits, trop souvent attisés par des prétextes ethniques ou religieux ou par un relativisme des valeurs fondamentales.

Il y a, dans ce contexte, une urgence certaine à renforcer nos politiques en faveur de la diversité culturelle.

Nous devons également promouvoir l’altérité comme un appel au dialogue, au respect et à la compréhension mutuelle, dans une perspective démocratique.

Concrètement, cela passe aussi par une lutte contre toutes les discriminations et contre les inégalités, et par une participation culturelle équitable, comme droit fondamental.

« J’aimerais que mon œuvre contribue à la lutte pour la paix et la liberté », disait Frida Kahlo.

Sachons donner corps à cette attente et faire de la culture une ressource de résilience et de cohésion au sein et entre nos sociétés. C’est d’ailleurs une de nos pistes de travail dans la poursuite de l’Agenda 2030.

Le patrimoine culturel ne doit pas être en reste.

Porteur de valeurs historiques, il est un composant fondamental de la qualité de nos espaces urbains et de nos environnements, au service du bien commun.

Nous sommes convaincus de l’importance sociétale d’une telle démarche. Et c’est d’ailleurs le sens de notre engagement en faveur d’une culture du bâti de qualité (Baukultur). Après la déclaration de Davos adoptée par les ministres européens de la culture en 2018, nous tiendrons une deuxième conférence ministérielle sur ce thème au mois de janvier 2023 à Davos.

Excellences, Mesdames, Messieurs, Je terminerai en rendant hommage à toutes celles et ceux qui font la culture.

Notre devoir est d’assurer le respect des droits fondamentaux, notamment de la liberté d’expression, condition sine qua non à la création et à une société ouverte au dialogue et à la participation.

Comme disait mon compatriote Jean-Luc Godard, le grand cinéaste qui est récemment décédé : « Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondi la vision du monde ».

Ainsi est souligné l’importance de l’œuvre artistique qui nous rappelle l’exigence de poser des conditions adéquates et justes pour permettre aux créatrices et créateurs de déployer leur capacité d’innovation.

Et d’assurer que le travail artistique et créatif soit reconnu et rémunéré à sa juste valeur.

Je vous remercie de votre attention.

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